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Lundi 21 mai 2007


"LES CHANSONS D'AMOUR"


La voilà enfin, cette comédie musicale que Christophe Honoré, grand amoureux du cinéma de Jacques Demy, se devait de réaliser. On l’attendait depuis longtemps et en même temps, on est surpris de la vitesse à laquelle le film a été tourné -on aperçoit des affiches des Ambitieux, un film sorti en janvier dernier, c’est dire... Une énergie qui est sans doute pour beaucoup dans la réussite d’un film revigorant et plein de panache. Impossible donc de ne pas citer Demy (on y croise même, dans Paris, deux marins échappés des Demoiselles de Rochefort), même si on pense à d’autres cinéastes français des années 60, du Godard potache d’Une femme est une femme à Eustache, sa maman, sa putain et son Jean-Pierre Léaud (auquel fait encore une fois penser Louis Garrel, aussi burlesque et émouvant que dans le précédent Honoré).

Mais il ne faudrait pas croire que ces références encombrent le moins du monde un film qui respire, qui a du souffle, bref : qui ne manque pas d’air(s). On ne savait pas que Louis Garrel et Ludivine Sagnier chantaient aussi bien, on a le plaisir de le découvrir ici, puisque le récit est émaillé d'une dizaine de chansons, qui s'intègrent au film avec fluidité -grace notamment à la finesse des textes et des mélodies mélancoliques d'Alex Beaupain, vieux complice du réalisateur. Liens familiaux, sentimentaux, sexuels : voilà ce qu'examine une fois encore le réalisateur avec une sensibilité aiguë dans ce film porté par des acteurs qui semblent toujours à l'unisson. En amateur (et connaisseur) de chansons et de comédies musicales, Christophe Honoré sait qu'il faut oser juxtaposer la plus grande légèreté et la plus extrême gravité, et que le plus grand risque, dans un tel projet, est celui de la tiédeur. Dans Les Chansons d'amour, un film qu'on espère de tout c(h)oeur retrouver au palmarès, Christophe honoré n'a jamais peur du ridicule : c'est pour cela qu'il n'y tombe jamais.

Julien Dokhan

par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Mercredi 16 mai 2007
LA TÊTE DE MAMAN

Site officiel

Carine TARDIEU, France, 2007, 1h35mn, avec Karin Viard, Chloé Coulloud, Kad Merad, Pascal Elbé, Jane Birkin, Sarah Cohen-Hadria, Arthur Ligerot... Scénario de Carine Tardieu et Michel Leclerc.



Ça commence par un bon coup de poing dans la figure ! La fille a un regard qui lance des éclairs et le garçon une vraie gueule d’ange. A quinze ans, les impulsions, ça ne se maîtrise pas, ça s’exprime et celui-là, il ne l’aura pas volé, son direct au menton : fallait pas l’appeler Lucille. C’est Lulu qu’elle se prénomme, la belle môme, point barre ! Alors on l’appelle Lulu ou mieux encore, on ne l’appelle pas !
Lulu donc, c’est une pile électrique montée sur ressort ; une belle plante qui aurait poussé un peu vite et qui cache ses rondeurs sous des sweat-shirts trop grands, histoire de ne pas ressembler à ses copines qui se croient déjà femmes, se la jouent lolita, sous-vêtements en dentelle qui gratte et mascara plein les mirettes. Lulu est nature, tout d’une pièce, et Lulu en veut à la Terre entière, et d’abord et surtout à sa mère.
Parce que sa mère, elle est ailleurs, absente au monde et à elle-même, perdue dans une quatrième dimension un peu bizarre où les galaxies tournent autour de sa personne… Juliette flotte dans le coton, plaintive, éternellement fatiguée, toujours au bord de l’effondrement et fascinée par ses tourments digestifs, une vraie passion ! Autant dire qu’il n’y a pas beaucoup d’espace pour cette adolescente en pleine crise qui n’aspire qu’à une seule chose : que sa mère la regarde autrement qu’avec ses yeux de cocker.
Lulu est persuadée que sa mère fricote dangereux avec l’univers des disparus, le monde des morts, et qu’à trop les côtoyer en pensées, elle est devenue une vivante toute grise. D’ailleurs, Juliette n’est pas la mère de Lulu, c’est impossible parce que sa vraie mère, c’est Jane Birkin !

Lulu en est arrivée à cette conclusion quand elle fait une étrange découverte : un film en super 8 avec une bombe vivante : sa mère déguisée en Tahitienne, ondulant des hanches et riant aux éclats, le genre de rire à vous dégivrer le pôle nord en un rien de temps. Pour Lulu, c’est un choc de voir sa mère comme ça : les seins à l’air, passe encore, mais les yeux du bonheur, c’est pire que tout ! Ainsi cette adulte ronchonnante, adepte de la bouillotte et des tisanes, maladive et désespérément sérieuse, n’a pas toujours fait la tronche : incroyable, elle a été jeune, pétillante, déconnante et heureuse ! En un mot, « amoureuse » et pas de son paternel, le doux et effacé Antoine, puisque qu’il est écrit « Jacques » sur la boîte du film interdit. Lulu décide donc de partir à la recherche de cet amour perdu pour inverser le processus et faire en sorte que la tête de sa mère ne soit plus habitée par de vilaines petites bestioles noires, mais par un champ entier de coquelicots ! Car si le Jacques en question a su lui donner le sourire au siècle dernier, il devrait bien pouvoir y parvenir à nouveau. Mais les princes charmants, ça peut aussi prendre un coup de vieux !

Pétillant et lumineux comme Lulu, La Tête de maman est un premier film qui ne devrait pas vous laisser de marbre… Portrait attachant d’une adolescente et des cahotiques rapports mère-fille, c’est une douce histoire bourrée d’humour, racontée à la première personne, avec un ton à la fois tendre et pète-sec, parsemée de clins d’œil malicieux (dont Jane Birkin !) et bercée par une atmosphère douce amère qui flirte avec la mélancolie sans jamais tomber ni dans l’inventaire à la Dolto, ni dans le pathos. Et la jeune Chloé Coulloud, inconnue au bataillon, est comme une pomme d’amour : tout en rondeurs rouges et absolument irrésistible.

par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Mercredi 16 mai 2007
Sam GARBARSKI, Angleterre/Europe, 2006, 1h43mn, avec Marianne Faithfull, Miki Manojlovic, Kevin Bishop, Siobhan Hewlett, Jenny Aguter, Corey Burke... Scénario de Philippe Blasband et Martin Herron.


Égérie blonde et tourmentée des Rolling stones, elle nous enchanta, jadis, avec son interprétation de Yesterdays, une chanson d’amour joliment mélancolique, qui enterrait doucement la folle exubérance d’une génération. Marianne Faithfull, après une saison en enfer, nous revient aujourd’hui, toute vie bue jusqu’à la lie, dans la peau d’Irina Palm, un personnage auquel la chanteuse insuffle une humanité, un humour et une vitalité extraordinaires.
Sans doute fallait-il la trouver la bonne femme pour incarner l’Irina en question car, ne vous y trompez pas, une histoire comme celle-ci ne s’invente pas. Elle s’inspire de faits réels, vécus à Londres, il y a quelques années, dans le quartier de Soho.
Première étrangeté de cette histoire vraie, l’Irina Palm en question n’existe pas et n’a jamais existé. Ce serait comme un nom de guerre porté sur le champ de bataille par Maggie, la cinquantaine invisible, à l’heure où les femmes cessent d’être des femmes pour devenir des « mamies ». Ce serait alors comme un cri de guerre, un cri de révolte contre la mort.
Mais sans doute faut-il des circonstances particulières pour transformer la brebis en louve et troquer une condition de veuve confite dans ses habitudes et ses principes en celle de petit soldat prêt à monter en ligne contre les moulins à vent. Et ces circonstances particulières, c’est une fêlure dans la vie de Maggie, que n’arrivent pas à combler les thés et les parties de cartes entre copines. C’est un petit-fils mourant à l’hôpital des enfants, dont elle apprend un jour lors d’une visite qu’il pourrait être sauvé par un traitement expérimental, pratiqué uniquemen en Australie.
Débute alors une histoire qui pourrait commencer, tant elle est romanesque, par « il était une fois ».
Alors que sa belle-fille et son fils paraissent abdiquer devant l’importance des sommes à trouver pour engager les démarches, Maggie, dont la vie s’est écoulée pendant trente ans au rythme des tâches ménagères et du service à son défunt mari, va tenter de réussir l’exploit, impossible à notre époque, de trouver à cinquante ans un premier emploi pour gagner cet argent de la dernière chance. Et la voilà trottant à travers la ville, elle « qui ne sait rien faire ».
Essuyant sourires polis et rebuffades jusqu’à cette affichette indiquant sur la porte du Sexy World : cherchons hôtesse. Sans doute se voit elle alors servant le thé, les scones et la marmelade d’oranges, comme chez ses copines. Mais la nature plutôt surprenante du travail proposé la met sur le cul et lui fait prendre ses jambes à son cou... Avant que le désir de sauver son petit-fils la ramène très vite à officier dans la boutique, sur un concept exclusif importé du Japon… Au Sexy World, Maggie va faire l’apprentissage de la sombre étrangeté de la pulsion sexuelle masculine, en même temps qu’elle va se découvrir une prodigieuse capacité d’adaptation. Sur les conseils de sa collègue Louisa, qui lui apprend les ficelles du métier, la consciencieuse et courageuse Maggie deviendra Irina Palm, la plus lucrative et la plus recherchée des « hôtesses » de Soho.
par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Jeudi 10 mai 2007
LOIN D'ELLE
Site officiel

