Je l'ai enfin vu, et c'est du
GRAND Desplechin... du cinéma décomplexé!
Les CITRONNIERS, grand moment de cinéma aussi, dans un tout autre registre! (voir l'article du 18 Avril , ici même)
Je vais diffuser les deux opus en juillet, et c'est déjà demain!
En veine de boutade, Arnaud Desplechin a dit un jour qu'il avait tourné La Vie des morts pour dire du mal de sa famille, La
Sentinelle pour dire du mal de son pays, Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle) pour dire du mal de ses anciennes petites amies. Dans Un conte de Noël
(sortie en salles mercredi 21 mai), le cinéaste dit du mal de lui-même.
Expert en ruptures de ton, apartés romanesques, mises à nu des affects et manifestations décomplexées de tout ce qui, en société, reste du domaine de l'interdit, Arnaud Desplechin orchestre une
sarabande où chacun livre son ressentiment, arbore sa plaie.
Le film oscille sans cesse entre la réplique vacharde, la joute oratoire, la vérité qui blesse et le corps meurtri et les bleus à l’âme…
Il n'y a pas un conte de Noël, mais plusieurs, chacun ayant sa façon de raconter son histoire. Desplechin le malin dissout son expérience personnelle dans un bain de fiction acide, mixant
indices de vérité et références mythologiques, repères autobiographiques et clins d'œil littéraires ou cinématographiques.
Le 25 décembre convoque un défilé de fantômes. Le prétendu monstre qui hurle dans la cave est le clone du fils défunt. Madeleine, dont Henri est veuf, renvoie au Vertigo d'Hitchcock.
Le nom du neveu (Dedalus) et le désamour mère-fils évoquent Ulysse, de Joyce. Un loup freudien apparaît, ainsi qu'un extrait du Songe d'une nuit d'été de William
Dieterle (1935). Shakespeare et Bergman rôdent.
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