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Vendredi 14 septembre 2007
MON FRÈRE EST FILS UNIQUE

(MIO FRATELLO È FIGLIO UNICO) Daniele LUCCHETTI, Italie, 2007, 1h45mn, avec Elio Germano, Riccardo Scamarcio, Angelo Finocchiaro, Luca Zingaretti, Anna Bonaiuto, Massimo Popolizio... Scénario de Sandro Petraglia, Stefano Rulli et Daniele Luchetti, d’après le roman d’Antonio Pennacchi, Il Fasciocomunista.

 



Merveille des merveilles ! Daniele Lucchetti, que nous avions tant aimé (Domani domani, Le Porteur de serviette avec Nanni Moretti acteur…), nous revient, bonne surprise, avec un film bondissant, vif, humaniste, volubile, adaptation d’un bouquin dont on vous recommande vivement la lecture, en VO de préférence. Un heureux signe de vitalité de nos bien aimés cousins transalpins !

Dans le bouillonnement de la société italienne des années 60/70, au cœur des quartiers ouvriers à l’architecture mussolinienne, un insupportable ado fait le désespoir de sa môman : pour tout dire, on l’a surnommé La Teigne pour toutes les bonnes raisons qu’on devine. Autant son grand frère est beau, aimé, admiré pour son attitude mature et sage, autant le cadet ne cesse d’inventer des horreurs pour attirer l’attention sur sa personne qui n’a décidément pas le même charisme. Dans cette famille nombreuse, catholique et modeste, tandis que les aînés militent pour la cause ouvrière, Accio, après s’être distingué en voulant se faire curé, se prétend tout soudain une frénétique attirance pour le Duce et ses idées, peut-être plus pour emmerder sa communiste de sœur et provoquer ce frère aimé trop politiquement à point, que par conviction profonde, mais le fait est que ça barde dur dans les conversations dominicales.
Comment, en effet, quand on est le vilain petit canard de la couvée, quand on est frustré et malheureux de voir tout ce monde qu’on aime regarder obstinément ailleurs, préoccupé de mille choses bien plus urgentes que de vous dorloter, comment montrer qu’on existe, attirer l’attention sur soi, si ce n’est en s’agitant dans des provocations permanentes ? Alors Accio ne laisse personne en paix : il asticote tout un chacun, est de toutes les bagarres, polémique à tout propos, prend sa carte du MSI (mouvement fasciste) et peine à se faire une place derrière ce frère trop brillant qu’il aime plus qu’il ne jalouse. Car ici, on est surtout dans l’affectif, l’émotif et l’argument politique est conséquence d’une perception sensible, réactive de la réalité. Rien que de très humain.
Avec eux, grâce à eux, on traverse dix années de l’histoire italienne, une histoire pleine d’espoirs et de déconvenues, où aucun d’eux ne sera là où l’on croyait pouvoir l’attendre. Entre « guerre froide » et « années de plomb », ainsi va la vie et celle des deux frères ne déroge pas à la non-règle : de rebondissements en surprises diverses ,le petit garçon teigneux finira par être aussi grand que son frère. Mais, de tout temps, aussi loin qu’Accio s’en souvienne, ils auront toujours eu un point fort en commun, Manrico et lui : Francesca, une brune délurée, amoureuse de l’aîné mais qui, depuis toujours, fait fantasmer le cadet tandis qu’il avance masqué derrière ses perpétuelles taquineries d’amoureux improbable.

Lucchetti, dont le talent s’est sans doute enrichi par ses années de collaboration avec Nanni Moretti, nous trousse une chronique familiale, affective, amoureuse, sociale à l’écart de tout cliché, avec ce qu’il faut de romanesque, de vérité et de justesse pour qu’on se retrouve sous le charme, prêts à en redemander encore. La bande son, qui n’en fait pas trop, nous rejoue ce qu’il faut de canzonette de l’époque et ponctue un savoir faire indéniable qui aurait bien mérité de faire figurer le film dans la compétition officielle de Cannes 2007… Choisi par l’équipe d’Un certain Regard, il renoue avec le meilleur du cinéma italien quand il parlait politique sans pour autant cesser de divertir et de plaire.

par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Mercredi 5 septembre 2007

Les Amours d'Astrée et de Céladon
de Éric Rohmer
Les Amours d'Astrée et de Céladon, film franco-italo-espagnol réalisé par Éric Rohmer,
sorti le 5 septembre 2007,
en compétition officielle au Festival de Venise 2007 





Dans une forêt merveilleurse, le berger Céladon et la bergère Astrée s'aiment d'amour pur. Trompée par un prétendant, Astrée congédie Céladon qui, de désespoir, se jette dans une rivière. Elle le croit mort, mais il est secrètement sauvé par des nymphes.

Les Amours d'Astrée et de Céladon est une adaptation de L'Astrée, roman pastoral d'Honoré d'Urfé, un récit-fleuve de 5000 pages, dont la première partie fut publiée en 1607.

