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Mercredi 25 avril 2007

"FRAGILE" de Martin Valente


 
Jean-Pierre Darroussin, Marie Gillain, Jacques Gamblin et François Berléand seront réunis devant la caméra de Martin Valente pour son drame chorale "Fragile".


Joli casting pour destins croisés. Jean-Pierre Darroussin, Marie Gillain, Jacques Gamblin et Caroline Cellier entre autres honoreront de leur présence la distribution de Fragiles, un drame chorale écrit et réalisé par Martin Valente. Feront également partie de l'aventure François Berléand et la moins connue Sara Martins, qui s'étaient tous deux illustrés dans son précédent film, la comédie Les Amateurs. Produit par la société Elia Films, Fragiles devrait sortir en juin 2007.

Six personnages en détresse

L'action de ce long métrage se déroulera en France et au Portugal. Six personnages que rien ne prédisposait à se rencontrer vont se croiser, se réunir, s'abandonner et se retrouver. Tous ont un lien et le destin va le leur rappeler. François Berléand campera un réalisateur de films sur le déclin, Marie Gillain une musicienne junkie, Jean-Pierre Darroussin un homme solitaire dont le seul compagnon est un chien, Jacques Gamblin un flic dont la femme est dans le coma, Sara Martins une jeune fille mélancolique ayant échappé à deux policiers, et Caroline Cellier une jeune grand-mère ayant la charge de son petit-fils pour le week-end.

Guillaume Martin
par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Vendredi 20 avril 2007
TRÈS BIEN, MERCI

Emmanuelle CUAU, France, 2007, 1h46mn, avec Gilbert Melki, Sandrine Kiberlain, Olivier Cruveiller, Christophe Odent, Frédéric Pierrot, Camille Japy, Emmanuel Salinger... Scénario d’Emmanuelle Cuau et Agnès Caffin.



Je ne sais pas si c’est la faute au printemps qui se pointe, aux bourgeons qui bourgeonnent, ou simplement à l’influence de Très bien, merci, mais nous voilà tourneboulés par une envie frénétique de fantaisie et de saveurs nouvelles depuis le visionnement de ce petit régal de film, branché haute tension sur notre époque épique où la déprime le partage au sentiment oppressif d’être piégés dans une normativité castratrice.
Héros improbable, pour son pas de côté, pour avoir pris le temps de se mettre en arrêt à contempler ce vieux monde paranoïaque, le temps d’un regard pris pour la pire des menaces par celui qui ne cherche pas à voir, pour la pire des subversions par celui qui ne cherche pas à comprendre, pour manifestation pathologique par celui qui ne sait plus distinguer signe de maladie et signe de santé .

Il n’y a pas plus sains, plus simples, plus vivants, plus sympas qu’Alex et Béatrice, un gentil couple qui s’aime et se contenterait presque de ce qu’il a pourvu qu’on le lui laisse, qu’on ne charge pas plus leur barque : lui, comptable tranquille, fait son boulot sans barguigner ; elle, chauffeuse de taxi, se fade gentiment les conneries de clients ordinaires. Sauf que les plus gentils des gentils en ont marre parfois de se retenir de respirer. C’est pas un révolté Alex, mais tout ce qui se passe autour, la pression qui augmente, le patron qui lui suggère de surveiller les notes de frais des copains… ça lui donne comme un malaise et quand, à la sortie du boulot, et la sortie du bar qui suit la sortie du boulot, deux ou trois verres en plus, il voit des flics qui interpellent un quidam, il reste à les regarder, planté là comme un ibis. Et cet Alex qui reste tanqué à rien dire à regarder le flic qui tutoie le quidam comme ça arrive des tonnes de fois quand le quidam est un peu bronzé, ça agace le flic qui ne supporte pas ce regard qui dit rien. Alors, il interpelle Alex et se met à le tutoyer aussi parce qu’un type qui s’arrête, qui regarde sans rien dire, c’est un peu comme un bronzé, c’est un mec qui a fatalement quelque chose à se reprocher… qu’il a l’air de se dire, ce flic qui a l’autorité et qui ne supporte pas qu’on ne circule pas quand il a dit : circule !.

De fil en aiguille, Alex va se retrouver au trou pour la nuit, puis du trou… Non, je ne vous dis pas la suite ! C’est plus drôle quand on ne sait pas. Plus drôle et plus terrible aussi, parce qu’on sait bien, parce qu’on sent que ça pourrait nous arriver, à toi, à moi, aux autres, parce que ce monde va cul par dessus tête, que le respect se perd et qu’à force de ne pas sortir des clous, de s’engluer dans la routine, on ne fait plus attention à rien, on n’écoute plus, on n’entend plus, et on finit par prendre pour foldingues les seuls êtres sensés qui marchent encore debout !
par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Jeudi 19 avril 2007
Date de sortie : 25 Avril 2007 

Réalisé par Erwin Wagenhofer
Avec Peter Brabeck, Jean Ziegler
Film autrichien. 
Genre : Documentaire
Durée : 1h 36min. 

Chaque jour à Vienne, la quantité de pain inutilisée, et vouée à la destruction, pourrait nourrir la seconde plus grande ville d'Autriche, Graz... Environ 350 000 hectares de terres agricoles, essentiellement en Amérique latine, sont employés à la culture du soja destiné à la nourriture du cheptel des pays européens alors que près d'un quart de la population de ces pays souffre de malnutrition chronique. Chaque Européen consomme annuellement 10 kilogrammes de légumes verts, irrigués artificiellement dans le Sud de l'Espagne, et dont la culture provoque des pénuries d'eau locales...

La faim et les moyens
Le cinéaste précise ses intentions : "We feed the world est un film sur la pauvreté au coeur de la richesse qui éclaire la manière dont notre nourriture est produite et répond aux questions que le problème de la faim dans le monde nous pose. Ce ne sont pas seulement des pêcheurs, des fermiers, des agronomes, des biologistes et Jean Ziegler, fonctionnaire aux Nations Unies qui sont interrogés, mais aussi un des responsables de Pioneer, le leader mondial des ventes de semences, ainsi que Peter Brabeck, le P.D.G. de Nestlé, la plus importante multinationale agro-alimentaire mondiale"
Traçabilité d'un film
Erwin Wagenhofer revient sur l'origine de We feed the world : "Nous tournions un film qui s'appelait Opération Figurini pour lequel nous devions filmer certaines séquences sur les marchés de Vienne. Au moment d'écrire le scénario, j'ai arpenté de long en large les marchés de la ville et je me suis demandé : " Quelle est la chose la plus intéressante dans ces marchés ? " La réponse était : les produits eux-mêmes et leur provenance ! L'idée originale était donc de faire débuter le film sur le marché le plus célèbre de Vienne, le Naschmarkt, et de regarder ce qui se passait derrière le miroir. D'où venaient donc tous les produits alimentaires qu'on y vend ? Ce qui m'importait, c'était l'idée de connexion. Prenez les tomates, par exemple... Eh bien, rien que le fait qu'elles aient voyagé pendant 3.000 kilomètres avant d'arriver jusqu'à moi me semblait curieux. Ça m'interpellait. Et c'est devenu le sujet du film, son véritable sujet.


Site officiel : http://www.we-feed-the-world.fr/

par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Mercredi 18 avril 2007

INTERVIEW DE VALERIA GOLINO


Après ‘Ma place au soleil’, Valeria Golino n’en finit plus de hanter les écrans français. L'égérie du '36, quai des Orfèvres' revient sous la direction de Francesca Comencini, dans la peau d'une femme forte et têtue, commissaire de police milanaise. Un rôle différent pour cette actrice, habituée des plateaux hollywoodiens et européens.


Entre les films d'auteurs, les productions hollywoodiennes et le cinéma engagé, Valeria Golino navigue d'un rôle à l'autre. Dans ‘A casa nostra’, elle se bat seule contre la corruption. Motivée par le fond comme par la forme du film, elle nous livre ses impressions sur une Italie partagée entre un passé troublé et un avenir neuf, transparent et ouvert.


Comment Francesca Comencini vous a-t-elle présenté le scénario ? Qu'attendait-elle de vous ?

