Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Catégories

Jeudi 28 juin 2007
PERSÉPOLIS Site officiel

Écrit et réalisé par Marjane SATRAPI et Vincent PARONNAUD, film d'animation, France, 2007, 1h30mn, avec les voix de Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve, Danielle Darrieux, Simon Abkarian, Gabrielle Lopes... PRIX DU JURY, FESTIVAL DE CANNES 2007. D’après les bandes dessinées de Marjane Satrapi (éditions l’Association).

 



2000 personnes applaudissant sans répit pendant vingt minutes, la salle entière debout et Marjane Satrapi virant du rose au rouge, les yeux embués… Je vous jure que ça vous remue les tripailloux. Chiara Mastroïani et Catherine Deneuve, les voix du film, n’en finissaient pas de ravaler leur émotion. Chose exceptionnelle, cette année il n’y a pas eu de polémique au Festival de Cannes : personne n’a contesté les prix et surtout pas ce prix du Jury emporté haut la main dans l’enthousiasme général.

Il faut dire qu’en transposant ses propres BD à l’écran, Marjane Satrapi (avec l’aide de Vincent Paronnaud et de toute une équipe de dessinateurs et animateurs) réussit vraiment à donner vie et pétulance à ses personnages et au sien en particulier, gamine impertinente qui se mêle de tout, puis irréductible adolescente qui ne perd en grandissant ni son esprit critique ni sa vitalité. On trouve dans cette histoire autobiographique la saveur inoubliable de ces formidables comédies italiennes qui nous régalaient de leur humour. Le noir et blanc et la simplicité du dessin ne sont pas un handicap, bien au contraire, il y a un cousinage revendiqué avec le meilleur de l’expressionnisme allemand qui rajoute un poil d’inquiétant mystère à la vivacité du récit. Le bruit courait que les autorités iraniennes n’étaient pas très ravies du film et de sa sélection, mais il faut dire que si la description de la société iranienne est sévère, la vision que Satrapi nous donne de son séjour en Autriche n’est pas non plus très glorieuse. Sévère, mais juste, en toutes circonstances.

En 1978, à Téhéran, Marjane, huit ans, songe à l’avenir et se rêve en prophète sauvant le monde. Choyée par des parents modernes et cultivés, particulièrement liée à une épatante grand-mère non-conformiste, elle suit avec exaltation les événements qui vont mener à la révolution et provoquer la chute du Chah. Avec l’instauration de la République islamique arrive le temps des « commissaires de la révolution » et les femmes se voient imposer le voile tandis que le moindre bout de cheveux qui dépasse, le moindre trémoussement de fesse provoqué par un pas un peu rapide, suscitent un rappel à l’ordre. Marjane se rêve alors en révolutionnaire et piaffe d’une rage impuissante dont ses parents redoutent qu’elle ne lui attire de sévères ennuis. La guerre contre l’Irak, les bombardements, les privations, la disparition de proches et la répression qui s’accentue de jour en jour finissent par les décider à envoyer la rebelle incapable de tenir sa langue à l’abri, en Europe.
À Vienne, Marjane vit, à quatorze ans, sa deuxième révolution et découvre la liberté, les vertiges de l’amour, mais aussi l’exil, la solitude et la difficulté d’être différent dans une société qui ne brille pas par sa tolérance…
Les albums de Marjane Satrapi « marchent » dans le monde entier, et le film est déjà vendu partout. C’est que son histoire si locale est néanmoins universelle dans ses aspects humains et peut toucher très fort la terre entière, tous âges confondus, car elle conte de l’intérieur l’histoire d’une famille, l’histoire d’un pays qui nous intrigue, nous fascine et ne cesse de compter dans notre propre histoire. Le film ne juge pas, ne condamne pas : il raconte ce que voit une gamine qui, nourrie de l’amour de ses proches, aborde sans crainte et avec un humour immense un monde qui n’a rien d’apaisé et atteint l’âge adulte sans que jamais ne s’étanche sa soif de comprendre et d’intervenir à tout propos.
« Si après avoir vu Persépolis, les spectateurs arrêtent de réduire l’Iran à des barbus, s’ils regardent les habitants de ce pays comme des êtres humains, exactement comme eux et non pas comme des notions abstraites (islamistes, terroristes…) alors oui, j’aurai le sentiment d’avoir réussi. »

par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
commentaires (0)    recommander
Jeudi 28 juin 2007
MIKEY AND NICKY
Écrit et réalisé par Elaine MAY, USA, 1976, 1h59mn, avec John Cassavetes, Peter Falk, Ned Beatty, Rose Arrick, Carol Grace, William Hickey, Stanford Meisner, Joyce Van Patten...