 Écrit et réalisé par Sarah POLLEY, Canada, 2006, 1h45mn, avec Julie Christie, Gordont Pinsent, Olympia Dukakis, Michael Murphy... D’après la nouvelle d’Alice Munro, L’Ours traversa la montagne, issue du recueil Un peu, beaucoup… pas du tout (Éditions Rivage poche).


Fiona et Grant, c’est un couple qui fait rêver… L’exception rarissime : 45 ans de vie commune, ce n’est pas rien ! 45 ans pour apprendre à s’apprivoiser mutuellement, à reconnaître les pentes glissantes chez l’autre et éviter d’aller y déraper… 45 ans pour cultiver la patience, la souplesse et une forme de détachement, d’oubli salutaire face aux erreurs, aux maladresses… Savoir être humble, mettre son amour propre de côté et dépasser le stade des rappels à l’ordre et des reproches, c’est rarement inné. On imagine bien la dose d’énergie, de malice et de stratégie puissante qu’il leur a fallu déployer pour déjouer les pièges de la vie, ses hauts, ses bas et ses ébats (extraconjugaux). Alors, c’est vrai : Fiona et Grant, ils font envie. Malgré le temps qui a filé, ils continuent de se séduire et nous séduisent aux détours des petits gestes du quotidien empreints d’attention et de conivence. Leur relation transpire une intelligence qui s’égraine dans leurs causeries émaillées d’esprit et parfois de tendre ironie… Il faut dire que la vie les a gâtés et que les épreuves sont plus faciles à surmonter pour ceux qui ne manquent pas de confort matériel et intellectuel. Quand on vit en amoureux dans un petit paradis forestier au Canada, le malheur et la dureté du monde ont plus de mal à venir vous dénicher… Tous les rêves qu’ils ont eu le temps de construire ensemble au lieu d’aller s’abîmer dans des travaux trop rudes sont un ciment solide. Grant, c’est le beau prof sur le retour après avoir fait tourner tant de têtes d’élèves dans sa carrière. Fiona, c’est comme la belle princesse de nos contes de fée qui serait restée quasi intacte malgré les ans… Certes, elle n’eut pas « beaucoup d’enfants » et ça aide certainement à garder le ventre lisse et la poitrine ferme… Et puis, la culture, ça aide aussi : tous deux ont les neurones bien musclés. L’amour des livres alimente leurs échanges, leur capacité à prendre du recul, à se rappeler que le nombril du monde est bien au-delà de sa petite personne… à s’évader de soi-même…
Mais voilà, ces temps derniers, Fiona, insidieusement, s’évade un peu trop souvent et plus tout à fait de la même manière. C’est d’abord les objets qui ne retrouvent pas leur place habituelle, les mots qui se perdent en chemin. Puis elle oublie d’oublier ce qu’il faudrait taire pour ne pas déterrer les haches de guerre du passé qu’on croyait si bien enfouies. Et, douloureusement lucide, elle comprend trop bien que c’est bientôt elle même qu’elle va, tout bonnement, oublier. Que la sournoise maladie d’Alzheimer qui la tenaille ne l’abandonnera pas avant qu’elle ne se soit entièrement abandonnée à elle. Elle sent déjà qu’elle se détricote, que les liens avec son aimé se délitent et que cette femme qu’il aimait tant est en train de s’évaporer pour ne devenir qu’un pâle spectre d’elle-même… Elle se voit devenir une inconnue à ses propres yeux, avec un effarement qui lui sera bientôt étranger, lui aussi… Alors, avant de se désapprendre totalement et de ne plus même en avoir conscience, elle fait sans doute son choix ultime, comme pour laisser la place à cette nouvelle personne qui la ronge de l’intérieur. En choissant courageusement le camp de la dignité et du bonheur, elle décide avec élégance de s’éloigner de Grant, comme une ultime preuve d’amour.

