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Vendredi 11 juillet 2008

par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Samedi 5 juillet 2008

(HAPPY-GO-LUCKY) Écrit et réalisé par Mike LEIGH - GB -2008 -1h58 - avec Sally Hawkins, Eddie Marsan, Alexis Zegerman, Kate O'Flynn, Carolin Martin, Samuel Roukin... Festival de Berlin 2008 : Ours d'argent - Prix d'interprétation pour Sally Hawkins.

 

Mike Leigh, grand réalisateur de drames sociaux souvent sombres, a fait une vraie comédie et le résultat, c'est du Kir royal cinématographique ! Une bouffée d'optimisme, de joie de vivre et d'énergie qui fait chaud au cœur et envoie la morosité par dessus les moulins !

Poppy, née Pauline, est une belle perruche exotique qui volette à travers Londres, souriant d'une oreille à l'autre. Toujours à blaguer, dire un mot gentil, faire un clin d'œil, rien ni personne ne peut gâcher sa bonne humeur. Elle croque la vie comme une pomme et son verre est toujours à moitié plein. Même quand elle se fait voler son vélo, son seul regret est de ne pouvoir lui dire au revoir. Poppy adore son boulot d'institutrice et les gamins l'adulent tout autant car avec elle, apprendre devient un jeu d'enfant. Mais elle n'est pas si cucul la praline non plus de croire qu'en souriant beaucoup elle résoudrait les problèmes du monde. S'il le faut, elle arrête de rigoler, écoute les autres et s'occupe de leurs soucis - pour mieux éclater de rire trois secondes après afin de chasser les nuages sombres. Bref Poppy est une femme incroyablement joyeuse, très loin des trentenaires en crise qui peuplent souvent les films français. Elle est une sorte de Fifi Brindacier adulte, dont l'optimiste frôle l'anarchie.
Chez Mike Leigh, on pourrait s'attendre qu'autant de légèreté ne puisse durer longtemps, qu'il y aura forcement un événement qui fera tout basculer vers le drame. Soyez rassurés, le bonheur dure ! On accompagne Poppy pendant quelques semaines de sa vie, on l'observe de très près dans des situations quotidiennes qui peuvent apparaître insignifiantes au premier regard. Mais enfin, c'est ça la vie, une multitude de petits moments ordinaires mais uniques ! Poppy sort en boîte avec ses copines et des escalopes de dinde dans le soutif, fait un tour chez sa sœur qui trouve irresponsable de jouer à la Playstation après 22h, et boit des bières avec une collègue qui l'amène au plus drôle cours de flamenco de l'histoire du cinéma.
Rappelez-vous, je viens de vous le dire : Poppy n'a plus de vélo. Elle décide alors de prendre des cours de conduite, comme pour passer une sorte de baptême d'adulte du citoyen urbain. Sauf qu'avec Scott, son professeur de conduite, ça devient un peu plus difficile de garder le sourire, car il est aussi aigri et rempli de frustrations qu'elle déborde de joie. Mais plus il s'énerve, plus elle trouve du plaisir à vouloir l'aider. Et plus elle s'amuse, moins il croit que le monde est rigolo. Attention! Cette réaction en chaîne peut également se révéler un vrai défi pour le spectateur : combien de bonheur (des autres) supportons-nous avant d'en être agacés ? Mais pourquoi diable cela devrait nous énerver ? De la jalousie, d'humeur grincheuse ou de simple tristesse ? Mike Leigh nous tend ainsi un miroir : la façon dont nous réagissons à son film révèlera beaucoup de notre personnalité.

"Je cherche à faire entrer le spectateur dans l'esprit heureux de Poppy.
Parce qu'au milieu des difficultés,
 il ne faut pas oublier de célébrer la vie",
Mike LEIGHT

 


par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Vendredi 4 juillet 2008

Écrit et réalisé par Ronit ELKABETZ et Schlomi ELKABETZ - Israël -2008 -1h55 - avec Ronit Elkabetz, Sulika Kadosh, Albert Ilouz, Moshe Ivgy... Festival de Cannes 2008 : film d'ouverture de la Semaine Internationale de la Critique.

