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Mercredi 28 mars 2007

DERNIERE MINUTE !

Le nouveau programme "papier" est disponible aux endroits habituels
Théâtre,Service Culturel,Tourisme, l'histoire sans fin,etc...

Mais, il est piégé !

Attention, le film: "Fabuleuses Fabulettes", sera diffusé la semaine du 18 au 24 et non du 11 au 17, pour d'obscures raisons de circulation de copies...

Autre changement:sur la semaine du 2 au 8 mai, le film: "Ensemble, c'est tout" de Claude Berri remplace" The good German" de Steven
Soderberg.

The direktor remplace : « Le dernier roi d’écosse » 18 au 24 avril, même horaires…

Et enfin Rivette : « Ne touchez pas la hache » du 16 au 22 mai en lieu et place du « Direktor » horaires identiques, idem

Les voies des distributeurs sont impénétrables!

10.000 excuses pour tous ces changements

Merci de votre compréhension

P.S : Voir grille jointe

Programme du 04 avril au 29 mai 2007

                Semaine du 4 au 10 avril 2007

 
 
Mer 4
Jeu 5
Vend 6
Sam 7
Dim 8
Lun 9
Mar 10
LES TEMOINS
21h
    18h
21h
18h30
16h
21h
 
 LA MÔME
18h
21h
18h
 16/21h
10h30/18h
 
21h
 
Semaine du 11 au 17 avril
 
 
Mer 11
Jeu 12
Vend 13
Sam 14
Dim 15
Lun 16
Mar 17
 LA VIE DES 
    AUTRES
21h
18h
21h
 21h
     18h
21h
 
LES AMBITIEUX
18h
21h
18h
 18h
16h
18h
 
 
 
Semaine du 18 au 24 avril  
 
 
 
Mer 18
Jeu 19
Vend 20
Sam 21
 Dim 22
Lun 23
Mar 24
   DIREKTOR
 
21h
18h
21h
18h
21h
 
FABULEUSES
FABULETTES
   
16h
17h
    16h
10h30
15h
 
 
 
Semaine du 2 au 8 mai
 
 
Mer 2
Jeu 3
Vend 4
 Sam 5
   Dim 6
Lun 7
 Mar 8
  MOLIERE
18h
    21 h
 
15h/21h
    18h
21h
 
 ENSEMBLE
 C’EST TOUT
      21h
    
21h
18h
10h30/16h
 
 
 
 

     Nuit des Musées 19 mai 22h30

                                Semaine du 16 au 22 mai
 
 
Mer 16
Jeu 17
Vend 18
Sam 19
 Dim 20
 Lun 21
 Mar 22
    VISITE AU 
      LOUVRE
   
 
21h
22h30
     18h
 
 
NE TOUCHEZ ...
    21h
21h
18h
18h
    10h30
21h
 
 
 
                                        Semaine du 23 au 29 mai
 
 
Mer 23
Jeu 24
Vend 25
Sam 26
 Dim 27
 Lun 28
 Mar 29
 GOLDEN DOOR
   
 
21h
 
10h30/18h
18/21h
    21h
                                                          
 
                                                      
                                             CINEtampes 
           Place Geoffroy Saint-Hilaire 91150 ETAMPES
 01 64 94 32 98 / 01 69 92 69 14
 

par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Lundi 19 mars 2007
Petite douceur islandaise
INTERVIEW DE DAGUR KARI


Après le très réussi ‘Noï Albinoï’, le jeune réalisateur islandais Dagur Kári confirme avec ‘Dark Horse’, un “conte” urbain où l’esthétique soignée de la photographie vient nourrir une réflexion fine et pertinente sur notre société moderne.

Peut-être est-ce son Islande natale qui a inspiré le jeune Dagur Kári pour ce nouvel opus. Aux volcans et aux glaciers de son île, à la poésie de ses fjords et à la violente chaleur de ses geysers correspondent le noir et blanc de son film, les destins croisés et opposés de ses personnages, l’opposition entre plaisir et responsabilité, liberté et servitude, épicurisme et ascétisme... La vie est faite de ces choix, de ces contrastes. A ces choix correspondent des destinations et les chemins pour y parvenir sont infinis. A chacun son équilibre. En s’appuyant sur des personnages clairement dessinés et à l’humour cynique, une image et un montage minutieusement façonnés, Dagur Kári interroge nos existences.


