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Vendredi 18 avril 2008

Eran RIKLIS - Israël 2007 1h46 - avec Hiam Abbass, Doron Tavory, Ali Suliman, Rona Lipaz-Michael, Tarik Copty... Scénario d'Eran Riklis et Suha Arraf.



Salima (Hiam Abbass, magnifique) vit en Cisjordanie dans la maison familiale héritée de son père, au milieu d'un champ de somptueux citronniers. Veuve, elle vit seule et le profit qu'elle tire de ses citrons dorés, gros et juteux, lui suffit à trouver un équilibre sans fioritures. L'attachement à ses racines, à son histoire, la proximité du vieil ami de son père, qui la connaît depuis toujours et l'aide à veiller sur son lopin de terre avec le même amour, lui rendent la vie aussi agréable que possible et Salima serait plutôt heureuse si ce n'était la proximité du territoire israélien...

Un si bel endroit ne pouvait passer inaperçu très longtemps : le Ministre de la Défense israélien jette son dévolu sur la propriété limitrophe du champ de citronniers et déboule avec femme, personnel, secrétaires, gardes du corps... Ce havre paisible, oublié par la guerre, s'agite tout à coup de va et vient, de réunions au sommet, de mondanités diverses, le champ de citronniers devient l'objet d‘une surveillance de chaque instant, les services secrets investissent les lieux, étudient chaque pouce de terrain et pondent leur diagnostic, qu'il n'est pas question de contester : le danger est patent, il faut raser les citronniers où des hordes de terroristes pourraient bien se faufiler ! Chaque citron qui tombe fait sursauter le guetteur du haut de son mirador et on entoure le champ d'une clôture avec interdiction d'approcher.

La femme du ministre, qui reste souvent seule dans la grande maison, observe toute l'histoire avec une retenue muette qui n'est pas très loin de la franche désapprobation : elle irait bien causer avec la belle brune au regard farouche qui escalade les barbelés pour aller arroser ses citrons, au risque de sa vie. Mais il y a le poids des interdits, les préjugés et lorsqu'enfin elle s'y risque, le garde du corps s'interpose : pas question pour madame la Ministre de se hasarder chez des Palestiniens.

Condamner les citronniers, c'est condamner Salima, lui arracher son histoire, son patrimoine, sa vie. Aussi va-t-elle faire appel auprès de tous les tribunaux possibles pour demander justice, demander que ses citrons soient épargnés, aidée dans son combat par un jeune avocat palestinien formé en Russie. Des liens se tissent entre eux, une complicité profonde commence à germer, mais la religion est là, avec ses gardiens zélés, qui oppose à nouveau interdits et barrières aux sentiments prêts à fleurir.

Il y a du Capra dans ce beau film qui parle d'amours impossibles, d'amitiés contrariées, qui fustige les murs qui enferment, y compris ceux qui les bâtissent, qui raconte la difficulté de s'opposer à l'ordre établi par le plus fort, qui montre l'absurdité d'une situation dont on n'entrevoit pas l'issue... Toute la gamme des sentiments humains et des attitudes possibles dans cette situation d'occupation sont abordés au travers de personnages forts, complexes et touchants, qui sont à eux seuls une sorte d'état du monde, prisonniers d'un conflit sans fin, qu'il le subissent ou qu'ils l'imposent.


par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Vendredi 18 avril 2008

Julian SCHNABEL - USA 2007 1h25  - avec Lou Reed, Steve Hunter, Fernando Saunders, Tony Smith, Rupert Christie, Rob Wasserman, Sharon Jone, Antony (sans The Johnsons), Emmanuelle Seigner...

 



Pour les amateurs de rock et de cinéma, de rock au cinéma, c'est un événement, un vrai. Julian Schnabel a filmé Lou Reed jouant sur scène son mythique et maudit album Berlin, lors de cinq soirées au St-Ann's Warehouse de Brooklyn en Décembre 2006.
Lou Reed a enregistré Berlin en 1973 et l'accueil glacial, tant critique que public, réservé à cet opus hors norme reste un cas quasi-unique dans l'histoire du rock. Troisième album de Lou Reed après la séparation du Velvet Underground, il faisait pourtant suite au succès considérable de Transformer, avec notamment le célèbre Walk on the wild side, qui avait créé une attente commerciale énorme malgré la réputation toujours sulfureuse de l'artiste (Transformer faisait quand même passer des thèmes aussi tabous que l'homosexualité, la prostitution et les drogues...).

