Vendredi 16 mai 2008
Réalisé par Pascal BONITZER - France - 2008 - 1h33 - avec Miou-Miou, Lambert Wilson, Pierre Arditi, Valeria Bruni-Tedeschi, Anne Consigny, Mathieu Demy, Caterina Murino, Maurice
Bénichou, Dany Brillant... Scénario de
En apparence, tout ce beau monde se rit, se sourit, l'air ravi, si ravi de flotter dans ce nuage de plaisir et d'insouciance que tout être normalement constitué devrait immanquablement éprouver au contact de cette belle piscine, de cette belle demeure, de cette belle compagnie... Mais les apparences, elles, sont précisément là pour ne rien révéler des tourments violents qui s'agitent sous les crânes... Que dis-je, « tourments », c'est plutôt d'ouragans intimes dont il s'agit ici. Il n'y a qu'à voir la tournure que prennent les choses dès la première nuitée passée : avant même l'heure du déjeuner, c'est bien un macchabée que l'on retrouve au bord de la piscine chauffée. Pierre Collier est mort. Et ce n'est pas un stupide accident, ni un ultime caprice d'un cœur défaillant, ni même un suicide, niet : le célèbre psychiatre a été trucidé, qui plus est avec une arme de la maisonnée.
Qui a tué Pierre Collier ? Peut-être sa femme, si dévouée, si fidèle, si effacée. Ou bien sa maîtresse, ici présente. A moins que cela ne soit Philippe, écrivain en mal d'inspiration et secrètement amoureux de cette dernière. D'un autre côté, le sénateur a lui aussi ses raisons... Sans compter que la belle Italienne, sous ses allures de lionne domptée, digère mal la trahison de celui qui fut jadis son grand amour... Une affaire complexe à résoudre pour le commandant Grange, surtout quand on découvre que l'arme du crime est comme toute cette assemblée : pas celle que l'on croyait.
Amateur des jeux de rôles qui tournent au vinaigre, des petits mensonges qui font de gros dégâts et autres mesquineries cyniques et sincères très appréciées du genre humain, Pascal Bonitzer s'est régalé à nous convier à cette partie de Cluedo qui ne déroge à aucune règle d'un jeu sanglant et délicieux. Où l'on se délecte sans cachotterie de voir tous ces pions s'agiter, se mentir et se tromper dans une chorégraphie parfaitement huilée qui, forte d'un classicisme pourtant tant de fois déjà éprouvé, parvient néanmoins à insuffler un souffle tonique de souffre bien frais. Mené rondement par une troupe d'acteurs tous plus formidables les uns que les autres (y compris les deux jeunettes inconnues au casting), Le grand alibi est un mets savoureux qui procure un de ces plaisirs immédiats chers à la psychanalyse : quelque chose de brut et de pas du tout cérébral, délicieusement jouissif...
Pascal Bonitzer et Jérôme Beaujour, d'après la nouvelle « Le vallon » d'Agatha Christie (éditions du Masque)
.
En apparence, tout ce beau monde se rit, se sourit, l'air ravi, si ravi de flotter dans ce nuage de plaisir et d'insouciance que tout être normalement constitué devrait immanquablement éprouver au contact de cette belle piscine, de cette belle demeure, de cette belle compagnie... Mais les apparences, elles, sont précisément là pour ne rien révéler des tourments violents qui s'agitent sous les crânes... Que dis-je, « tourments », c'est plutôt d'ouragans intimes dont il s'agit ici. Il n'y a qu'à voir la tournure que prennent les choses dès la première nuitée passée : avant même l'heure du déjeuner, c'est bien un macchabée que l'on retrouve au bord de la piscine chauffée. Pierre Collier est mort. Et ce n'est pas un stupide accident, ni un ultime caprice d'un cœur défaillant, ni même un suicide, niet : le célèbre psychiatre a été trucidé, qui plus est avec une arme de la maisonnée.
Qui a tué Pierre Collier ? Peut-être sa femme, si dévouée, si fidèle, si effacée. Ou bien sa maîtresse, ici présente. A moins que cela ne soit Philippe, écrivain en mal d'inspiration et secrètement amoureux de cette dernière. D'un autre côté, le sénateur a lui aussi ses raisons... Sans compter que la belle Italienne, sous ses allures de lionne domptée, digère mal la trahison de celui qui fut jadis son grand amour... Une affaire complexe à résoudre pour le commandant Grange, surtout quand on découvre que l'arme du crime est comme toute cette assemblée : pas celle que l'on croyait.
Amateur des jeux de rôles qui tournent au vinaigre, des petits mensonges qui font de gros dégâts et autres mesquineries cyniques et sincères très appréciées du genre humain, Pascal Bonitzer s'est régalé à nous convier à cette partie de Cluedo qui ne déroge à aucune règle d'un jeu sanglant et délicieux. Où l'on se délecte sans cachotterie de voir tous ces pions s'agiter, se mentir et se tromper dans une chorégraphie parfaitement huilée qui, forte d'un classicisme pourtant tant de fois déjà éprouvé, parvient néanmoins à insuffler un souffle tonique de souffre bien frais. Mené rondement par une troupe d'acteurs tous plus formidables les uns que les autres (y compris les deux jeunettes inconnues au casting), Le grand alibi est un mets savoureux qui procure un de ces plaisirs immédiats chers à la psychanalyse : quelque chose de brut et de pas du tout cérébral, délicieusement jouissif...
Commentaires