GAËL MEVEL: Piano & bandonéon
Le portier du grand hôtel " Atlantic " est très fier de ses prérogatives : il occupe une fonction prestigieuse, que son costume désigne aux yeux de tous. Dans son quartier, il est respecté et envié. Or, un matin, en arrivant à son travail, il constate qu'il a été remplacé. Le directeur de l'hôtel lui explique, sans ménagement, que cette mesure est due à son grand âge. On lui arrache sa somptueuse livrée et on le relègue au gardiennage des lavabos. C'est la pire des humiliations. Le soir venu, l'ex-portier vient en catimini récupérer sa livrée, afin de donner le change à son entourage. Mais une commère a été témoin de sa déchéance. Elle la révèle à tout le quartier, qui tourne en ridicule le pauvre homme. A bout de forces, il vient se terrer dans ses lavabos, où un veilleur de nuit le découvre, prostré... L'histoire aurait dù s'arrêter là. " Mais l'auteur a eu pitié de son héros et inventé un épilogue à peine croyable " (comme le précise textuellement un carton intercalaire). Un milliardaire américain excentrique succombe à une crise cardiaque dans les lavabos de l'hôtel. Il a eu le temps de léguer son immense fortune à l'homme qui l'a assisté dans ses derniers moments. Le portier retrouve ainsi sa gloire perdue; en compagnie du veilleur de nuit, il fête son triomphe en faisant bombance devant le personnel de l'hôtel rassemblé, qui le salue respectueusement.
"Nous sommes en 1924 en plein coeur de l'âge d'or du cinéma, à Berlin... dans un film de Murnau, génie du muet. Autant dire que Le Dernier des Hommes se révèle d'une virtuosité folle. Murnau, l'homme à la blouse blanche, réussit à marier expressionnisme et réalisme






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