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Lundi 26 mai 2008
Documentaire de Marie-Monique Robin
(France, 2007, 1h48mn)



Coproduction : ARTE France, Image et Compagnie, Productions Thalie, Office National du film du Canada, WDR

"Je n'ai jamais vu une société qui ait une influence aussi déterminante et à un niveau aussi élevé sur les autorités gouvernementales en charge de la réglementation que Monsanto avec ses OGM."
(l'essayiste Jeremy Rifkin)

Monsanto, multinationale américaine née en 1901 à Saint-Louis, dans le Missouri, et d'abord spécialisée dans l'industrie chimique, est devenue en un peu plus d'un siècle le leader mondial des biotechnologies, en particulier sur le marché des organismes génétiquement modifiés (OGM). Elle détient les brevets de 90 % du maïs, du soja, du colza, ou du coton transgéniques cultivés dans le monde. Par le biais de rachats successifs, elle est en train de devenir le premier semencier de la planète et à terme, c'est la chaîne alimentaire toute entière qu'elle pourrait contrôler. Mais c'est d'abord avec le Round Up, son herbicide "total" (longtemps estampillé "biodégradable") qu'elle a commencé, à partir de 1974, à conquérir le monde. On lui doit aussi des produits aussi variés que le terrible Agent Orange, massivement déversé sur le Viêt-nam par l'armée américaine, les PCB (pyralène en France, interdit au début des années 80), l'aspartame ou les hormones de croissance (interdites en Europe et au Canada). Monsanto, avertit Marie-Monique Robin, est l'une des entreprises "les plus controversées de l'ère industrielle".

"Nourriture, santé, espoir" : sur son site, la firme de Saint-Louis promet une agriculture durable, aux rendements supérieurs, respectueuse de l'environnement. Journaliste d'investigation chevronnée, couronnée du Prix Albert-Londres en 1995, la réalisatrice a décidé de juger sur pièce, y compris en explorant le passé de l'entreprise. Sa première étape la mène à Anniston, en Alabama, où 40 % de la population, majoritairement noire, souffre de cancer. En 2002, Monsanto a été condamnée par la justice à lui verser 700 millions de dollars pour avoir dissimulé pendant des décennies la dangerosité des PCB...

Implacablement, d'Anniston jusqu'au Paraguay en passant par l'Inde, la Grande-Bretagne ou le Mexique, Marie-Monique Robin collecte des faits aussi alarmants qu'irréfutables et démonte point par point le discours de Monsanto. Elle démontre que, dans le dossier des OGM, les réglementations américaine et européenne ont été directement influencées, sans validation scientifique valable, par des alliés de la firme placés à des postes-clé au sein d'une administration tout sauf indépendante. Elle expose les stupéfiantes méthodes utilisées par la multinationale pour discréditer ses adversaires, mais aussi intimider les agriculteurs à domicile.

Elle laisse entrevoir enfin la catastrophe en germe dans les visées hégémoniques de Monsanto sur les semences du monde, dont les paysans indiens ou paraguayens subissent aujourd'hui les conséquences. "On ne devrait pas utiliser les citoyens comme des cobayes." Pour avoir exprimé ses inquiétudes à propos des OGM sur un plateau de la BBC, le biologiste Arpad Pusztaï fut licencié du jour au lendemain.

Quelques années plus tard, Le monde selon Monsanto donne une ampleur planétaire à cet avertissement.

Sources: http://www.arte.tv/monsanto

par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Vendredi 23 mai 2008

Dimanche 1er Juin 18h30

  Atelier Chansons de l'école de Musique  Direction Brigitte Jacquot

L'ECOLE DES FACTEURS de Tati

                 LES TRIPLETTES DE BELLEVILLE de Sylvain Chômet

2 au 8 juillet  

UN CONTE DE NOEL d'Arnaud Desplechin

LES SEIGNEURS DE LA MER de Rob Stewart  A partir de 9 ans

BE KIND, REWIND de Michel Gondry (Soyez Sympa, Rembobinez!)

9 au 15 juillet

THERE WILL BE BLOOD de Paul Thomas Anderson

Ciné-Mômes :PETITES ECLOSIONS  Gébéka Films

IL Y A LONGTEMPS QUE JE T'AIME de Philippe Claudel

16 au 22 juillet

DARJEELING LIMITED de Wes Anderson

BATAILLE A SEATTLE de Stuart Townsend

23 au 29 juillet

LES CITRONNIERS de Eran Riklis

L'HEURE D'ETE de Olivier Assayas

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Vendredi 23 mai 2008

CYCLE JEAN RENOIR

La Petite Marchande d'allumettes

France - 1928 - 29 min - 35 mm - N &B

avec Catherine Hessling , Jean Storm , Manuel Raaby , Amy Wells...