‘Dark Horse’ : pourquoi ce titre ?

Eh bien pour deux raisons. A l’origine, “dark horse” est une expression tirée du jargon des amateurs de champs de courses. On parle de “dark horse” à propos d’un cheval sur lequel personne n’a parié et qui pourtant gagne la course. Cette expression résume assez bien la journée du personnage principal du film, Daniel… Mais c’est aussi un clin d’oeil amusé et amusant à une anecdote personnelle. Quand je suis allé m’installer quelque temps au Danemark où j’ai reçu ma formation aux métiers du cinéma, personne ne parvenait à prononcer correctement mon nom. A tel point que mes amis ont fini par laisser tomber et ont décidé de m’appeler “Dark Horse”.


Comment est née l’histoire de ‘Dark Horse’ ?

Généralement, je n’aime pas trop fonctionner à partir de l’idée d’une histoire unique. Je travaille à partir de centaines de petites idées qui peu à peu s’organisent et prennent la forme d’un film. Paradoxalement, ce n’est qu’arrivé au bout du projet que je vois émerger l’histoire dans son ensemble. C’est un peu comme un puzzle. On a des centaines de pièces devant soi et on ne peut voir l’image dans son intégralité que lorsqu’on les a toutes assemblées. C’était la même chose dans le cas de ‘Dark Horse’ même si j’ai, pour la première fois, travaillé avec un coscénariste, Rune Schjøtt. Nos idées passaient inlassablement de l’un à l’autre, comme une balle de ping-pong, jusqu’à ce que nous finissions enfin par voir se dessiner devant nous les contours de ce que serait notre histoire.


‘Dark Horse’ est un film très graphique avec une image noir et blanc granuleuse, des cadrages très travaillés. Pourquoi ces choix ?

Quand je fais des films, j’essaie toujours de trouver un univers cinématographique qui emmène le spectateur quelques pas en dehors de la réalité. J’aime les films qui nous transportent dans une bulle d’images et de sons. Et c’est ce que j’ai essayé de réaliser avec ‘Dark Horse’ par l’utilisation du noir et blanc, qui permet de créer une vraie force dramatique.


L’esthétique de votre film est à l’image de vos personnages. Tout en contraste…

Oui, on peut le voir ainsi. Un personnage est mince, l’autre est corpulent. L’un est responsable, l’autre irresponsable… J’ai ponctué le film de tout un tas de contrastes de ce genre.


Quelles ont été vos sources d’inspiration artistiques ? Les années 1960 ?

Oui. Je voulais que mon film soit débordant de vitalité, plein d’énergie. Et je souhaitais également prendre du plaisir, un plaisir enfantin, à raconter une histoire. Je désirais rester libre et insouciant, dans le bon sens du terme. Et je trouve que les réalisateurs européens des années soixante avaient tout cela en eux.


Quels sont les réalisateurs qui influencent le plus votre conception de la réalisation ?

Personne et tout le monde.


Avec votre groupe Slowblow, vous êtes l’auteur de l’excellente bande originale du film. Peut-on la trouver dans le commerce ?

Non, pas encore. Nous avons décidé de ne pas commercialiser la bande-son, mais notre prochain album studio inclura pas mal de morceaux de la musique du film. Alors patience…


Réalisateur, scénariste et auteur-compositeur : au final, ‘Dark Horse’ est un objet artistique avec une réelle unité…

La raison pour laquelle je suis devenu un réalisateur était que je ne parvenais pas à faire le tri dans mon esprit parmi toutes les choses qui m’intéressaient. J’ai alors réalisé que le cinéma était une excellente façon de rassembler tous mes centres d’intérêt : l’écriture, la musique, l’expression par l’image. Par contre, ce que je n’ai pas réalisé, c’est que le cinéma est aussi fait de 80 % d’attente et de stress. Et tout ceci ne fait pas partie de mes centres d’intérêt !


Votre film décrit l’incompatibilité de certains à vivre dans la société telle qu’elle est conçue aujourd’hui. A une esthétique nostalgique vous opposez une réflexion existentielle moderne…

Je voulais que le film soit moderne avec également une dimension “vieille école”. Tout cela en même temps. Qu’il soit nostalgique à propos du temps présent.


