La cérémonie satirique a une nouvelle fois récompensé le pire du cinéma made in France.
Cyprien n'en revient pas d'avoir gagné le Gérard du plus mauvais film
Gérard de l'erreur de casting : Richard Berry reprenant le rôle de Lino Ventura dans l'Emmerdeur
Gérard du réalisateur qui fait toujours le même film, mais en un peu moins bien à chaque fois : Agnès Jaoui pour Parlez-moi de la pluie, un peu moins bien que Comme une image, un peu moins bien que Le Goût des autres
Gérard du film pour lequel avant d'y aller t'avais un doute et après, une certitude :
L'Emmerdeur de Francis Weber
Gérard de l'acteur qu'on engageait au départ parce qu'il était moche et que c'était rigolo, mais dont on a fini par faire un sex symbol en lui faisant porter un pull à col en V à même la peau et une barbe de trois jours, alors qu'objectivement, il a toujours la même gueule : Jean-Paul Rouve dans Sans arme, ni haine, ni violence
Gérard du titre Max Pécas : Les Randonneurs à Saint Tropez de Philippe Harel
Gérard du réalisateur ou de l'acteur qui parle de son film comme si c'était le dernier Fellini alors que même toi tu fais mieux avec ton Nokia et trois copains bourrés : Francis Huster pour Un homme et son chien
Gérard de la feignasse tellement décontractée qu'elle recycle un de ses vieux sketches en film d'une heure et demie : Gad Elmaleh pour Coco
Gérard du film qui voulait sortir en douce pendant l'été mais heureusement, on a l'œil : La Fille de Monaco
Gérard de l'actrice qui bénéficie le mieux des réseaux de son mari : Arielle Dombasle dans
La Possibilité d'une île
Gérard du désespoir féminin : Catherine Deneuve dans Cyprien
Gérard du désespoir masculin : Cali dans Magique
Gérard du plus mauvais film : Cyprien, de David Charon
Gérard d'honneur pour l'ensemble de sa carrière : Antoine de Caunes
Avec Lou Ye, un parfum de souffre et de censure se lève sur la croisette. Ce réalisateur chinois d'une quarantaine d'années joue en effet à cache-cache avec les autorités de son pays
depuis qu'en 2000 son deuxième long métrage Suzhou River, une histoire d'amour onirique, a été interdit sur le territoire chinois. Présenté au festival de Rotterdam, le film a
néanmoins remporté le Grand prix, attirant l'attention de la critique internationale sur ce nouveau cinéaste de la 6e génération (qui recouvre les cinéastes postérieurs à 1989 et aux évènements
de Tien An Men, comme Jia Zhang-ke ou Wang Chao).
On retrouve ensuite Lou Ye en compétition à Cannes, et même avec une certaine constance : Purple butterfly (une fresque retraçant le conflit sino-japonais des années 30, avec Zhang Ziyi) en 2003, Une jeunesse chinoise (Summer Palace) en 2006 (qui aborde directement les affrontements de la Place Tian An Men) et Nuit d'ivresse printanière (Spring fever) cette année. Ce dernier, qui relate la relation homosexuelle secrète d'un homme marié, est annoncé comme une œuvre extrêmement sensuelle, voire crue. Il a été tourné dans le plus grand secret, clandestinement, à Nanjing et monté en France.
En effet, en brisant le tabou de Tian An Men, Une jeunesse chinoise a valu au réalisateur une interdiction de tourner en Chine pendant cinq ans. Ces dernières années, une sanction similaire avait été infligée entre autres à Yu Lik-wai (All tomorow's parties) et Li Yang (Blind shaft), allant à l'encontre des affirmations selon lesquelles les autorités chinoises se montreraient plus "tolérantes" envers la création artistique... Reste à vérifier si surfer sur une réputation de cinéaste maudit et une bonne dose de polémique ne finit pas par desservir le travail du cinéaste.
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