Ados

Publié le par MAX HEADROOM

ET TOI, T'ES SUR QUI ?
Écrit et réalisé par Lola DOILLON, France, 2007, 1h30mn, avec Lucie Desclozeaux, Christa Théret, Gaël Tavares, Nicolas Schweri, Shomron Haddad...

 


Un grand vent d'air frais souffle sur l'écran : des visages nouveaux, jeunots, des mômes inconnus qui ont l'âge de leurs rôles, une quinzaine d'années (à peu près l'âge de Juliette et Roméo dans la pièce de Shakespeare). Ça fait penser à la sensation qu'on a pu éprouver en voyant L'Esquive il y a quatre ans, même si les deux films sont très différents : une authenticité, une absence d'artifice qui font qu'on y croit immédiatement, qu'on est sans réserve aux côtés des ados à l'écran. On croit à leur dégaine, à leurs attitudes, à leur langage, à leurs modes de communication, à leurs préoccupations. On n'adhère pas forcément, on ne comprend pas tout le temps, on reste même parfois comme deux ronds de flanc devant leurs réactions et leur cheminement, mais on y croit. On sait, on sent que c'est juste. Lola Doillon, fille de, une fois actrice chez son père mais il y a prescription (c'était dans La Femme qui pleure, en 1978, elle devait bien avoir 3 ans !), réalisatrice de plusieurs courts métrages, n'a pas raté son passage au long.

Elles s'appellent Elodie et Julie, elles ont donc 15 ans et décident, une semaine avant la fin de l'année scolaire, que leur virginité a assez duré. Il faut impérativement qu'elles couchent avec un garçon avant les vacances. Et si possible pas avec un naze.
Elodie, timide, réservée, a du mal à se laisser aller, à faire confiance à ses sentiments et à ses capacités. Elle flashe sur un garçon plus vieux, qui promène sa longue silhouette savamment dégingandée sans jamais lui accorder un regard. Alors, ne serait-ce qu'imaginer lui adresser la parole relève de l'impossible exploit...
Julie, elle, est la « gothique » de la classe. En noir des pieds à la tête, les yeux charbonneux. Surnommée « Batman » par ceux et celles qui la snobent. Mais pas dépressive pour un sou. Pleine de vie au contraire, et plus hardie que sa copine. Mais elle ne sait pas trop sur qui jeter son dévolu.
Autour d'elles, Vincent, grand Noir au regard doux et à l'intelligence vive. Il est officiellement le meilleur ami d'Elodie, ce qui exclut toute relation amoureuse avec icelle. Mais le coeur a ses raisons que bla bla bla... Et puis Nicolas, qui pourrait faire figure du naze évoqué plus haut. Frimeur, tchatcheur, vantard : à l'entendre, il a forniqué (un mot évidemment inconnu de tous les ados du film et du monde réel) avec plein de filles, mais personne ne se souvient en avoir entendu une seule le confirmer... Que de la gueule donc, mais attachant... Quant à Alex, monté sur ressorts, toujours souriant, il ne pense qu'à ses jeux vidéo, en tout cas il ne parle que de ça. Ce qui ne l'empêche pas de prendre part aux interrogations sentimentalo-sexuelles de ses potes...
Ce quintet et tous ceux qu'ils côtoient forment un petit monde mouvant, émouvant, parcouru de séismes plus ou moins hauts sur l'échelle de Richter des sentiments. Un petit monde qui papote énormément, qui s'envoie des foultitudes de SMS, de courriels, de signaux divers qui n'évitent pas toujours les malentendus ni les brouilles, rarement définitives mais douloureuses quand même.
Elodie et Julie coucheront-elles ? Oui, ce n'est pas trahir le suspense que de vous le dire. Avec qui ? Ça c'est une autre paire de manches... Mais au-delà de ces histoires de cul, pour parler aussi cru que le film, s'en tissent beaucoup d'autres, révélatrices des réalités, des espoirs, des angoisses de la planète ado, plus intéressante peut-être à explorer que Mars ou Saturne. Surtout si on se passionne encore pour la jeunesse de notre vieille France...

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Publié dans cinetampes

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