Elle n'avait pas pensé à moi du tout, elle ne me voulait même pas ! Elle voulait quelqu'un de beaucoup plus masculin, de plus dur, de plus athlétique que moi. Elle avait déjà choisi une autre actrice, et je ne faisais pas partie du casting. Ensuite, elle a eu des problèmes avec cette actrice, un mois avant que le tournage ne commence. Alors le reste de l’équipe a tellement insisté, en disant "Il faut que tu voies Valéria Golino", que finalement, un peu à reculons, elle est venue me voir. Et là, tout a changé ! On s'est beaucoup aimées, ça a été une grande rencontre. Elle m'a raconté le film, on a commencé à parler, j'ai lu le scénario et ça m'a plu. Un mois après, on a commencé à tourner.


Pourquoi avoir accepté ce rôle, y a-t-il eu des éléments dans le scénario qui vous ont particulièrement touchée ?

Le sujet en lui-même était intéressant, bien sûr : parler de cette situation de corruption, que nous sentons tous les jours en Italie. On est informés de tout ça, tout le temps, on en parle entre nous, etc. Mais c’est très rare que quelqu'un traite ce sujet, et cela me semblait une bonne occasion d'en parler, avec une personne aussi subtile. Le personnage m’a aussi attirée, même si ce n'est pas un personnage important, au milieu de ce film chorale. C'est un personnage complexe qui me semblait très différent de tout ce que j'avais déjà fait.


Justement, vous sentez-vous concernée par la situation en Italie, par les affaires successives de corruption ?

Oui, ce n'est pas possible de ne pas être touché par ce genre de choses dans le pays dans lequel on vit. La politique fait partie de notre vie de tous les jours. Même quand on n’en parle pas, elle est partout. On est plus ou moins frustrés. C’est paradoxal parce qu'on sait très peu de choses alors que l'on est très informés. On sait ce qui se passe, que des gens sont sur écoute - ce qui n'est vraiment pas bien d'ailleurs. Je pense que chacun a droit au respect de sa vie privée, y compris les criminels. On est trop informés, et on ne comprend rien, c'est de là que vient cette frustration. On se sent idiot… Et c'est pour ça que ça m'intéressait de rentrer de l'autre côté, de celui de quelqu'un qui est là, qui attend, qui cherche. Et pas seulement pour supprimer quelqu'un, c'est aussi pour une question d'éthique différente. Mon personnage est très moral, obstinément moral. Elle n'est pas là pour l'argent, car ces gens sont très mal payés. Mais ils prouvent qu'il y a des millions de personnes en Italie qui vivent très honnêtement, avec une éthique qui n'est pas lâche. Il y a deux Italie.


Vous pensez que les choses peuvent changer, notamment depuis le départ de Berlusconi ? Est-ce que cela peut faire évoluer la situation ?

Je ne dirais pas que Berlusconi est la cause de tout. Il est aussi, lui-même, une conséquence. Ce film n'est pas contre Berlusconi, parce qu'il y a beaucoup de choses qui ne le concernent pas, il n’est quand même pas responsable de tout. Le problème, c’est qu'il n'était pas seulement un homme d'affaires mais qu'il a aussi été notre Premier ministre. C'est important de le dire, il n'y a pas d'un côté le mal et de l'autre le bien. Je crois que, d'une certaine manière, depuis quinze ans, même si on est submergés d'informations, il y a un changement. On a un regard plus critique sur notre société.


Quelles sont les motivations qui poussent Rita, votre personnage, à ne pas se résigner face à cette corruption généralisée ?

C'est une idéaliste, elle est têtue, et solitaire aussi. Quand on est seul, c'est plus facile de rester dans sa voie, de garder ses opinions. Elle a une idée de ce qu'il faut faire. Mais d'un autre côté, c'est aussi une femme amoureuse, et, de la même manière, même si elle voit que ce n'est pas une relation juste, elle veut y croire, avec le même entêtement. C'est son caractère, elle est comme ça.


Vous travaillez beaucoup en Europe, et aussi aux Etats-Unis. Comment voyez-vous ces deux cinémas différents ?

Cela fait maintenant quatre ans que je n'ai pas travaillé aux Etats-Unis, mais j'y reviendrai peut-être l'an prochain. C'est une industrie énorme, par rapport à nous, qui sommes des artisans. En France, la situation est entre les deux. Ici, vous avez plus de possibilités, vous faites de très mauvais films et de très bons films aussi. En France, environ 200 films sont faits par an, en Italie, le chiffre tourne plus aux alentours de 80. Le marché est très malade. Il y a des films qui marchent, mais le plus souvent, et c'est horrible à dire, ce sont de mauvais films.