Finalement chacun est amené à prendre ses responsabilités ou à assumer ses choix. C’est ça la morale de votre film ?

Dans mes films, je n’essaie pas de dégager de morale, mais davantage de suggérer différentes possibilités d’interprétation. Il ne s’agit pas pour moi de prêcher ou de donner une leçon mais plutôt de lancer en l’air tout un tas d’idées. Les spectateurs n’ont plus ensuite qu’à les attraper et les associer les unes aux autres de manière à en dégager leur(s) propre(s) conclusion(s). Mais c’est vrai que le thème de la responsabilité tient véritablement beaucoup de place dans le film. Grandir, c’est trouver le bon équilibre entre responsabilité et envie. Responsabilité et plaisir. Si tu n’aspires qu’à satisfaire tes envies, tu oublies souvent tes responsabilités.


Et vous, pencheriez-vous plus vers les plaisirs de l’insouciance ou plutôt vers la morale qu’impose le statut d’adulte responsable ?

Je m’acharne énormément à être un adulte responsable de mes envies et de mes plaisirs. A l’écoute de mon insouciance…


Votre film a été présenté à la sélection officielle Un Certain Regard du Festival de Cannes 2005. Comment ce film avait-il été reçu à l’époque ?

Le Festival de Cannes est un grand festival et vraiment déroutant. Un jour tu portes un smoking et tu as tout un tas de gens qui t’applaudissent pendant vingt minutes pour ton film. Et le jour suivant, tu te réveilles avec une gueule de bois et tu lis des mauvaises critiques dans la presse. Je crois que la réalité est quelque part entre les deux.


Après le succès de ‘Noï Albinoï’, ‘Dark Horse’ a reçu toute une série de récompenses. Cette reconnaissance vous offre-t-elle de nouvelles perspectives ?

Je pense que je suis dans une position privilégiée. J’ai aujourd’hui la possibilité de financer mes films et de les distribuer à travers le monde. Et j’ai conscience que réaliser tout ceci est aujourd’hui de plus en plus dur. C’est pourquoi je suis vraiment reconnaissant pour chacun de mes films qui a été mené jusqu’au bout.


Comment se porte le cinéma danois ?

Je suis depuis maintenant pas mal de temps retourné vivre en Islande, mon pays natal. Donc je ne suis plus le cinéma danois d’aussi près qu’auparavant. Mais pour ce que j’en sais, il se porte plutôt bien !


Vos projets à venir ?

Je travaille actuellement sur un film intitulé ‘The Good Heart’. Je vais le tourner aux Etats-Unis. Il sera achevé, on l’espère, cette année au plus tard. Le film se passe aux deux tiers dans un bar, dont le tenancier sera joué par le chanteur et acteur Tom Waits. Par ailleurs, je fais pas mal de musique dans le magnifique studio tout beau tout neuf que nous venons juste de terminer.

Mathieu Menossi pour Evene.fr
par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Vendredi 16 mars 2007
J'ATTENDS QUELQU'UN

Ecrit et réalisé par Jérôme BONNELL, France, 2006, 1h36mn, avec Jean-Pierre Darroussin, Emmanuelle Devos, Eric Caravaca, Florence Loiret-Caille, Sylvain Dieuaide...



Jérôme Bonnell fait désormais partie de la petite famille des auteurs que l’on se fait un plaisir de retrouver de film en film. Ses deux premiers, Le Chignon d’Olga et Les Yeux clairs, nous ont révélé un univers très personnel, peuplé de personnages attachants, un ton original, un regard délicat et sensible, un humour décalé, bref on les a beaucoup aimés ! Ils sont malheureusement restés un peu confidentiels, ce qui ne sera pas le cas, nous sommes prêts à le parier, de celui-ci, plus solide, mieux construit et porté par des comédiens justement populaires : Emmanuelle Devos et Jean-Pierre Darroussin, tout le monde – ou presque – les aime !

Jérôme Bonnell pose sa caméra dans une petite ville de province, peut-être en lointaine banlieue parisienne, pour observer ses cinq personnages qui, d’une façon ou d’une autre, font partie d’un même ensemble, d’une même tribu.
D’abord il y a Louis, père divorcé, patron d’un petit café ; il entretient une relation avec la jeune Sabine, pour qui il éprouve plus que de l’affection. Ils se retrouvent régulièrement à l’hôtel les après-midis, mais pour cela il la paye. Et même si elle a d’autres clients, Louis sent qu’il peut l’attendre, patienter jusqu’à ce qu’elle lui dise qu’il est l’homme de sa vie. Peut-être…
Louis a une sœur, Agnès, dont il est très proche, pourtant il ne lui confie pas sa langueur d’amour, ni à personne d’ailleurs. Agnès est institutrice, elle est mariée avec Jean-Philippe depuis longtemps. L’amour, la complicité et les années n’empêchent pas les mélancolies passagères.Très vite on sent bien que ces deux là, s’ils sont bien assortis, ne sont pas à l’abri d’un accident de parcours, que quelque chose ne cadre pas dans l’image du couple épanoui et parfait qu’ils renvoient. Et de fait l’accident arrive mais probablement pas celui attendu…
Enfin il y a Stéphane, un jeune homme qui débarque après plusieurs années d’absence, et en qui Agnès reconnaît un ancien élève. Stéphane, malgré son jeune âge, transporte un lourd secret…
Il est difficile, et inutile, de raconter plus avant ce film formidable, la seule chose à faire, c’est planter le décor et faire appel à votre curiosité. Et à votre amour pour les acteurs, qu’on évoquait plus haut. Pour Darroussin et Emmanuelle Devos bien sûr, mais aussi pour Eric Caravaca, impeccable dans un contre emploi surprenant : lui qu’on a l’habitude de voir dans des rôles plus graves incarne ici un type un peu à côté de ses pompes, sorte de Charlot, ballotté par les événements et légèrement dépassé.
La caméra de Jérôme Bonnell sait se faire discrète, laissant aux personnages le temps d’exister, d’évoluer. Le réalisateur opte le plus souvent pour le plan séquence, laissant surgir tour à tour, dans la durée, l’émotion ou le burlesque.
Au final, un film comme on les aime : sobre et sincère, sans artifice, fin et sensible, laissant au spectateur le soin de tirer ses propres conclusions. Un film ouvert et généreux qui, à n’en pas douter, ressemble à son auteur. Alors maintenant, si Jérôme Bonnell attend quelqu’un, c’est vous…

par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Vendredi 16 mars 2007
Miss POTTER  

  
Date de sortie : 28 Mars 2007

Réalisé par Chris Noonan
Avec Renée Zellweger, Ewan McGregor, Emily Watson
Film britannique, américain. 
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h 33min. 
Film pour enfants à partir de 10 ans

A l'époque de l¹Angleterre victorienne, Beatrix aurait seulement dû rêver d'un beau mariage, comme toutes les jeunes femmes de sa condition, mais elle s'intéressait à beaucoup trop de choses. La nature et les animaux la fascinaient, tout comme les sciences, le dessin et la peinture. Il n'aura fallu qu'une lettre illustrée pour que son destin bascule, il aura fallu tout son courage pour qu'elle puisse vivre, aimer et exister comme aucune femme avant elle.
Elle a racheté les immenses paysages de la campagne anglaise qui l'ont inspirée pour en faire don aux générations futures, et aujourd'hui ses livres se vendent toujours autant, mais au-delà de son oeuvre, Beatrix Potter était une femme exceptionnelle, aussi avant-gardiste qu'imaginative, aussi fragile que puissante. Il est temps de découvrir sa fascinante histoire...

par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Jeudi 15 mars 2007

Après Johnny Depp, Juliette Binoche accroche un autre sexe-symbole à son palmarès. Dans ‘Par effraction’, elle partage l’affiche avec Jude Law et retrouve Anthony Minghella qui lui avait offert son statut de star internationale avec ‘Le Patient anglais’.

Binoche, c’est avant tout une filmographie époustouflante aux choix engagés et mesurés. De ‘Caché’ de Haneke à ‘In my country’ de John Boorman, des ‘Amants du Pont-neuf’ au récent ‘Quelques jours en septembre’, la comédienne a interprété des héroïnes parfois romantiques, tantôt énigmatiques et souvent bouleversantes... Alors quand on rencontre Juliette, on ne s’attend guère à autant de naturel, de franc-parler et de spontanéité. Rencontre avec une actrice qui porte un regard pointu et intransigeant sur le cinéma.

