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Vendredi 30 juin 2006

CONGO RIVER

Film documentaire de Thierry MICHEL

Belgique / France -  2005 - 1h56mn  - VOST

Sur les traces des grands explorateurs, Congo River nous fait remonter, de l’embouchure à la source, l’un des plus grands bassins fluviaux du monde, celui du fleuve Congo. Tout au long de ses 4371 kilomètres, nous parcourons les lieux témoins de l’histoire tumultueuse du pays, nous croisons les fantômes de ceux qui ont façonné son destin : Stanley l’explorateur, Léopold II le colonisateur, Mobutu le despote...

Nous croisons aussi tout un peuple, piroguiers, pêcheurs, commerçants et voyageurs, militaires et rebelles, femmes, enfants, en quête de lumière et de dignité. Par-delà les ténèbres des guerres et des tragédies, ce voyage au coeur de l’Afrique est un hymne à la vie, à l’égal de cette végétation indomptable qui enserre les rives du fleuve. C’est beau, c’est passionnant à suivre, c’est une voie originale et riche pour découvrir le cœur de l’Afrique.

« Je cherche, depuis quelques temps déjà, comment aborder l’Afrique dans son intemporalité et dans son universalité, comment parler de ce continent tout à la fois au passé, au présent et au futur, comment filmer ces paysages et ces hommes, au plus profond de leur culture et de leur tradition. Je souhaite capter et transmettre ce qui fait le bonheur, mais aussi le tragique de ce continent, exprimer ce que cette région du monde peut transmettre aux autres cultures et aux autres civilisations comme valeurs fondatrices, dans cette relation de l’échange et du dialogue, du donner et du recevoir qui est la base de toute relation humaine.

« Et même si l’Afrique a accumulé un retard technologique considérable dans la course au développement et au profit, dominée par les oligarchies financières, en termes de culture, de mode de vie, de célébration de la vie et de respect de la mort, l’Afrique a encore bien des choses à nous offrir. Et si Stanley, explorateur mercenaire au service des puissances royales et impériales de l’époque coloniale, s’est enfoncé au coeur de ce continent pour y imposer la poigne de fer du joug colonial, d’autres, comme Livingstone, ont été aspirés dans une quête personnelle et existentielle, dans une ivresse mystique qui les a conduits à la mort.

« C’est sur les traces des uns et des autres que je suis parti sur le grand fleuve, pour mieux comprendre ce continent noir aujourd’hui oublié des grands courants médiatiques et le plus souvent réduit à ces images exotiques de la faune, de la flore ou encore à ces autres images de massacre, de rebellions et de guerre inter-ethniques qui font parfois la une des journaux télévisés.                                              Thierry MICHEL     

                                            

par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Vendredi 30 juin 2006

CLOSE YOUR EYES   OPEN YOUR HEART

Michel Gondry est un drôle de personnage qui ne fait rien comme les autres. Clippeur de renom fasciné par les univers mentaux et les délires bizarres, le réalisateur de La science des rêves possède différents paysages intérieurs où les songes les plus fous se cognent à la réalité du quotidien le plus palot. Son nouveau film, attendu le 16 août prochain, dans lequel il s’affranchit de la tutelle Kaufman, devrait certainement être l’événement de cet été tant sa sensibilité et son intelligence ridiculisent la concurrence.

 Pour créer le tumulte mental de La science des rêves, Michel s’inspire du Voyage en ballon d’Albert Lamorisse, son premier souvenir de cinéma, dans lequel toutes les scènes aériennes sont doublées. Pendant le tournage, il se nourrit de Bergman (Scènes de la vie conjugale) et plonge dans des angoisses d’échec. A l’arrivée, pas de quoi stresser : il y a suffisamment de promesses et d’enjeux dramatiques dans ce nouveau film pour nourrir la substance de vingt films actuels. Après l’amour, Gondry parle d’un autre sujet (la mort) qui peut moralement et physiquement détruire un homme (qui s’est remis d’une histoire d’amour consommée ? Qui peut se remettre d’un deuil ?), et adopte la régression progressive du protagoniste Bernal qui retourne à l’état d’enfant et se perd dans un univers codifié où il anime sa propre émission de télé (à l’intérieur de lui-même, grosso modo), peut se lever le matin avec les pieds dans le congélateur et rêver qu’il a des mains gigantesques.
 Les réminiscences du passé se cognent méchamment aux visions pragmatiques d’aujourd’hui. De la même façon que l’on s’imagine un monde parallèle lorsqu’on écoute une chanson (lorsque des fragments d’images éparses de la vie de tous les jours se joignent au rythme et au plaisir de la musique), Gondry montre toutes les choses bizarres et indescriptibles qui s’agitent dans nos cerveaux quitte à les répéter de manière obsessionnelle, comme on revient en arrière pour se repasser en boucle un refrain séduisant.                                                                       excessif.com
par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Jeudi 29 juin 2006
KAMIKAZE GIRLS Site officiel

Tetsuya NAKASHIMA, Japon, 2005, 1h42mn, VOSTF, avec Kyoko Fukada, Anna Tsuchiya, Hiroyuki Miyasako, Ryoko Shinohara... Scénario de Tetsuya Nakashima d’après le roman Shimotsuma Monogatari de Novala Takemoto.

Film DE-JAN-TE! Les Kamikaze Girls débarquent et ne vont pas faire de quartier. On vous prévient tout de suite, ce film va à cent à l’heure. C’est un vrai manga-live qui raconte l’amitié improbable et pourtant profondément crédible entre deux filles que tout sépare, qui raconte aussi toute une jeunesse en quête d’identité. Le film, dopé par un humour décapant, est porté par une réalisation hyper dynamique et inventive (qui nous réserve même une excellente séquence d’animation) : les couleurs sont explosives, les plans et le montage toujours surprenants, la bande son endiablée… C’est à la fois totalement kitsch et parfaitement convaincant, c’est la tornade Kamikaze Girls

Momoko ne jure que par le rococo, elle aurait aimé vivre en France au xviiie siècle, elle se pâmerait à coup sûr devant la Marie-Antoinette de Sofia Coppola. Elle est à fond adepte d’une de ces sous-cultures qu’affectionnent les jeunes Japonais : le style Lolita. Sa panoplie : robe « dentelle et froufrous », ombrelle assortie, le tout bien sûr d’un rose délicieusement pastel et rehaussé de broderies qu’elle compose volontiers elle-même… Depuis peu, elle a malheureusement dû quitter Tokyo et ses boutiques branchées pour déménager avec son père, yakuza complètement raté, glandeur et pétomane, et sa grand-mère un peu toquée mais adorable. Elle se retrouve donc à Shimotsuma, une banlieue paumée au milieu de nulle part, le paradis de la déprime... Sans compter qu’elle est entourée de gens qui n’ont aucun goût, qui s’habillent n’importe comment au Jusco du coin (le Kiabi local), un vrai cauchemar…
C’est dans ce contexte cafardeux qu’elle rencontre la rebelle Ichigo, membre active des Ponytails, un gang de motardes très redouté. Enfin quand je parle de gang de motardes, c’est plutôt une bande de gamines sur des scooters améliorés… Toujours est il qu’Ichigo n’aime rien tant que se battre avec d’autres filles et qu’elle sait distribuer les coups de boule comme personne. Ajoutez à cela qu’elle jure comme un charretier et crache comme un footballeur, et vous aurez compris qu’elle est tout l’inverse de la délicate et précieuse Momoko. Mais contre toute attente, un lien se noue peu à peu entre les deux filles : elles ont finalement cette même impression de ne pas avoir leur place dans une société japonaise trop rigide, trop formatée pour elles…
Aux côtés des deux filles, les autres protagonistes ne sont pas en reste dans le genre complètement décalé, et composent une galerie de personnage tous plus déjantés les uns que les autres : du rebelle à la méga-banane fan de pachinko (machine à sous) au couturier super stressé et hyper maniéré, on ne s’ennuie pas une seconde.

Sous ses airs de comédie débridée, Kamikaze Girls propose un constat très juste et en définitive assez touchant de la jeunesse japonaise en rupture de ban. Nous voyons à l’œuvre des jeunes un peu perdus, totalement soumis à la dictature du look et des marques, asservis par une consommation effrénée. La plupart des ados au pays du soleil levant font partie de ces fameuses sous cultures, à l’image de Momoko la Lolita et Ichigo la Yanki. Elles pourraient aussi bien donner dans le style Gothic, Cyber ou bien Hawaï… En fait, les kids japonais profitent du week-end pour affirmer leur indépendance en adoptant une mode vestimentaire, en se conformant aux règles d’un univers codifié qui contraste fortement avec les conventions et l’uniforme en vigueur tout le reste de la semaine. Au Japon, le film a fait un véritable tabac lors de sa sortie et a connu une suite en manga.Vu de chez nous, Kamikaze girls est bien plus qu’une curiosité : un film résolument aventurier, qui mêle audace, fantaisie et sincérité affective, et qui vaut vraiment le coup d’œil                                                                                                                               utopia.org


par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Mardi 27 juin 2006
CONVERSATION(S) AVEC UNE FEMME

Hans CANOSA, USA, 2005, 1h25mn, VOSTF, avec Helena Bonham Carter et Aaron Eckhart... Scénario de Gabrielle Zevin.

Au début on croit à une coquetterie de style… Cet écran coupé en deux agace le regard comme écartelé entre deux points de vue symétriques : celui d’un homme, celui d’une femme, leur présent et leur passé. Irréconciliables ? Peut-être. Différents, à coup sûr. Puis on s’y fait. Mieux, au fil du film, on finit par trouver indispensable ce « split screen », puisque c’est comme ça qu’on appelle ce procédé qui consiste à filmer avec deux caméras deux personnages qui jouent ensemble, présentant constamment en réplique à l’un le comportement de l’autre…

Ils se retrouvent à un mariage : il est le frère de la mariée, elle est venue pour remplacer la demoiselle d’honneur manquante, rose bonbon de la tête au pied. La rencontre est une surprise. Ils s’étaient connus, il y a longtemps, peut-être même aimés comme jamais ils n’ont aimé depuis. Elle avait disparu dans la nature, le laissant brutalement sur sa soif d’elle et depuis ils ont fait leur vie, comme on dit, chacun de leur côté. Elle dit être mariée à un cardiologue, il en pince pour une danseuse bien plus jeune que lui. Le temps qui passe lui fait peur.
Dix ans se sont passés depuis leur dernière rencontre, la maturité a arrondi les contours, donné du poids aux gestes… Qu’aurait été leur vie s’ils avaient continué à s’aimer au lieu de ce départ en plein milieu d’une fulgurante passion ? Leur intimité passée définit leur présent, leur donne une complicité immédiate. Parce qu’il n’y a pas d’enjeu d’avenir et qu’ils n’ont rien à se cacher ni à perdre, ils peuvent se laisser aller à être sincères comme avec personne d’autre, comme le mari de l’une et la maîtresse de l’autre ne les verra sans doute jamais.
Le temps de cette nuit de noces, c’est tout un passé qui refait surface, remonte par bouffées, tend les corps, tourneboule les cœurs. On évoque les moments de fulgurance partagée, le départ, on constate l’impossibilité pour chacun de comprendre le point de vue de l’autre. D’ailleurs, maintenant encore, chacun aimerait savoir comment ça se passe ailleurs… Mais le mystère reste entier. L’autre reste indéfiniment impossible à saisir, mouvant comme le temps, impossible à figer dans une vérité rassurante.
Serait-ce qu’il n’y a pas d’amour heureux ? À moins que ce soit l’idée qu’on s’en fait qui ne plane jamais aussi haut que les rêves. Au bout de la nuit, ils embarqueront chacun vers leur réalité, une réalité pleine d’amour encore, mais définitivement entachée par une insatisfaction chronique, l’envie constante d’un ailleurs, d’une fusion impossible, condamnés à errer à la recherche d’un idéal inaccessible. Utopia.org

par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Lundi 12 juin 2006
Corto Maltese, la cour secrète des arcanes

De Pascal Morelli d’après l’œuvre de Hugo Pratt
En 1919, l'Asie est plongée dans le chaos.
De fabuleux trains blindés sillonnent la Russie, la Sibérie et la Mandchourie. Parmi eux, celui de l'amiral Kolchak transporte l'or du gouvernement contre-révolutionnaire et attire toutes les convoitises. Dans cette impitoyable chasse au trésor, Corto Maltese, « gentilhomme de bonne fortune », apporte son aide aux Lanternes Rouges, qui lui ont sauvé la vie.
Avec Raspoutine, son ami-ennemi de toujours, ils croiseront des sociétés secrètes chinoises, une duchesse russe aussi charmante que perverse, un avatar de Gengis-Khan, un aviateur américain et plusieurs généraux partagés entre la nostalgie de leur grandeur passée et le souci de leur avenir.

le film de Pascal Morelli laisse entrer les songes, fait la part belle à l'incertitude, avec une délicatesse de traits et un sens du récit à la fois fidèles et personnels.                                                  
Cahiers du Cinéma


                                         

 
par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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