Mais, ça, je vous laisse la place de le découvrir à votre manière. Jamais misérabiliste ou laramoyant : juste une belle leçon de vie…

par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Jeudi 10 mai 2007

Montée des marches, soirées glamour pour people en robes siglées, certes. Le monde entier lorgne sur la Croisette. Mais Cannes c'est aussi tellement de films que jurés et journalistes terminent la quinzaine éreintés par ce flot d'images incessant, la pupille alerte, mais le visage hagard et la rétine esquintée.




60 ans et toutes ses dents

Cannes, une histoire de regard. Seul celui du jury a le pouvoir de porter aux nues. C'est à des gens de cinéma, au prestige confirmé, qu'incombera la lourde tâche de départager la sélection. Et nul doute que l'expérience de la compétition de certains de ces membres sera un plus au moment d'appréhender l'envers du décor, à commencer par celle de son président venu présenter 'Prick up your Ears' en 1987 et 'The Van' en 1996. Idem pour Maggie Cheung, récompensée pour sa performance dans 'Clean', d'Olivier Assayas. Maria de Medeiros, qui vient de sortir un film évoquant les relations ambiguës entre critiques et cinéastes, passera donc de l'autre côté de la barrière. Outre les comédiennes Toni Collette et Sarah Polley, le réalisateur Abderrahmane Sissako - découverte de l'année dernière -, le toujours fringant Michel Piccoli et l'Italien Marco Bellocchio assureront le taux de testostérone d'un jury hétéroclite et définitivement ancré dans l'actualité. Sans oublier, parmi ces huiles du cinéma, l'écrivain turc, récent prix Nobel de littérature, Orhan Pamuk.

Festivités à vocation nostalgique - compte rond oblige - Gilles Jacob et Thierry Frémaux n'ont, au final, pas réuni un casting des plus surprenants. Parmi les réalisateurs sélectionnés, des palmés, des anciens présidents de jury, voire les deux. On en viendrait presque même à se demander si la Croisette ne perdrait pas un peu de sa superbe sans la présence régulière des frères Coen, de Gus Van Sant, d'Emir Kusturica ou encore de Quentin Tarantino. Comme si tous ces cinéastes de renom s'étaient donné le mot pour sortir de nouveaux films l'année des noces de diamant entre Cannes et le cinéma. Histoire de passer en revue les grands moments du Festival, sans se donner des airs de célébration.


Comme à la maison

Au rang toutefois des originalités, c'est à un Chinois que reviendra le privilège d'ouvrir la quinzaine. Honneur accordé à Wong Kar-Wai - qui a promis cette fois-ci de terminer à temps - et à ses ’Blueberry Nights' qui donneront un coup d'envoi représentatif à lui seul de l'esprit du Festival. Glamour avec la présence de Jude Law et Natalie Portman ; innovation avec une première réalisation américaine et les premiers pas d'actrice de Norah Jones ; et enfin, exigence artistique pour l'ancien président du jury dont les films ont été plusieurs fois récompensés. Moins glamour mais tout aussi habitué de la Croisette, Emir Kusturica soumettra une nouvelle fois l'un de ses longs à un jury cannois. Il peut espérer avec 'Promise me This' être le premier réalisateur trois fois palmé, surpassant ainsi Francis Ford Coppola et les frères Dardenne.