C’est votre deuxième film avec Anthony Minghella, avec qui vous aviez obtenu un oscar. Vous ressentiez une envie commune de retravailler ensemble ?

Oui, mais pas pour les raisons du succès du ‘Patient anglais’, davantage parce que l’on a une connexion évidente, une proximité naturelle. Anthony a cherché une actrice d’Europe de l’Est qu’il n’a pas trouvée, et à un moment donné mon visage lui est revenu. Il m’a demandé et j’ai fait en sorte d’être disponible.


Le film traite de l’immigration... Un thème qui vous touche particulièrement ?

C’est un thème qui nous touche tous. L’être humain est un être en mouvance, c’est comme ça que les civilisations se font et s’entrecroisent. Tout ça resurgit aujourd’hui d’une manière qui n’est pas très belle, qui fait peur, et dont on a besoin de parler dans les films, et dans toute oeuvre possible. La différence fait partie de ce qui peut nous rendre le plus beau, c’est difficile de l’accepter. C’est un long apprentissage qui demande de la patience. Il faut des générations et des générations pour que ça se passe. Après il y a les gens comme monsieur Sarkozy qui oublient qu’ils sont eux-mêmes enfants d’immigrés.



Est-ce, selon vous, de la responsabilité de l’artiste que de s’engager sur de telles thématiques ?

Je pense que c’est bienvenu qu’un artiste s’engage. Je pense que lorsqu’on est dans une salle obscure, seul, dans notre intimité, une histoire peut nous toucher au point d’influencer nos comportements à venir. L’art peut permettre une prise de conscience. Je crois moins au discours politique pour changer le monde, je crois davantage aux petites choses de tous les jours. C’est ce qui nous fait réfléchir.

Vous doutez de la crédibilité des hommes
politiques ?


Les hommes politiques ont comme seul but le pouvoir. Ils cherchent à accumuler les moments où ils sont vus dans telle ville à tel moment avec telle personne. Cette course au pouvoir nous fait oublier que la politique peut être un moyen d’éveil possible pour l’humain, qu’elle peut être un moyen de mieux respecter les autres. La politique peut être un art de la liberté et permettre de répondre à la question “Comment est-ce possible de vivre ensemble ?” C’est peut-être un peu idéaliste comme vision des choses, mais si on n’est pas un peu utopique on ne peut aller nulle part.


La responsabilité de l’artiste doit-elle aller jusqu’à s’afficher aux côtés d’un candidat ?

C’est très difficile je trouve. Il m’est arrivé d’être un peu plus pudique sur mes opinions politiques et mon comportement n’a pas été forcément bien reçu. Je pense que l’artiste doit être apolitique, mais engagé humainement. J’ai mes préférences évidemment, un révolutionnaire comme José Bové, on en a besoin, c’est un vrai résistant, bien terrien, qui nous remet les yeux en face des trous. Après, au-delà de ça, j’ai plus de sympathie pour Ségolène que pour Nicolas, ça me semble évident. Et puis parce que je ne comprends pas pourquoi Sarkozy, qui est fils d’immigrés, essaie d’être plus roi que le roi.


Vous vous êtes rendue à Sarajevo pour le tournage. Pouvez-vous nous en parler ?

Je suis allée là-bas avec l’envie d’observer, de poser plein de questions, un peu avec la démarche d’une journaliste. Ce rôle me paraissait si difficile à approcher. J’ai voulu comprendre ce qu’avait été la guerre à Sarajevo. J’ai rencontré beaucoup de femmes, j’ai marché dans les rues, avec encore ces trous dans les murs. J’ai regardé beaucoup de documentaires, qui étaient également leurs armes. Toutes ces vidéos qui ne coûtent pas chères et qui permettent de témoigner de l’horreur. J’avais la conviction qu’il me fallait comprendre les causes de cette guerre et me faire ma propre opinion loin de ces images déformées qui nous arrivaient de là-bas.


