Comédie sociale

Publié le par MAX HEADROOM

JE CROIS QUE JE L’AIME

Pierre JOLIVET, France, 2006, 1h30mn, avec Vincent Lindon, Sandrine Bonnaire, François Berléand, Liane Foly, Kad Merad, Guilaine Londez, Albert Dray… Scénario de Pierre Jolivet et Simon Michael...





À la tête de sa petite entreprise qui, avec sept cents salariés, est devenue grande, Lucas vit dans une opulence un brin outrancière, dans un appartement high-tech absurdement informatisé du sol au plafond, mais vide de présence humaine. On devine qu’il ne sait plus trop quoi faire de son fric, et s’il perd tous les matins quelques secondes pour choisir laquelle de ses innombrables montres il va mettre au poignet, il jongle avec un emploi du temps millimétré qui, entre déjeuners d’affaires internationaux et réunions au sommet, ne lui laisse guère de répit, tout juste le loisir de communiquer parfois par vidéophone avec son fils et son ex-femme qui vivent outre-Atlantique.
Tout dans sa vie est maîtrisé dans les moindres détails, aussi quand la céramiste qu’il a engagée pour créer une fresque dans le hall de son entreprise s’avise de modifier le projet sans l’en avertir, il est interloqué, mais plus encore quand elle refuse d’obtempérer. Subjugué par le naturel et l’indépendance de la jeune femme, il va tout mettre en œuvre pour la séduire…
Habitué à tout contrôler dans sa vie professionnelle, Lucas est beaucoup plus vulnérable dans la sphère sentimentale où tout n’est que mystère et aléas. Sa dernière expérience amoureuse s’est soldée par une dépression carabinée, avec des conséquences néfastes pour la santé de son petit business, au grand dam des employés par ailleurs petits actionnaires…
Il faut dire que sa dulcinée s’était révélé être une taupe implantée chez lui par une société concurrente ! Rendu méfiant, pour ne pas dire parano, par cette tragique expérience, Lucas aimerait cette fois ne rien laisser au hasard. Il décide donc d’utiliser pour sa vie privée les méthodes qui ont cours dans l’impitoyable et ultra-compétitif monde des affaires. Roland, son espion-maison, un ex des services secrets qui se vante avec suavité d’avoir bossé pour Mitterrand, va donc être chargé d’enquêter sur la jeune femme. En grand professionnel, Roland s’exécute avec un zèle certain, ce qui ne va pas manquer de compliquer la naissance de l’idylle…

Après Fred et Ma petite entreprise, Pierre Jolivet, un des cinéastes français que l’on suit avec le plus d’intérêt, reforme pour notre plus grand plaisir le duo gagnant Vincent Lindon-François Berléand, dans une comédie certes moins sociale et engagée que ses devancières, mais tout aussi attentive à l’humain, avec de multiples seconds rôles savoureux. Le ton léger de son film n’empêche pas Jolivet de traiter avec profondeur la thématique de la trouille d’aimer et de s’engager, avec l’idée sous-jacente que l’amour exclusif des affaires et de l’argent dissimulerait en fait la peur de tout le reste.
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Publié dans cinetampes

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