Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Catégories

Samedi 11 août 2007
Mister Lonely, de Harmony Korine
avec Diego Luna, Samantha Morton, Denis Lavant
Un sosie de Michael Jackson vivant seul à Paris fait la rencontre du clône de la belle Marilyn Monroe. Celle-ci lui propose de l'accompagner dans un petite village d'Ecosse où se tient un gala de sosies. Michael accepte et fait ainsi la rencontre du petit chaperon rouge, de Charlin Chaplin, d'Abraham Lincoln mais aussi de la Reine d'Angleterre, de Madonna et de bien d'autres...

 
Cinéaste atypique s’il en est, Harmony Korine livre son troisième film, presque dix ans après des débuts fracassants (« Gummo », « Julian Donkey Boy »). « Mister Lonely » est clairement le film le plus sage de son réalisateur. Il n’en demeure pas moins excentrique. Harmony Korine s’intéresse ici à une communauté de sosies. Ainsi, ‘Marylin Monroe’ (Samantha Morton) arrive à convaincre ‘Michael Jackson’ (Diego Luna) de rejoindre ce groupe ou l’on retrouve pêle-mêle les sosies de Abraham Lincoln ou du Pape. ‘Marylin’ est aussi l’épouse d’un ‘Chaplin’ (Denis Lavant), et la mère d’une ‘Shirley Temple’... A découvrir!
par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
commentaires (0)    recommander
Samedi 11 août 2007
Paranoid Park, de Gus Van Sant
avec Gabriel Nevins, Jake Miller, Daniel Liu, Taylor Momsen, Lauren McKinney
Alex, jeune skateur, est en proie à la culpabilité et le doute. Récemment, il est allé faire du skate à Paranoid Park, le skatepark le plus malfamé de Portland. Après avoir sympathisé avec d'autres jeunes, il se retrouve dans une gare et en montant clandestinement dans un train, tue accidentellement un agent de sécurité. Il préfère garder le silence et continuer à vivre sa vie, entre le skate et sa petite amie, tandis que le souvenir commence à le hanter et refait bientôt surface.



Un condensé thématique des dernières oeuvres de Gus Van Sant
Après Elephant, Gerry et Last Days, Gus Van Sant s'inspire une nouvelle fois d'un fait divers, pour mieux se l'approprier et le transcender. Oeuvre marquée par l'absurde, la violence et la culpabilité, Paranoid Park ne cache pas sa parenté avec les précédents films du cinéaste.
Á l'instar de Blake, le rocker grunge désabusé de Last Days, Alex apparaît comme un personnage désincarné, témoin plus qu'acteur de sa propre existence. Le protagoniste de Paranoid Park partage par ailleurs avec celui de Last Days un besoin viscéral de solitude. Là où l'idole lasse trouvait refuge dans la musique, Alex se replie dans l'écriture expiatoire. L'art comme échappatoire à une réalité inacceptable tend à rapprocher ces personnages. Plus ténue, la parenté avec Gerry se révèle toutefois à travers une thématique commune. Culpabilité et prise de conscience de l'absurdité de l'existence hantent en effet les deux films. Alors que les protagonistes de Gerry évoluent dans le désert et se retrouvent toujours au même endroit, Alex prend conscience de la vacuité de son existence après avoir commis l'irréparable -- la structure en flashback de Paranoid Park ramène toujours au moment fatidique, qui empêche le jeune homme d'avancer. En un sens, lui aussi ne cesse de tourner en rond. Le lien avec Elephant est plus évident, les deux films s'attachant à dépeindre les comportements adolescents modernes. Chez Gus Van Sant, les actions commises par la jeunesse renvoient à la société une image peu flatteuse de la violence et de l'absurdité qui la gangrènent. Qu'ils soient en quête de sens ou en quête de soi, les adolescents en manque de repère sont livrés à eux-mêmes, et finissent par croire que brûler une lettre suffit à expier les pires péchés. Confrontée à une société démissionnaire, la jeunesse se retrouve seule face à sa conscience.

Gabriel Nevins. MK2 Diffusion

Le point d'orgue d'une carrière
Non content de réunir au sein de Paranoid Park l'ensemble des thèmes qu'il a exploités dans ses films les plus récents, Gus Van Sant émaille son dernier opus de nombreuses signatures formelles. Adoptant le point de vue d'Alex sur les événements, Paranoid Park se laisse happer par son protagoniste, de la même manière que Last Days s'évertuait à ne pas quitter Blake. Lorsque le metteur en scène suit Alex qui déambule en solitaire au milieu de nulle part, la parenté avec Blake, longuement filmé de dos en caméra portée en train de traverser la forêt dans Last Days, est à son apogée. La fragmentation du récit est quant à elle empruntée à Elephant. Mais là où la Palme d'Or 2003 noyait son propos sous une multitude de points de vue, Paranoid Park resserre son intrigue autour d'un personnage et y gagne en fluidité, tout en permettant à l'audience de ressentir un minimum d'empathie envers son protagoniste. Conceptuellement très proche d'Elephant, Paranoid Park met en scène de jeunes acteurs amateurs au service de la reconstition minimaliste mais virtuose d'un fait divers choquant. Á la différence qu'ici, la bande son et la photographie emmènent le film vers un territoire d'irréalité, comme si la scène (très gore) durant laquelle l'agent est coupé en deux par un train n'avait existé que dans les cauchemars du protagoniste. Magnifiquement terrifiant, Paranoid Park est sans conteste le film inspiré d'un fait divers le plus riche, le plus esthétiquement réussi et le plus poétique de Gus Van Sant.

Sortie le 24 octobre 2007 - Dans votre salle prochainement

par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
commentaires (0)    recommander
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus