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Jeudi 26 juin 2008

PAASILINNA Arto

Finlande
 
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Arto Paasilinna

En une vingtaine de romans plus loufoques les uns que les autres, l’inimitable Lapon s’est assuré depuis quelques années les faveurs d’un public fidèle et enthousiaste. Figure emblématique des lettres finlandaises, Arto Paasilinna s’est construit un univers original, peuplé de personnages pour le moins singuliers, dans lequel il déploie son génie du comique de situation. Avouons-le d’emblée, Paasilinna adore les redites - et c’est d’ailleurs ce qui fait son charme : la répétition d’une recette dont lui seul connaît le secret. Depuis la publication du Lièvre de Vatanen, le roman qui l’a véritablement lancé, l’écrivain se plaît à promener ses personnages un peu partout en Finlande, à la manière de vagabonds existentialistes partis en quête du petit rien qui manquait à leur vie : la liberté. Parmi ses ouvrages les plus récents, citons : Le fils du dieu de l’orage, La forêt des renards pendus, Prisonniers du paradis et La douce empoisonneuse, chez Gallimard et Denoël. Les éditions Denoël rééditent par ailleurs deux de ses plus beaux romans : Le Meunier hurlant et Le lièvre de Vatanen.


LE petit dernier: "CANTIQUE DE L'APOCALYPSE JOYEUSE" 2008

Catastrophe écologique, crise économique, Troisième Guerre mondiale, rien n'est épargné à notre pauvre humanité. Pourtant, au fin fond de la Finlande, sous la conduite énergique d'Eemeli Toropainien, un petit village réussit à échapper au désastre. Les villageois s'organisent et, réhabilitant des techniques ancestrales, parviennent à subsister en autarcie et à prospérer, au prix d'aventures épiques, malgré le chaos général. Une fable écolo et humaniste.


Le Bestial Serviteur du pasteur Huuskonen (Denoël,2007)
Un homme heureux (Denoël, 2005)
 Petits suicides entre amis (Denoël, 2003)
 Le Lièvre de Vatanen (Denoël, 2002)
 Le Meunier hurlant (Denoël, 2002)
 La douce empoisonneuse (Denoël, 2001)
 Prisonniers du paradis (Denoël, 1996)
 La forêt des renards pendus (Denoël, 1994)
 Le fils du dieu de l'orage (Denoël, 19953)
 Le lièvre de Vatanen (Gallimard, 1993 ; 2002)
 Le Meunier hurlant (Denoël, 1991 ; 2002)
par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Mercredi 25 juin 2008

Le voleur
Il a oublié de la voler
La lune à la fenêtre
Ryôkan

Longue nuit
Le singe rêve aux moyens d'attraper
La lune
Shiki

La peau des femmes
La peau qu'elles cachent
Qu'elle est chaude!
Sutejo


par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Mardi 24 juin 2008

Au risque de passer pour un terrible INTEGRISTE qui n'écoute que du JAZZ, après Thélonious Monk, Charlie Parker, pour vous changer de Chet Baker et Youssou N'dour à la rentrée, je vais mettre un peu d'eau dans mon tempo et vous proposer:  Lou Reed de Julian Schnabel,  Vivaldi, un prince à Venise, sortie fin Août, Le silence avant Bach, film Espagnol, sortie inconnue...

Si vous avez des idées de films musicaux, je suis à votre écoute!


Mika KAURISMÄKI - documentaire Suisse / Finlande / Allemagne -2007 -1h20 - avec Billy Cobham, Randy Brecker, Tunji Beier, Debalê Malê...



La musique ne se laissera pas enfermer entre quatre murs. Pas celle que nous propose de suivre Mika Kaurismäki. À l'image de son très poétique titre, Sonic Mirror (traduisez « le miroir du son ») prend le pari de nous donner à voir et à écouter une musique qui se reflète et, donc, qui rayonne. Ici, les sons voyagent et se partagent autant qu'ils fondent l'identité et célèbrent la culture. Parfois aussi, ils libèrent, apaisent. Et peut-être même, guérissent...