 



Elle a la beauté ténébreuse d'une Médée, la grâce d'une Callas, un humour fracassant, et nous avait laissé le cœur transi dans La Visite de la fanfare, tant le moindre de ses gestes ou de ses mimiques a une élégance folle. Cette femme crève l'écran et quand elle passe pour la première fois à la réalisation avec son frangin, on en devient encore plus accro : elle rafle prix à Venise et succès critique... Prendre femme révélait alors deux auteurs magnifiques et on les attendait au tournant. Loin de nous décevoir, Les Sept jours, qui est donc leur deuxième film ensemble, nous embarque dans un huis-clos étonnant, aux allures de tragédie grecque, un film atypique, un Festen israélien qui vire au règlement de compte affectif, égratigne le vernis des convenances et des obligations, fait remonter à la surface les vérités les plus tordues.

Mais cet espace refermé sur lui-même, que les deux complices ont eu soin de verrouiller par leur façon d'organiser le cadrage, d'orchestrer les déplacements des corps, de filmer le groupe, n'est pas si clos qu'il y paraît : cette famille-là, tellement ancrée dans sa culture et le respect des traditions, est en connexion constante avec la réalité extérieure. Les spécimens d'être humains que nous observons ici comme dans une immense éprouvette ne sont jamais déconnectés d'une société déterminée, en phase avec un moment précis de son histoire. Le présent du film prend place pendant la première guerre du Golfe et on est mis d'emblée dans l'ambiance quand, en pleines funérailles, les sirènes retentissent et que la famille toute entière, tout de noir vêtue, se retrouve autour de la tombe avec un masque à gaz sur le nez ! La coutume veut, dans la religion juive, et même ceux qui ne sont pas plus pratiquants que ça s'y plient, que Viviane et ses sept frères et sœurs, après avoir jeté sur le défunt la dernière pelletée de terre, s'enferment ensemble durant sept jours et sept nuits dans la demeure du disparu, sans se laver, sans se raser, sans manger de viande, sans se coucher dans un lit, ni écouter la radio... après avoir recouvert d'un voile sombre les miroirs, photos, tableaux.
Ils sont affectivement proches, ou séparés depuis longtemps, ils s'aimaient ou se détestaient... Ces sept jours et sept nuits de rapprochement forcé vont provoquer la résurgence de sentiments et ressentiments refoulés, fluctuant de la cocasserie au drame et les affrontements vont prendre le pas sur le recueillement. La veuve et ses belles sœurs, les sœurs entre elles et les frères, les conjoints... finissent par aborder les questions d'argent et d'héritage. Les rapports entre les hommes et les femmes sont loin d'être apaisés et au machisme des uns répond l'adultère des autres, les scènes de jalousie aux tentatives de séduction...

par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Lundi 30 juin 2008

CHET BAKER

Bruce WEBER - documentaire USA 1988 2h - Réédition en copie neuve.

 

Pas besoin de céder à la fiction pour raconter Chet Baker, sa vie est un scénario spontané, idéal et poignant. Splendeur et décadence, confidences et mensonges, documents d'archives et scènes de tournage intimement mêlés composent ces deux heures de cinéma vérité sacrément remuantes. Bruce Weber nous balade entre les débuts fracassants d'un jeune blanc bec, trompettiste prodige et chanteur inimitable qui accompagna Charlie Parker à 24 ans, et la fin de course d'un marginal usé par les drogues diverses, une vie privée tumultueuse, les scandales et les séjours en prison. Entretetemps, Chet Baker a enregistré une centaine d'albums, son talent a très vite été reconnu, célébré. Ce n'était pas un artiste maudit mais il a choisi de vivre à sa manière...