Pourtant, ces dernières années, on sent un renouveau du cinéma italien…

Oui, c'est vrai. Mais les films se font avec beaucoup de difficultés. Il y a de nouveau de grands réalisateurs, de très grands acteurs. Mais la plupart du temps, ce sont des histoires compliquées, il n'y a pas vraiment de grands scénaristes. Et je crois qu'en France aussi, il y a ce problème. Je pense que c’est dû à l’époque que nous vivons. C'est un moment historique difficile à raconter, notre inquiétude face à l’avenir. C'est aujourd’hui plus difficile de faire de la poésie sur notre monde.


Propos recueillis par Simon Duflos et Marion Haudebourg pour Evene.fr - Avril 2007

par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Lundi 16 avril 2007
LE VIEUX JARDIN
 Site officiel
Écrit et réalisé par IM Sang-soo, Corée du Sud, 2006, 1h52mn, avec Yum Jung-ah, Ji Jin-hee, Yoon Hee-seok, Kim Yu-li, Lee Eun-sung... D’après le roman de Hwang Sok-yong (éditions Zulma).


On ne sait pour ainsi dire rien de la Corée du Sud, sinon que son cinéma est passionnant… On ne sait pas par exemple qu’en mai 1980, suite au coup d’état d’un obscur général, l’armée massacra un grand nombre des 5000 manifestants civils et étudiants venus protester contre la fermeture de l’Université Jônnam, à Kwangju. Une sorte de Tien an Men avant l’heure, vécu dans la quasi indifférence des médias occidentaux.
On ne sait presque rien de ce climat de tension politique et sociale qui maintint le pays dans la violence et la répression pendant plusieurs décennies… On ne sait rien de cette époque pas si lointaine où les ouvrières des usines s’immolaient par le feu pour protester contre les plans de licenciements ou des conditions de travail épouvantables…
À sa manière, avec ses élans romanesques et sa sensibilité à fleur de peau, Le Vieux jardin nous dévoile des pans entiers de l’histoire de ce pays. Et si le spectateur est un peu dérouté au début, ne sachant pas trop comment prendre ce récit qui peut paraître un peu naïf, l’histoire tant individuelle que collective qui se trame le saisit peu à peu pour ne plus le lâcher… Et l’on se surprend à être finalement pris aux tripes par les destinées fatales de ces étudiants pleins de rage et d’espoir qui étaient prêts à toutes les audaces, à toutes les folies pour que les lendemains chantent plus justes, plus libres, plus démocratiques.


Mai 1980, la province de Kwangju est donc en état de siège. L’armée a quadrillé les quartiers sensibles et arrête les opposants, hommes politiques, intellectuels. Les étudiants, rejoints bientôt par d’autres habitants, prennent d’assaut les universités, les mairies. La jeunesse est dans la rue, enragée, prête à en découdre. Des milices armées se forment, les cocktails molotovs pleuvent sur les casques et les boucliers des policiers. 23 mai, on compte 150 000 manifestants… 27 mai : l’armée donne l’aussaut. Officiellement deux cent morts… plusieurs milliers selon les organisations de défense des droits de l’homme…
Hyun-woo, l’un de ces jeunes militants, parvient à échapper aux rafles et s’enfuit. Il trouve refuge dans la montagne où Yoon-hee, jeune professeur de dessin sympathisante de la révole, a reçu mission de le cacher.
Le temps d’une parenthèse, alors que la ville gronde sous les affrontements, les deux jeunes gens vont vivre une passion fulgurante, au coeur d’une bicoque de fortune nichée sur les rives silencieuses d’un lac. Mais la trêve ne dure qu’un temps, celui de s’aimer sans se faire de vaines promesses, car Hyun-woo ne peut rester à l’écart de la lutte, il doit rejoindre ses compagnons… Et cette fois il n’échappera pas aux forces de l’ordre…
Le film, construit en flashes-back très habilement agencés, débute en fait 17 ans plus tard, quand Hyun-woo sort de prison. Les cheveux blanchis, il reviendra dans le vieux jardin, l’âme meurtrie par le souvenir de cet amour qu’il n’aura pas vécu, de cette vie qui lui aura échappé…

par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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