Profondément affecté par le rejet de Berlin, Lou Reed ne l'avait jamais joué en concert. Il aura fallu attendre 33 ans, il aura fallu l'insistance du même Bob Ezrin, du guitariste Steve Hunter et de Julian Schnabel pour que Berlin arrive enfin sur scène. Quelques privilégiés ont pu voir ce concert exceptionnel lors de rares dates en France. Tous les autres vont pouvoir partager cette expérience avec le film de Julian Schnabel, qui restitue toute l'intensité, toute la poésie noire du spectacle. Un très grand moment de rock à l'écran !
par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Mercredi 16 avril 2008

Le Festival du cinéma européen en Essonne est heureux de vous annoncer la sortie du film 

RETOUR A GOREE

 un film de Pierre-Yves Borgeaud   avec Youssou N'Dour (chanteur), Moncef Genoud (pianiste) et Boubacar Joseph Ndiaye (Conservateur de la Maison des Esclaves, Ile de Gorée), Harmony Harmoneers (choeur de gospel Atlanta), Idris Muhammad (batteur), James Cammack (contrebassiste), Pyeng Threadgill (Vocaliste), Grégoire Maret (harmoniciste), Amiri Baraka (LeRoi Jones, écrivain et poète),
Ernie Hammes (trompetiste), Wolfgang Muthspiel (Guitariste)


Road movie
musical, Retour à Gorée raconte le périple du chanteur africain Youssou N'Dour sur les traces des esclaves noirs et de la musique qu'ils ont inventée : le jazz. Son défi : rapporter en Afrique un répertoire de jazz et le chanter à Gorée, l'île symbole de la traite négrière, en hommage aux victimes de l'esclavage. Guidé dans sa quête par le pianiste Moncef Genoud, Youssou N'Dour parcourt les Etats-Unis et l'Europe. Accompagnés par des musiciens d'exception, ils croisent de nombreuses personnalités, et créent, au fil des rencontres, des concerts et des discussions sur l'esclavage, une musique qui transcende les cultures.

D'Atlanta à New Orléans, de New York à Dakar en passant par le Luxembourg, les chansons se transforment, s'imprègnent de jazz et de gospel. Mais déjà le jour du retour en Afrique approche et beaucoup reste à faire afin d'être prêt pour le concert final...

Site officiel      Infos programmation : www.cinessonne.com

par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Mercredi 16 avril 2008


 LE "come back" du magicien des images!     voir:  www.petergreenaway.com

Écrit et réalisé par Peter Greenaway - GB 2007 2h14 - avec Martin Freeman, Elily Holmes, Michael Teigen... Sélection officielle Mostra Venise 2007.

 

1642, Amsterdam. Rembrandt travaille sur son œuvre la plus célèbre, La Ronde de Nuit. Au sommet de son art et de sa gloire, la milice des Mousquetaires d'Amsterdam lui a demandé un portrait de groupe. Malgré sa réticence face à ces soldats amateurs ne cherchant qu'à se pavaner, Rembrandt accepte soucieux d'assurer l'avenir de sa famille mais le peintre a un mauvais pressentiment et sait déjà que cette toile ne sera pas qu'un simple portrait de groupe mais aussi la mise à nue d'une société corrompue et destructrice qui va provoquer sa chute.

La Ronde de Nuit de Rembrandt, dont le véritable titre est La compagnie de milice du capitaine Frans Banning Cocq et du lieutenant Willem van Ruytenburch, est l'un des tableaux les plus célèbres au monde. Ce tableau, générateur de mythes, entouré de mystère, suscite nombre de questions : Qui sont les gens représentés sur La Ronde de Nuit ? Pourquoi ce tableau s'appelle-t-il La Ronde de Nuit ?
Depuis son premier film, Meurtres dans un jardin anglais, Peter Greenaway a mis l'art, la peinture en particulier, au centre des préoccupations de ses œuvres, cherchant par le prisme des images à interroger ce qui en constitue l'essence créatrice. Avec La Ronde de nuit le réalisateur s'attaque à une œuvre monumentale pour en tirer une lecture personnelle du tableau, à la manière d'une enquête policière (ce qu'il faisait déjà avec son premier film) mais aussi une subtile mise en abîme de la création artistique faisant un parallèle entre la confection de la peinture et celle d'un film.

Comment un peintre du talent de Rembrandt a-t-il put finir dans la déchéance et la pauvreté alors même que le tableau devait assurer son avenir et l'affirmation de son talent ? Pourquoi alors qu'il se trouve à un moment charnière de son existence Rembrandt choisit-il d'utiliser son art pour mettre à nu la suffisance et la vanité de ses commanditaires ? Pourquoi encore le peintre choisit-il de briser les règles en vigueur dans la composition et l'utilisation si particulière de la lumière ? Mais surtout pourquoi ce mystère qui entoure cette toile monumentale ? Greenaway décortique le tableau en le décomposant de façon théâtrale pour ensuite reconstruire une narration nouvelle mettant à jour les résonances du tableau et le complot ourdit contre Rembrandt par ses commanditaires cherchant à donner sens à la toile, dramatisant à l'extrême les affres de sa conception pour créer une véritable peinture animée qui ressuscite l'esprit esthétique du peintre.

Mais l'aspect le plus pertinent du film est le parallèle entre le cinéma et la peinture, tout deux art de la lumière. Le réalisateur s'interroge et interroge la notion d'art au sens large, dévoile et détaille le coté théâtral mis en scène de la peinture de Rembrandt qui est montré comme un véritable réalisateur d'images (la superposition de différents thèmes au sein même de la toile ou encore l'importance du cadre comme plan) mais aussi comme un directeur d'acteurs manipulateur et iconoclaste.

par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Mercredi 9 avril 2008
par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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