Film documentaire plus passionnant que bien des fictions, portrait ultra-sensible d'un homme déchiré, fascinant et dérisoire... Et des images! En noir et blanc, magnifiques! Composées et éclairées au millimètre: Bruce Weber, le réalisateur est d'abord un photographe, un des réputés des États Unis. Et grâce à ces images splendides, miracle, on entend mieux la musique de Chet Baker...



par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Jeudi 26 juin 2008

Julien TEMPLE - documentaire Angleterre -2006 -2h15 - avec The Velvet Underground, Tinawiren, Nick Cave, Morrissey, Faithless, Prodigy, Toots and the Maytals, Cypress Hill, The Skatalites, The Scissor Sisters, Radiohead, Bjork, Coldplay, The Chemical Brothers, Blur, Joe Strummer, Pulp, David Bowie, Massive Attack...

 

Quelle bonne idée du distributeur Tamasa de sortir ce documentaire, sur un rendez-vous culturel mythique, en cette période estivale. Une période propice aux festivals en tous genres qui fleurissent aux quatre coins de l'Europe. Et pour le coup ici, c'est dans les coulisses du festival de Glastonbury que nous sommes invités, le plus grand festival en plein air de musique et d'arts du spectacle du monde. Si vous ne connaissez pas cet événement incontournable, c'est donc le moment de se rattraper. Et pour les autres, vous retrouverez cette ambiance unique et particulière qui habite ces grandes manifestations musicales. Alors venez embarquer pour plus de 2 heures de boue, de folie et de musique, comme le dit l'affiche, vous ne serez pas déçu du voyage.
Pour donner quelques chiffres, cette année, il y avait quelque 700 artistes répartis sur 80 scènes!. Et plus de 170 000 personnes se sont retrouvées sur les 450 hectares de terrain réservés pour cette occasion. Cette énorme fête n'est pas sans rappeler Woodstock ou les festivals de la grande époque. Mais Glastonbury est le dernier à être encore debout.
En 1970, Michael Eavis, un jeune fermier, ouvre sa ferme de 150 hectares à 1 500 personnes. C'est ainsi que naît le festival de Glastonbury (au sud-ouest de l'Angleterre). Depuis plus de trente ans, des milliers de personnes s'y retrouvent chaque année durant le week-end du solstice d'été, fin juin. Une fête délirante : des dizaines de scènes proposent avant tout du rock, mais aussi de la world et du jazz, avec une affiche sans pareille où les valeurs reconnues côtoient les nouveaux talents. Les autres arts vivants, théâtre, cirque, y ont également leur place.
Bien entendu, le festival lui-même et ses organisateurs ont dû s'adapter pour répondre aux changements commerciaux, politiques et culturels qui se sont produits autour d'eux, mais la vision fondatrice du festival n'a jamais été trahie. Cette conception du festival comme un organisme en constante évolution, s'adaptant en fonction des pressions des gens qui y assistent autant que des évolutions du monde extérieur, est aussi au coeur de cette histoire. Nourri de la grande richesse musicale qu'a offert Glastonbury année après année, le film parcourt les différents secteurs, invitant le spectateur à s'immerger dans l'esprit du festival et dans l'irrésistible expérience sensorielle qu'il propose. En écho au flot de musique et d'images, le film incorpore les voix d'une incroyable diversité de festivaliers. Le public présente un éventail infini d'âges, de cultures, de nationalités, de modes de vie, de croyances, de styles vestimentaires et de goûts musicaux. C'est cet esprit qui rend Glastonbury unique et attire le public et les artistes des quatre coins du monde. Vivre l'instant présent, partager des expériences et s'évader, au moins pour quelques jours, des routines et des hiérarchies stressantes de la vie moderne. Et qu'importe les conditions météo (pluie, boue, vent...), comme cette année d'ailleurs, la fête doit continuer. Les frontières et contraintes habituelles sont abolies. Les gens se côtoient et s'apprécient simplement, stimulés par un esprit libre-penseur, tolérant et généreux qu'ils ont eux-mêmes créé. Julien Temple, déjà réalisateur de l'excellent docu Joe Strummer, the future is unwriten, nous plonge avec passion dans ce grand spectacle musical. Et tout ce que l'on souhaite en sortant de la projection, c'est une longue vie encore au festival de Glastonbury !

par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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