Par une nuit glaciale de Saint-Sylvestre, une pauvre fillette propose en vain des allumettes aux passants. Elle s'endort dans la neige et se met à rêver.

Dimanche 25 mai à 18 heures
Gaël Mevel : Piano & Bandonéon

Sur un Air de Charleston

France - 1926 - 23 min - 35 mm - N & B

avec Catherine Hessling, Johnny Huggins, Pierre Lestringuez ...

En 2028, un mystérieux explorateur pose son aéronef sur la Terra Incognita. Il y fait la rencontre d'une ravissante jeune indigène qui va l'initier à une danse des plus effrénées...



par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Vendredi 23 mai 2008

L'enfant terrible de la nouvelle vague sur la croisette!

''De toute façon, ici, je suis un peu le mouton noir.'' Ainsi réagissait Philippe Garrel en conférence de presse, d'une voix douce et un peu lasse, à propos des ricanements et sifflets qui, quelques instants plus tôt, avaient émaillé la projection de presse de La Frontière de l'aube, deuxième film français de la compétition. Un accueil injuste, alors même que la présence du film à Cannes réparait une autre injustice : jusqu'à cette année, aucun long métrage de l'auteur du Vent de la nuit et des Amants réguliers n'avait eu les honneurs de la Sélection officielle.

Ce qu'on reproche à Philippe Garrel, au sein du microcosme cannois (où le conformisme n'est pas forcément la valeur la moins partagée), c'est peut-être simplement de tenir jalousement à sa liberté : liberté de tourner en noir et blanc (magnifique photo de William Lubtchansky), dans un Paris intemporel (pas de téléphone portable à l'horizon). Liberté aussi de raconter une histoire très simple, tout en ne se donnant pas de limite. Carole, actrice de cinéma dont le mari est parti à Hollywood, vit une passion amoureuse avec un photographe, François. Un jour, la jeune fille, instable, se suicide (du calme, on ne vous raconte pas la fin du film !). Après sa mort, elle réapparaîtra dans un miroir à François, alors que celui-ci tente de refaire sa vie -drôle d'expression, en l'occurrence...


Belle idée que d'avoir fait du jeune homme un photographe : si doué pour immortaliser des instants de vie (c'est d'ailleurs comme ça que l'histoire d'amour débute), François sera hanté par l'image de la défunte, qui lui demandera de la rejoindre pour l'éternité. Comme dans Les Chansons d'amour, Louis Garrel est confronté à un fantôme, mais avec son père, on est moins du côté de l'enchantement que de l'ensorcellement. La Frontière de l'aube, film dans lequel le cinéaste abolit la frontière entre naturel et surnaturel, est une œuvre d'une absolue noirceur et d'une grande douceur. Ce que viennent souligner les violons de Jean-Claude Vannier, à qui on devait déjà la partition des Amants réguliers... mais qui fut aussi le co-créateur de l'Histoire de Melody Nelson, mythique album de Gainsbourg, dont le romantisme n'est pas si éloigné de celui de ce Garrel-là : "Le soleil est rare / Et le bonheur aussi / L'amour s'égare au long de la vie / Les murs d'enceinte / Du labyrinthe / S'entrouvrent sur l'infini.

par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Mercredi 21 mai 2008

Parmi les troufions de Tsahal envoyés sur ce front de la guerre du Liban,
le jeune Ari Folman fait partie de ceux, nombreux, qui ne digèreront pas
l'épisode de Sabra et Chatila.
Mais la violence du traumatisme qu'il subit n'a d'égal que les profondeurs
 psychiques où il l'enfouit  : rien, il ne se souvient de rien, si ce n'est cette
image où il se voit se baignant nu, la nuit, avec deux camarades,
près du rivage d'une ville que d'étranges mèches embrasées illuminent.

La poésie de l'animation devient alors un réel absolu, cueillant
 par ses sortilèges l'émotion du spectateur et rendant à l'héroïque
 antihéros sa sérénité d'homme n'ayant rien demandé de cet affreux merdier.

par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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