Au-delà de la dimension politique et sociale du film, votre personnage est aussi une femme prise entre son instinct de mère et son amour pour un homme…

Il y a en effet chez la mère un instinct de survie et de sacrifice dans les cas extrêmes, qui est fascinant. Ce comportement si entier d’une mère prête à tout pour sauver son enfant est désarmant. Sacrifier sa vie de femme devient à cet instant une évidence. En tant que mère, je ressens cette peur que l’on peut avoir pour un enfant. Je connais cette envie de se battre.


Comment appréhendez-vous un tournage que vous faites en langue étrangère ?

Je tourne la plupart du temps des films en langue étrangère, c’est devenu assez naturel. C’est une question d’habitude. Je ne vis pas à l’étranger, j’ai donc une pensée française, mais quand je travaille un moment en anglais, il m’arrive de ne plus trouver mes mots en français. J’ai besoin d’un temps de réadaptation. Il m’arrive de penser que travailler en anglais me donne plus de liberté, car ce n’est pas rattaché à mon histoire.


Et quel regard l’actrice “internationale” que vous êtes porte-t-elle sur ces différents univers cinématographiques ?

J’ai tourné avec Hou Hsiao Hsien, metteur en scène taïwanais : tout était improvisé. On avait juste un canevas, pas de place donnée, pas de dialogue donné. Chaque prise durait dix minutes, et il n’y en avait qu’une seule. Et puis je suis passée à un tournage américain avec deux caméras sur chaque plan, huit combos (des petits écrans de contrôle, ndlr), quatre producteurs et 200 personnes sur le plateau… J’avoue avoir vraiment senti la différence, car sur le second tournage, pour Disney, j’étais censée être sur un petit film américain… Les petits tournages de Disney ressemblent à nos grosses productions françaises. J’attends de voir les deux films côte à côte pour essayer justement de comprendre cette différence, de l’intérieur. Chez les Américains, il y a cette façon de “faire un film” (“to make a movie”) comme si on avait regardé sur un manuel comment faire un film. Mais Hou Hsiao Hsien est également singulier, il a créé son propre cinéma, dans l’extrême inverse.


Et votre tournage avec Klapisch pour son prochain film ?

Il y avait une très bonne ambiance sur le tournage. Sa particularité était qu’il y avait beaucoup d’enfants, il fallait donc être plus ouvert, plus disponible face aux imprévus, ne pas se préparer de trop, ne pas trop répéter. Klapisch était un peu un mélange des deux, entre l’improvisation et la stricte organisation, et ça me correspondait bien.


Vous étiez présente aux Césars. Quel regard portez-vous sur ces cérémonies du 7e art ?

J’ai trouvé important ce qu’a dit Pascale Ferran, sauf qu’elle aurait dû être un peu plus concise. C’est vrai qu’il y a une résistance à avoir, face au cinéma plus commercial, il y a une tendance chez l’humain à vouloir gagner plus et à aller vers ce qu’il y a de plus facile. Le cinéma de résistance, c’est plutôt le cinéma d’auteur, un cinéma qui a du mal à exister, que les critiques enfoncent parfois. Je crois que l’artiste doit garder une vue d’ensemble et ne doit pas s’arrêter à ce qui plaît ou non.


Vous-même, vous sentez-vous libre dans vos choix ?

Il faut dire oui à sa liberté, mais tout dépend de ce que l’on imagine dans sa liberté. J’ai déjà dit non à un gros film très récemment, avec un acteur qui marche très fort pour un film super bien payé, mais j’ai décidé de faire un cinéma différent. Ca n’empêche pas de faire un Disney parce que le réalisateur avait quelque chose que j’aimais bien. Je ne suis pas mariée avec un studio, je ne subis donc aucune pression. Je fais les films que je choisis de faire.


En regardant votre filmographie, on s’aperçoit que vous tournez davantage avec des réalisateurs que des réalisatrices. Vous êtes plus à l’aise sous le regard d’un homme ?

Non, je ne crois pas. J’avais très envie de tourner avec Jane Campion, mais malheureusement ça ne s’est jamais fait. J’ai tourné avec Chantal Akerman, avec Danièle Thompson… Je ne crois pas que ce soit une question d’homme ou de femme, c’est une question de rencontres.


par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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