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Mercredi 7 mai 2008
SHARKWATER Rob Stewart - documentaire Canada -2006-1h30 - A partir de 9 ans.


La planète entière est actuellement ravagée par l'homme, tous les scientifiques le répètent haut et fort. Entre le réchauffement climatique, la fonte des glaces, la disparition de millions d'hectares de forêt et les nombreux dérèglements naturels qui s'opèrent partout à travers le globe, quelques hommes et femmes tentent de réagir... C'est le cas de Rob Stewart, biologiste et photographe spécialisé dans le monde sous-marin et grand amoureux des requins. Témoin de l'extinction en masse de son animal de prédilection, il trace ici le portrait angoissant d'une espèce en voie de disparition, mal-aimée et mal-traitée. Pourtant la position terminale du requin sur l'échelle de la chaîne alimentaire en fait un des grands architectes de la faune et de la flore sous marine, et à ce titre un élément sine qua non de l'équilibre des écosystèmes. A travers un documentaire choc qui n'hésite pas une seconde à aller littéralement chasser le braconnier et à prendre le parti du combat pour la survie des espèces animales, ce jeune réalisateur d'à peine 30 ans nous fait réagir et nous ouvre les yeux sur notre ignorance et notre passivité. Édifiant et passionnant Les Seigneurs de la mer a reçu de nombreux prix dans des festivals internationnaux. 

Depuis l'enfance, Rob Stewart se passionne pour les requins. À tel point qu'il est devenu biologiste et photographe sous-marin afin de pouvoir nager avec eux, décrypter leur mystère et déconstruire le mythe du requin mangeur d'hommes. Ce mythe, entièrement fabriqué, entre autre par les médias, et consacré par le film de Steven Speilberg, serait selon lui responsable de l'indifférence qui entoure, un peu partout dans le monde, le massacre de la population de requins à des fins commerciales. Du Costa-Rica aux Îles Galapagos en passant par le Guatemala, Stewart et l'équipage de l'activiste des mers Paul Watson, un des fondateurs historiques de Greenpeace, tentent de dénoncer et de mettre en échec les braconniers à la solde de mafias surtout asiatiques, soutenues par des gouvernements corrompus, et qui pratiquent le Shark Finnig.
Cette activité est pratiquée surtout par les pêcheurs des pays en développement et consiste à pêcher des requins pour ne prélever que les ailerons. Des millions de requins chaque année sont ainsi capturés et les corps rejetés à la mer, le plus souvent encore vivants. Et si les Etats-Unis ainsi que l'Europe ont interdit cette pratique, de trop nombreuses dérogations existent pour enrayer durablement le processus. L'essentiel des ailerons alimente le marché chinois.
Les Chinois sont en effet particulièrement friands de la soupe aux ailerons de requins (ça les change du consommé de Tibétains), considérée comme un mets recherché, qui doit impérativement figurer au menu des fêtes. Les spécialistes estiment que chaque années, 100 millions de requins, sans distinction d'espèce, de taille ou d'âge, sont tués pour leurs ailerons. Le prix des ailerons de requins peut atteindre aujourd'hui 500 dollars le kilo au détail. CQFD.

Allez...une petite devinette pour la route : sachant que, selon les statistiques sur les causes de décès dans le monde, 100 personnes sont tués chaque année par des éléphants et /ou des tigres, que 2400 le sont par des exécutions, que la drogue fait 22000 morts annuels, que les accidents de la route totalisent 1 200 000 tués et que la malnutrition explose le compteur avec 8 000 000 de victimes, combien de personnes sont tuées par un requin ? Je vous donne un indice : en 1 an, les crocodiles ont tués autant de personnes que les requins en 100 ans. Le crocodile est protégé...

par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Mercredi 7 mai 2008

(BATTLE IN SEATTLE) Écrit et réalisé par Stuart TOWNSEND - Canada -2008 - 1h38 - avec André Benjamin, Woody Harrelson, Martin Henderson, Ray Liotta, Michelle Rodriguez, Channing Tatum, Charlize Theron, Connie Nielsen...



En 1999 à Seattle, lors de la réunion de la toute-puissante Organisation Mondiale du Commerce, de gigantesques manifestations se sont opposées à la tenue de cette conférence. Jamais l'opposition n'avait été aussi forte, aussi frontale et aussi violente... Les manifestants venaient de tous les bords : activistes environnementaux, médecins, anarchistes, avocats, « terroristes » économiques et citoyens lambda investirent le centre de Seattle, pourtant hyper protégé, et chassèrent l'OMC hors de la ville... Bataille à Seattle nous plonge au cœur de cet événement à travers le point de vue et les destins croisés de plusieurs personnages, manifestants, policiers, services de secours... C'est tout le mérite de ce film de fiction que de restituer le déroulement et les enjeux de ces cinq jours qui ébranlèrent le monde et marquèrent spectaculairement la naissance d'un alter-mondialisme planétaire...

Le premier film de Stuart Townsend (connu jusqu'ici comme acteur) rappelle par sa construction le Bloody Sunday de Paul Greengrass. Comme lui, il s'inspire d'un fait politique majeur et y introduit une dimension intime pour créer une fiction engagée et romanesque. Mélangeant de nombreuses images d'archives avec les séquences fictionnelles, le réalisateur réussit à retranscrire toute la tension qui devait gagner les deux parties en place. D'un côté une municipalité qui s'apprête à recevoir un événement de dimension internationale avec le retentissement publicitaire qui en découle. De l'autre, un groupe de manifestants d'origines diverses, qui ont pour objectif le blocage de la conférence. La manifestation initiale, voulue sans violence par les antis OMC, comme par le maire de Seattle, qui ne veut surtout pas offrir une image déplorable de sa ville, va pourtant échapper à tout contrôle...
Opposant les actualités d'hier avec le film d'aujourd'hui, nous nous surprenons à avoir un autre souvenir des faits. Vu d'ici, on se souvient de notre José Bové national, les yeux rougis et la moustache fumante, bloqué par des cordons de robocops adeptes de la lacrymogène... Les médias avaient eu à l'époque un point de vue orienté, insistant sur l'effet de foule et sur la violence des manifestations ; il n'était pas question en 1999 de poser les questions sur les sommets de l'OMC, ni de rendre compte des motivations de ces milliers d'hommes et de femmes qui investirent les points névralgiques de toute une cité, inventant de fait une nouvelle forme de combat.

Évitant un manichéisme tentant, le scénario cherche aussi à questionner le bien fondé de ce type d'action. Ainsi, en bloquant les accès aux conférences, les manifestants empêchent aussi le toubib de Médecins Sans Frontières, venu crier son désarroi quant à l'état de l'accès aux soins, notamment celui contre le SIDA en Afrique, de délivrer un message audible et de dénoncer la culture du profit plutôt que le mieux vivre de populations depuis trop longtemps sacrifiées. Et ce, pour le plus grand soulagement des firmes pharmaceutiques. De plus, les médias préfèrent de loin les images d'affrontements à celles issues des conférences humanitaires, l'opinion publique internationale ne retennant de fait et comme très souvent que le spectaculaire au détriment du réel et de l'information. En multipliant ainsi les points de vues, Townsend rend bien compte de la difficulté à lutter contre la propagande et de la nécessité de s'organiser et de se fédérer pour se faire entendre. Il livre un film tendu qui nous rappelle au passage que depuis, les grandes conférences de ce type se tiennent à huis clos et continuent tranquillement de conditionner l'existence de millions d'individus à l'aune des profits de quelques uns...
par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Mercredi 7 mai 2008
Écrit et réalisé par Gianni ZANASI - Italie - 2007- 1h44 - avec Valerio Mastandrea, Anita Caprioli, Giussepe Battiston, Caterina Murino, Gisella Burinato, Teco Celio... Festival de Venise 2007 : Prix de la critique Italienne • Festival d'Annecy : Prix Sergio Leone.

 



Il y a des jours comme ça où plus rien de va. Non que ça allait trop bien avant, mais il y a la goutte de trop, celle qui donne envie de se mettre en boule au fond d'un trou de hérisson et ne plus voir personne, parce qu'on ne s'aime plus, qu'on a le sentiment que plus personne ne vous aime, que toute votre vie est une succession de coups foireux et que de toute façon vous ne vous sentez plus la moindre affinité avec ce que vous faites, ni ce que vous êtes... C'est ce que semble penser Stefano Nardi, 35 ans, encore ses dents et une guitare de rocker fatigué qui, rentrant d'un concert plus tôt que prévu, trouve sa copine dans les bras d'un autre et se tire sans dire un mot de plus dans sa vieille caisse aux portières bloquées, à ne pas savoir où aller dormir. Ma ! se dit-il en Italien, car Stefano est italien jusque dans ses chaussettes... et ne voyant d'autre endroit où se réfugier, il se met en route vers son bled natal, histoire de faire un retour sur lui-même en se plongeant dans une famille à qui il n'avait plus rendu visite depuis... Pouf !

Pour une surprise, c'est une surprise ! Mais voilà... si les choses sont toujours à leur place, les gens ne sont plus tout à fait les mêmes. Sa frangine, saisie d'une passion frénétique pour les dauphins, a planté là ses études pour travailler dans le parc aquatique du coin. Sa mère est devenue une assidue de séminaires de techniques chamaniques menés par une espèce de gourou allumé qui la plonge dans des états seconds pour l'aider à combler les vides de sa vie. Son père a lâché son entreprise de mise en bocaux de cerises à l'eau-de-vie après un accident cardiaque et se consacre, avec délices, à une pratique intensive du golf. Et son frangin Alberto, qui a pris la suite du paternel, se bourre d'anti-stress tout en conduisant allègrement l'entreprise à la faillite... Bref ! la famille n'est plus ce qu'elle était et le Stefano qui comptait rabibocher là son cœur en capitolade et son mental en pleine déconfiture se retrouve (culo sopra testa !), lui le musicien, le poète déjanté, le marginal inadapté, à remettre de l'ordre dans la pagaille générale, à tenter de ramasser les pots cassés et d'introduire équilibre et normalité dans des vies en pleine débandade.

Tout ça est terrible, me direz-vous, et si le film se situait en Finlande, il est probable que vous auriez envie de finir la soirée à noyer votre spleen au bistrot. Mais la merveille c'est que tout cela est furieusement italien et tous ces personnages qui pourraient se croire en pleine tragédie ont la dépression heureuse et le petit plaisir facile, à l'instar du gros nounours de frère qui s'amuse comme un fou sur une chenille de Luna Park tandis que les huissiers déboulent dans l'usine : Non pensarci (autrement dit : n'en faisons pas un fromage !) dit le titre original et ceux-là se marrent et s'aiment tandis que le monde s'écroule autour d'eux... « Ciao Stefano (le 7e de l'auteur) est en apparence un film frais, léger, très italien, tourné de façon simple et claire, qui montre une Italie provinciale authentique. Pourtant sous la comédie, perce une substance dramatique, tragique même... » dit Mario Monicelli qui sait de quoi il cause en matière de comédie italienne, lui qui réalisa plus de 65 films qu'on adorerait revoir : Brancaleone, Le Pigeon, Mes chers amis, Parenti serpenti et plein d'autres...
par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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