Mika Kaurismäki (le grand frère d'Aki) a eu la bonne idée de mettre sa caméra et ses micros au milieu des nombreux projets musicaux de l'immense batteur Billy Cobham. Originaire de Panama, ce dernier s'installe avec sa famille à New York dans les années 50. Dix ans plus tard, il commence sa carrière de musicien professionnel au côté des plus grandes pointures du jazz et rencontre Miles Davis avec qui il monte le « Mahavishnu Orchestra », entre jazz, rock et funk. Depuis Bill Cobham n'a jamais arrêté de jouer, de produire des disques et de voyager. Il est l'un des batteurs les plus respectés de la planète.

Quatre de ses expériences nous sont montrées ici, dans un ordre à première vue aléatoire mais pourtant parfaitement contrôlé. L'une nous mène aux Etats-Unis, dans la maison familiale où Billy a découvert la musique, et nous plonge aux racines des rythmes qui l'envoûtent encore aujourd'hui. Puis direction Salvador de Bahia, au cœur de la culture afro-brésilienne, où Cobham, entouré d'enfants percussionnistes, s'initie au rythme des percussions « Malê » qui continue de faire vivre la tradition apportée d'Afrique jusqu'au Brésil par les esclaves. Ensuite, c'est entouré d'un big band finlandais que nous retrouvons le jazzman pour un concert exceptionnel. Il y déploie toute sa technique, soutenu par une section cuivres des plus rares. Enfin, en Suisse, dans un centre d'accueil pour autistes, pour une séance de « musicothérapie », accompagné des membres du groupe nigérien « Okuta Percussion ». Expérience unique, où Cobham arrive, grâce à la musique, à capter l'attention des autistes comme s'il apportait tout à coup les bonnes réponses, communiquant avec eux jusqu'à disperser sur leurs visages l'émotion et les sourires d'une joie intense et libératrice.

Kaurismäki bâtit son film sur le double postulat que la musique est à la fois un langage universel et une expression singulière, à la fois phénomène social et voix intimiste. Ce sont quatre projets distincts mais tous unis par la même foi en la musique et ses vertus rédemptrices. Et ça n'a rien d'un cours magistral, mais plutôt d'une grande décharge de plaisir et de générosité. Du Brésil à la Finlande, les rythmes sont un subtil support au développement et à l'équilibre des individus et des communautés.

par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Lundi 23 juin 2008
                                                                  Il est désormais très "tendance" pour les écrivains de partager leur plume avec celle d'un dessinateur. Des collaborations qui donnent naissance à des œuvres graphico-littéraires combinant la narration texte de type romanesque et la narration graphique (dessin, photographie, collage, gravure...), les rendant solidaires, l'un de l'autre. Après Philippe Jaenada avec le duo Dupuy-Berbérian (Les brutes), bientôt Virginie Despentes avec Dame Darcy ou encore les duos sur des BD plus classiques de Frédéric Beigbeder à David Foenkinos, Tonino Benacquista, l'auteur de Les morsures de l'aube ou de l'excellent Saga..., se lance lui aussi dans l'aventure avec le dessinateur et scénariste Jacques Tardi (Rumeurs sur le Rouergue, la série "Adèle Blanc-Sec" et auteur de nombreuses adaptations...). L'une de ses nouvelles "La boîte noire" avait déjà été transposée en BD mais sans son concours. Il signe ici une histoire inédite et originale, fidèle à son univers à la fois noir, humoristique et émouvant, où les mystères (et les conflits) de la psychée et le poids du passé affleurent à la première occasion...

"Je suis enfermée dehors". Après trois ans de métier, Marc ne relevait plus les phrases toutes faites, et celle-là était la plus courante. Il se contentait de saisir son matériel et d'enfourcher son scooter pour voler au secours du client..."

Paru aux éditions de l'Estuaire (Belgique), dans la collection «Carnets littéraires» (dont le principe est d'associer un écrivain à un illustrateur ou un photographe pour créer un récit), ce roman graphique est parti d'une idée de Tonino Benacquista initialement envisagée avec Jacques Audiard (avec qui il a co-signé le scénario de De battre mon coeur s'est arrêté ). Le rythme de ce carnet est d'ailleurs très cinématographique où les chapitres s'enchaînent comme des scènes urbaines, filmées caméra au poing, qu'il s'agisse de la mise en scène d'un braquage ou de l'entrée par effraction dans la Bibliothèque nationale...