S'il ne fait aucun doute que ces poids lourds du Festival seront dans tous les esprits au moment des récompenses, le contingent des vétérans américains n'en devrait pas moins avoir la cote. Les frères Coen en premier lieu, palmés pour 'Barton Fink' en 1991, et qui, avec 'No Country for Old Men', reviennent à leurs premières amours du film noir. L'incontournable Gus Van Sant encore et son 'Paranoïd Park' qui marchera - peut-être - dans les pas de son 'Elephant'.
Quentin Tarantino enfin, qui essaiera de se consoler de l'échec commercial outre-Atlantique de son horrifique 'Death Proof' en ramenant, à l'instar de 'Pulp Fiction' en 1994, quelque chose de Cannes. Moins aguerri au faste cannois mais pas le plus maladroit des faiseurs de polar bien noir, James Gray - révélé par 'The Yards' - ne devrait pas manquer de confirmer ses belles dispositions avec 'We own the Night'. Du côté du cinéma mexicain, plutôt en forme ces derniers temps, Carlos Reygadas reviendra - seul - défendre les couleurs de l'Amérique latine deux ans après 'Batalla en el cielo'. Quant à Alexander Sokourov, par ailleurs célébré à la Cinémathèque française en mai, il tentera pour la cinquième fois de remporter enfin le titre suprême.


Du sang neuf

Malgré tout, le Festival ne sombre pas dans l'autocongratulation pure et simple. En guise de caution artistique, treize “nouveaux” réalisateurs jamais sélectionnés feront leur apparition sur le plus prestigieux tapis rouge du cinéma mondial. Parmi eux, le talentueux David Fincher et son très attendu 'Zodiac' feront sûrement frissonner la Croisette. Films ou réalisateurs, les Français ne sont pas en reste dans la catégorie des “p'tits nouveaux”, outsiders crédibles au moment de figurer sur la photo des récompensés. Deux adaptations d'abord. Julian Schnabel évoquant dans ‘Le Scaphandre et le Papillon' le calvaire de Jean-Dominique Bauby. Les pérégrinations autobiographiques de Marjane Satrapi dans 'Persépolis', porté à l'écran avec Vincent Paronnaud. Raphaël Nadjari ensuite. Le réalisateur remarqué à Berlin pour 'Avanim' fera sa première montée des marches pour défendre son 'Tehilim'. Catherine Breillat enfin, avec 'Une vieille maîtresse', déjà venue à la Quinzaine des réalisateurs, mais encore jamais sélectionnée en compétition officielle.


Découvertes et paillettes

En marge de la course pour la Palme d'or, la sélection Un Certain Regard sera celle de la découverte avec huit premiers films. On souhaite à ces nouveaux venus de suivre l'exemple de Kim Ki-Duk ou encore Christophe Honoré, autrefois présents à Un Certain Regard et cette année en compétition officielle. Cette sélection sera aussi l'occasion de retrouver Valeria Bruni-Tedeschi derrière la caméra avec 'Le Rêve de la nuit d'avant'. Barbet Schroeder, l'auteur de 'Kiss of Death', change quant à lui de registre avec un documentaire sur la justice, 'L'Avocat de la terreur'.

Enfin, le Festival de Cannes ne serait pas tout à fait ce qu'il est sans un casting fourmillant de stars en promo et un doux parfum de scandale. Le quota people sera assuré par l'équipe d''Ocean's 13', hors compétition. Reste à savoir si la provocation viendra de la sulfureuse Catherine Breillat ou plutôt du documentariste palmé Michael Moore - hors compétition à sa demande, pour “être sûr de ne pas gagner” - et sa dénonciation du système de santé américain. On peut enfin faire confiance à Olivier Assayas et Abel Ferrara, tous les deux hors compétition en séances de minuit, pour secouer les cocotiers de la Croisette.

Alors, à l'heure où résonnera pour la dernière fois de la quinzaine 'Le Carnaval des animaux', immuable hymne des marches, qui recevra des mains de Stephen Frears la soixantième Palme d'or de l'histoire du cinéma mondial ? Réponse le 27 mai aux alentours de 20h.

Marion Haudebourg et Julien Lathière pour Evene.fr - Mai 2007
par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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