 



Une rareté : Mikey and Nicky a été très peu vu en France. Et une révélation pour tous les fans de Cassavetes, de Peter Falk, et du cinéma indépendant américain en général. Le film est très marqué par le « style Cassavetes », et dégage une captivante impression de liberté, d’énergie, de fièvre…

 

« La petite histoire de Mikey and Nicky est une véritable saga : tournage interminable dans les rues de Philadelphie, 300 000 mètres de pellicule pour parvenir à un drame brut de décoffrage, généré de manière spontanée (quand on indique “écrit par Elaine May”, il faut comprendre que les dialogues, les réactions, les rebondissements ont été très largement improvisés par l’équipe, acteurs en tête, pendant le tournage) ; 18 mois de montage ; May et Falk kidnappèrent même les rushes pour contourner les studios ; une sortie tronquée passée inaperçue en 1976… La version préférée d’Elaine May ne vit le jour qu’une décennie plus tard.
Le film lui-même est sans précédent, il capture avec une intensité inouïe le mouvement de la vie tout en tenant le fil d’un scénario serré. La fin, bouleversante, tient du tragique. Ici, pas de temps mort : chaque échange, chaque réaction vaut de l’or. Cassavetes, dans une performance tour à tour féroce et touchante, assez différente de ce qu’il a pu faire dans ses propres films, interprète Nicky. Falk, c’est Mikey, son copain de trente ans… Ned Beatty, dans un des ses meilleurs rôles, joue le tueur. Ne manquez pas les caméos des légendaires professeurs d’art dramatique Meisner et Hickey en parrains mafieux. »
(Les Cahiers du Cinéma, Novembre 2006)

Première séquence, tension déjà au maximum : Nicky tourne comme un fauve en cage dans sa chambre d’hôtel. Il est anxieux, son ulcère lui déchire le bide, il y a de quoi : il a arnaqué un ponte de la mafia locale, il vient d’apprendre que sa tête est mise à prix, que le caïd a lancé un contrat contre lui… Comme toujours dans les coups durs, ça fait trente ans que ça dure, il appelle à la rescousse son vieux pote Mikey, qui débarque illico. Il a du mal à repérer la chambre de Nicky, il n’a pas l’air très à l’aise, anxieux lui aussi.
Les retrouvailles entre les deux amis sont un peu coincées, manquent de chaleur, de spontanéité. Comme si chacun avait un truc à cacher à l’autre…
Nous allons les suivre tout au long de la nuit, dans leur équipée cahotique, leur fuite erratique, ponctuée de coups de gueule et de pauses attendries, émaillée de rencontres souvent pathétiques (scène hallucinante chez une petite amie occasionnelle de Nicky : terrible !). Le tueur est à leurs trousses mais il n’est pas le seul : les regrets, les occasions manquées, les petites lâchetés, la sensation de la trahison… Toutes ces sales pensées les poursuivent et leur pourrissent la nuit… Et dire que ce pourrait bien être la dernière…
 
par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
commentaires (0)    recommander
Mardi 26 juin 2007

Gaël MOREL, France, 2007, 1h34mn, avec Catherine Deneuve, Thomas Dumerchez, Guy Marchand, Elodie Bouchez, Luis Rego, Adrien Jolivet, Eli Meideros, Amina Medjoubi... Scénario de Gaël Morel et Christophe Honoré. Quinzaine des Réalisateurs, Festival de Cannes 2007.

 


Deux jeunes adultes font les andouilles comme deux gamins. Musique à fond, chahutages et rigolades. Condensé de vie dans des corps montés sur ressorts, souples comme des roseaux sauvages, insouciants comme on l’est à vingt ans. Ils préparent une virée entre potes, l’enterrement de vie de garçon d’un gars de leur bande.
Camille est la mère de l’un d’eux. Elle prête une robe pour le déguisement de circonstance, passe sa main sur une joue pour appliquer du rose, pose un peu de bleu sur les paupières fragiles et rit de tout son cœur à cette jeunesse pétillante qui lui fait cadeau de cet instant complice.
Puis l’accident de voiture. Con comme un platane planté sur le bord d’une nationale. Con comme un mauvais réflexe, con comme la mort. Coup de fil, le temps est suspendu, Camille au bord du gouffre. Puis le temps reprend son cours, comme si de rien n’était, d’ailleurs dehors, tout est normal: on vit, on rit, les chats miaulent et les gens heureux dorment, mais ici, dans les bras de Camille, le monde a basculé de l’autre côté, plus rien n’est et ne sera jamais comme avant.
Comment affronter, comment continuer à vivre, comment avancer et comment ne pas vouloir à son tour aussi mourir ? Comment accepter l’inacceptable ?