    Sur fond de banlieue parisienne (Vitry-sur-Seine, où Benacquista a grandi) puis de la capitale intra-muros, il nous raconte la vie tranquille, un brin pépère de Marc, trentenaire solitaire et misanthrope. "Marc s'était toujours contenté de ce qu'il avait et n'aspirait à rien de mieux que ce qu'il était déjà : un homme ordinaire." Exerçant la profession de serrurier 24h sur 24 "volant" au secours des malheureux ou malheureuse qui se retrouvent "enfermé dehors". Un métier dont la symbolique ne tarde pas à apparaître lorsqu'on apprend que le héros est un ancien convoyeur de fonds traumatisé par une attaque de fourgon, dont il sera l'unique rescapé et donc il ressortira victime de coma, rééducation et dépression... Comme le résume Benacquista : "Cet homme ferme la porte au monde mais ouvre les portes des autres". Et accède par ce biais à l'intimité et autres petites misères de ses semblables.

Sa devise : qu'on lui fiche la paix ! "Tu oublies que dans
toute équation il y a un élément fondamental, c'est l'inconnue", le prévient son pote Titus. Pour Marc, l'inconnue prendra le visage d'une belle bourgeoise aussi hautaine que glaciale, qu'il viendra dépanner, une nuit, sur son palier. Cette rencontre avec cette brune fatale va -une nouvelle fois- bouleverser sa vie et le replonger dans son passé qu'il tente de refouler sans succès...

Sur un texte au style franc et drôle teinté d'un tendre cynisme signé Benacquista, Tardi, particulièrement habile pour traduire l'atmosphères des faubourgs de Paris ou la misère humaine, a composé un carnet fait d'esquisses couleur sépia au parfum nostalgique qui baigne d'étrangeté et de mélancolie cette histoire très moderne aux accents de polar. En filigrane, c'est l'intimité violée et le voyeurisme de notre époque que l'auteur de Malavita explore ici, subtilement.

Lire un extrait du Serrurier volant sur les site de l'Estuaire

 

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Lundi 23 juin 2008

Les moutons, la dioxine et la Camorra, post-scriptum cannois

Biutiful Cauntri (titre de dérision à prononcer avec l'accent italien) n'était pas programmé à Cannes. Mercredi soir, à Paris, on a pu voir ce documentaire sur la prolifération des décharges sauvages autour de Naples. Il fait un formidable complément de programme à Gomorra, le film de Matteo Garrone qui a obtenu le Grand Prix.


Tourné en HD, assez brut dans sa forme, Biutiful Cauntri (réalisé par Esmeralda Calabria, Andrea d'Ambrosio et Peppe Ruggiero) montre une lente apocalypse qui s'abat sur les gens et les bêtes, au premier rang desquelles un troupeau de moutons qui fait peine à voir dans son agonie provoquée par la dioxine, gardé par un étrange couple de bergers: lui qu'on dirait sorti d'un gang du film de Garrone, elle genre nourricière. Plutôt que dans une coquette ferme, ils vivent dans une roulotte.

Les vrais gens et les vraies situations que montre Biutiful Cauntri soulèvent des montagnes de questions presque aussi hautes que les tas d'ordures de Campanie. Le film sort le 16 juillet. A la rentrée, on peut compter sur la fiction de Matteo Garrone pour apporter des réponses.

Le film était présenté en clôture d'un cycle de documentaires proposé par l'Institut italien de Paris. Entre la projection du film d'ouverture (Sorelle, de Marco Bellocchio) et celle de Biutiful Cauntri, Silvio Berlusconi est arrivé au pouvoir et a promis de régler le problème des ordures de Campanie, ce que n'a pas manqué de rappeler la directrice de l'Institut quand elle a présenté le film. Dans la salle on a un peu ricané.



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