Quarante histoires et des centaines de personnages (bergers, bergères, druides du Ve siècle) sont contenus dans cette oeuvre-clé de l'Histoire de la Littérature française.
 
 
par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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Lundi 3 septembre 2007


C'est la rentrée pour tout le monde… Les stars hollywoodiennes auront un planning chargé entre Deauville et Venise, surtout que quelques films seront présentés dans les deux festivals. Entre le 29 août et le 9 septembre, les flashes ne sauront plus dans quelle direction crépiter.


Le plus ancien des grands festivals de cinéma fête son 75e anniversaire en se tournant résolument vers Hollywood, de quoi faire une sérieuse concurrence au festival de Deauville (modestement à sa 33e édition) dont c'est l'apanage. D'ailleurs, certains films très attendus sont en compétition à Venise alors qu'ils constituent le gros du hors compétition du festival normand.


Glamour toujours

Pour qu'un festival reçoive ses lettres de noblesse, attire les cinéphiles et fasse parler de lui, c'est bien connu, il lui faut de la star, du strass et des paillettes. Et avec la rivalité qu’offre le dernier-né, le Festival de Rome, la Mostra en a bien besoin. Du coup, les Brad Pitt, George Clooney et autres Jude Law sortent leurs smokings et viennent se montrer sur les gondoles vénitiennes et les planches de Deauville. 'Michael Clayton', sorte d''Erin Brokovich' au masculin, le western très attendu 'L'Assassinat de Jesse James' ou encore le dernier volet des aventures de Jason Bourne 'La Vengeance dans la peau' marqueront les temps forts de ces deux festivals.

Deauville rend de son côté hommage aux stars hollywoodiennes que sont Michael Douglas (dont 'King of California' fera l'ouverture) et Sigourney Weaver avec des rétrospectives, et crée l'événement, en collaboration avec la Cinémathèque française, avec un hommage au très prolifique Sidney Lumet et surtout une avant-première mondiale de sa dernière réalisation, '7h58 ce samedi-là'. Puisqu'il est question d'hommage, ce sont Tim Burton et Bernardo Bertolucci qui se verront remettre à Venise des Lions d'or pour l'ensemble de leurs carrières respectives.


A qui les prix ?

Pour ce qui est de la compétition, c'est plutôt vers Venise que les regards seront tournés pour savoir à qui reviendra le prestigieux Lion d'or, remis l'année dernière au chinois 'Still Life'. Ang Lee fait son retour au festival qui a le premier primé 'Brokeback Mountain' avec ‘Lust, Caution' tandis que Ken Loach, déjà auréolé de la Palme d'or 2006, déserte Cannes pour Venise et vient présenter 'It's a Free World' dans lequel il dénonce une fois de plus les dérives sociales du capitalisme en s'attaquant cette fois-ci au travail intérimaire et le recours aux travailleurs immigrés clandestins. Une compétition très anglo-saxonne puisque Brian de Palma ('Redacted'), Wes Anderson ('The Darjeeling Limited'), Kenneth Brannagh ('Sleuth') et Paul Haggis ('In the Valley of Elah') seront également de la fête. 'I'm not there', le biopic de Bob Dylan, avec dans le rôle du songwriter Heath Ledger, Richard Gere, mais aussi Cate Blanchett ou encore Charlotte Gainsbourg, est certainement le film le plus attendu sur les rives des canaux vénitiens.

A Deauville, la compétition peut s'enorgueillir de compter parmi les inscrits 'Broken English', de Zoe Cassavettes, qui met en scène sa mère Gena Rowlands. Les surprises peuvent quant à elles venir de 'Factory Girl' - qui donne à Hayden Christensen son premier rôle depuis celui d'Anakin Skywalker, alias Dark Vador -, de 'Live !' avec Eva Mendes, du très intriguant 'Teeth' ou encore de 'The Dead Girl', avec – entre autres – Toni Collette et Josh Brolin (vu à Cannes chez les frères Coen et dans le récent 'Planète Terreur').


Et parce qu'un festival ne se réduit pas à sa compétition…

Outre les films également présentés à Venise, Deauville sort l'artillerie lourde pour le hors compétition avec 'Shoot'em up', réjouissant film d'action glamour non dénué d'humour avec Clive Owen, Monica Bellucci, et Paul Giamatti, '1408' (John Cusack et Samuel L. Jackson au casting), 'Gone, Baby Gone', première réalisation de Ben Affleck, ou encore les prochains blockbusters d'animation 'Bienvenue chez les Robinson' et 'Les Rois de glisse'.

Venise sera enfin l'occasion de revoir naître l'idylle qu'entretient Woody Allen avec la ville qui était le théâtre de 'Tout le monde dit I love you'. Il y présentera son rituel film de fin d'année, surfant sur le succès de 'Match Point' avec une autre histoire de meurtre, tourné en Angleterre et qui met en scène pour la première fois devant la caméra du petit bonhomme à lunettes Ewan McGregor et Colin Farrell.

Deauville ou Venise, la place de capitale du cinéma n'est donc pas définie pour la quinzaine à venir… Entre glamour et cinéphilie, les deux festivals ont eux choisi de ne pas choisir, pour le plus grand plaisir des amateurs.
Marion Haudebourg
par MAX HEADROOM publié dans : cinetampes
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