Avec ses armes fragiles, pleine de cet amour qui déborde de chaque parcelle de son être sans pouvoir être endigué par la présence de son enfant perdu, elle va essayer de ne pas sombrer. Se raccrocher aux petites choses du quotidien, ces riens du tout qui font une vie, qui n’ont pas grande saveur mais donnent un peu de contenance quand tout s’effrite, quand le goût de tout semble perdu à jamais. Reprendre le travail. Revenir en arrière sur cette nationale. Regarder le platane. Essayer de comprendre.
Dans ce deuil qui s’amorce à peine, Camille embarquera Franck avec elle. Franck, le meilleur ami de Mathieu. Franck qui conduisait la voiture.
Alors que personne dans son entourage ne comprend son attitude, Camille se rapproche du jeune homme. Lui qui écoute la même musique que celle qu’écoutait Mathieu, lui qui poursuit les mêmes études, lui qui est aussi malheureux qu’elle, lui qui est vivant.
Il ne s’agit là ni de pardon, ni de culpabilité, ni de vengeance, Camille a balayé tout cela d’un revers de main. Auprès de Franck, Camille est encore un peu avec Mathieu. Et même si sa démarche est maladroite, ambiguë, troublante pour tous et gênante pour le garçon qui ne sait trop que faire de cette affection soudaine, c’est sa manière à elle de s’inventer une bouée pour ne pas couler. Sa façon d’accompagner encore un peu sur le chemin imaginaire de sa tendresse, son fils, avant de lui lâcher définitivement la main.

Pas facile, vous l’imaginez, d’encaisser un film pareil. Mais la grâce et l’intelligence d’Après lui vous emportent au-delà de la dureté de son sujet. On pleure, parce que la douleur de Camille devient aussi la nôtre, mais le film n’est jamais larmoyant, ou impudique, il y a toujours cette retenue dans le ton, comme une frontière invisible qui force l’admiration, rien de superflu , rien de gratuit.
C’est un film littéralement habité par Catherine Deneuve, qui trouve ici l’un de ses plus beaux rôles, incarné avec la précision, la justesse, la subtilité et la passion des grands. Elle est de tous les plans ou presque, sans masque de papier glacé, pas glamour pour un sou et furieusement belle, authentique. On a le sentiment que c’est un rôle qu’elle attendait depuis longtemps et qu’elle a nourri précieusement et tendrement.

par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
commentaires (0)    recommander
Mardi 19 juin 2007
LE BONHEUR D'EMMA
(EMMAS GLÜCK) Sven TADDICKEN, Allemagne, 2006, 1h40mn, avec Jördis Triebel, Jürgen Vogel, Hinnerk Schönemann, Martin Feifel, Karin Neuhäuser... Scénario de Ruth Toma et Claudia Schreiber, d’après son livre Les Amis d’Emmma (Actes Sud). Prix d’interprétation féminine et Grand Prix au Festival de Valenciennes 2007, Prix du public à Séville, Paris, Mons, Hampton.

 


Emma vit seule. Enfin, pas vraiment. Dans le paradis terrestre qui lui sert de territoire, elle vit au milieu d’adorables petits cochons roses qui ne jurent que par elle et qu’elle n’a pas la moindre intention de quitter malgré le harcèlement des huissiers qui lui réclament les échéances de sa ferme et voudraient bien la bouter hors de ces murs, de ces prés, de ces arbres qui respirent à son rythme.
Emma, c’est le soleil, la lune et les étoiles, un rayonnement permanent, une chair de lait et un amour de la vie qu’elle communique à tous ceux qu’elle approche. C’est l’antidote à Notre pain quotidien, à tous ces films alarmistes sur le consternant devenir de la planète : Emma c’est la réconciliation avec la nature, avec l’amour, avec la vie et tout ce qui va avec y compris la mort… La mort, justement ! non je ne vais pas vous dire car s’il est aussi question de mort ici, elle a un sens tout autre parce qu’elle se confond avec la vie, avec l’amour, inscrite inéluctablement dans notre histoire, une affaire à vivre le mieux possible et jusqu’à la dernière goutte. Une autre mort est possible… en quelque sorte, mais chut !
Emma a ce don formidable d’être en symbiose parfaite avec la nature profonde des choses, ce qui lui permet d’admettre avec la même simplicité ce qui fait le dur et ce qui fait le tendre de la vie, prête à en jouir jusqu’au dernier instant : « vivre toute sa vie, aimer tout son amour, mourir toute sa mort » disait Sainte Thérèse d’Avila, la sainte la plus sensuelle de tout le calendrier. Emma, est une forme de réplique délicieusement païenne à la parole de la sainte. Quand Max le solitaire, à quelques encablures de là, au cœur du stress d’une ville bourrée de gens accrochés à d’illusoires valeurs, apprenant la maladie terrible qui lui ronge le ventre, pète les plombs, fauche la jaguar de son meilleur copain, lui pique tous ses sous, réserve un billet d’avion pour Mexico, fonce sur la route pour échapper à son destin, à sa vie de con, à l’abruti qui le poursuit, finit par perdre le contrôle du bolide qui part dans un invraisemblable vol plané et atterrit… dans la cour de la ferme d’Emma… la belle va prendre ce cadeau tombé du ciel comme elle prend tout le reste, le meilleur et le pire emmêlés, amorçant ainsi la plus formidable, la plus heureuse, la plus jouissive, la plus tragique, décapante, poétique… des histoires d’amour que le cinéma nous ait conté.                                                                               Utopia.org

par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
commentaires (0)    recommander
Samedi 16 juin 2007
ET TOI, T'ES SUR QUI ?
Écrit et réalisé par Lola DOILLON, France, 2007, 1h30mn, avec Lucie Desclozeaux, Christa Théret, Gaël Tavares, Nicolas Schweri, Shomron Haddad...

 


Un grand vent d'air frais souffle sur l'écran : des visages nouveaux, jeunots, des mômes inconnus qui ont l'âge de leurs rôles, une quinzaine d'années (à peu près l'âge de Juliette et Roméo dans la pièce de Shakespeare). Ça fait penser à la sensation qu'on a pu éprouver en voyant L'Esquive il y a quatre ans, même si les deux films sont très différents : une authenticité, une absence d'artifice qui font qu'on y croit immédiatement, qu'on est sans réserve aux côtés des ados à l'écran. On croit à leur dégaine, à leurs attitudes, à leur langage, à leurs modes de communication, à leurs préoccupations. On n'adhère pas forcément, on ne comprend pas tout le temps, on reste même parfois comme deux ronds de flanc devant leurs réactions et leur cheminement, mais on y croit. On sait, on sent que c'est juste. Lola Doillon, fille de, une fois actrice chez son père mais il y a prescription (c'était dans La Femme qui pleure, en 1978, elle devait bien avoir 3 ans !), réalisatrice de plusieurs courts métrages, n'a pas raté son passage au long.

Elles s'appellent Elodie et Julie, elles ont donc 15 ans et décident, une semaine avant la fin de l'année scolaire, que leur virginité a assez duré. Il faut impérativement qu'elles couchent avec un garçon avant les vacances. Et si possible pas avec un naze.
Elodie, timide, réservée, a du mal à se laisser aller, à faire confiance à ses sentiments et à ses capacités. Elle flashe sur un garçon plus vieux, qui promène sa longue silhouette savamment dégingandée sans jamais lui accorder un regard. Alors, ne serait-ce qu'imaginer lui adresser la parole relève de l'impossible exploit...
Julie, elle, est la « gothique » de la classe. En noir des pieds à la tête, les yeux charbonneux. Surnommée « Batman » par ceux et celles qui la snobent. Mais pas dépressive pour un sou. Pleine de vie au contraire, et plus hardie que sa copine. Mais elle ne sait pas trop sur qui jeter son dévolu.
Autour d'elles, Vincent, grand Noir au regard doux et à l'intelligence vive. Il est officiellement le meilleur ami d'Elodie, ce qui exclut toute relation amoureuse avec icelle. Mais le coeur a ses raisons que bla bla bla... Et puis Nicolas, qui pourrait faire figure du naze évoqué plus haut. Frimeur, tchatcheur, vantard : à l'entendre, il a forniqué (un mot évidemment inconnu de tous les ados du film et du monde réel) avec plein de filles, mais personne ne se souvient en avoir entendu une seule le confirmer... Que de la gueule donc, mais attachant... Quant à Alex, monté sur ressorts, toujours souriant, il ne pense qu'à ses jeux vidéo, en tout cas il ne parle que de ça. Ce qui ne l'empêche pas de prendre part aux interrogations sentimentalo-sexuelles de ses potes...
Ce quintet et tous ceux qu'ils côtoient forment un petit monde mouvant, émouvant, parcouru de séismes plus ou moins hauts sur l'échelle de Richter des sentiments. Un petit monde qui papote énormément, qui s'envoie des foultitudes de SMS, de courriels, de signaux divers qui n'évitent pas toujours les malentendus ni les brouilles, rarement définitives mais douloureuses quand même.
Elodie et Julie coucheront-elles ? Oui, ce n'est pas trahir le suspense que de vous le dire. Avec qui ? Ça c'est une autre paire de manches... Mais au-delà de ces histoires de cul, pour parler aussi cru que le film, s'en tissent beaucoup d'autres, révélatrices des réalités, des espoirs, des angoisses de la planète ado, plus intéressante peut-être à explorer que Mars ou Saturne. Surtout si on se passionne encore pour la jeunesse de notre vieille France...

par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
commentaires (0)    recommander
cree un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus