Palme d'or Festival de Cannes 2007

Publié le par MAX HEADROOM

4 MOIS, 3 SEMAINES, 2 JOURS
de Cristian MUNGIU
avec Anamaria MARINCA - Laura VASILIU - Vlad IVANOV
Bac Films

1987, Roumanie, quelques années avant la chute du communisme. Ottila et Gabita partagent une chambre dans la cité universitaire d'une petite ville. Gabita est enceinte et l'avortement est un crime. Les deux jeunes femmes font donc appel à un certain M. Bébé pour résoudre le problème. Mais elles n'étaient pas préparées à une telle épreuve.

4 mois, 3 semaines, 2 jours - Laura Vasiliu


4 MOIS, 3 SEMAINES, 2 JOURS est avant tout une histoire de choix personnels. C’est aussi une histoire sur les conséquences subtiles et souvent invisibles de l’endoctrinement. Elle parle d’amitié, de responsabilité et d’amour. Mais c’est principalement une histoire sur l’avortement, à une époque où cela était considéré comme un acte de liberté et de protestation contre le régime communiste qui interdisait l’avortement afin d’augmenter la main d’oeuvre disciplinée.
Je m’en souviens très clairement, j’avais vingt ans : l’avortement n’était pas un problème moral - le plus gros souci était que l’on pouvait se faire prendre. Il arrivait souvent que les femmes meurent au cours de l’opération mais nous y pensions le moins possible.
 
4 mois, 3 semaines, 2 jours - Laura Vasiliu et Anamaria Marinca
 
L’histoire est née d’une expérience tellement personnelle qu’on ne la partage généralement pas avec les autres. Quelque chose d’inattendu s’est passé lorsque je l’ai racontée à certaines personnes : après l’avoir entendue, il s’est avéré qu’ils avaient tous vécu une expérience similaire. Je fus quelque peu surpris de découvrir à quel point ces histoires étaient variées, dissimulées, parfois horribles. Je ne les ai pas utilisées dans le film, je m’en suis tenu à celle que je connaissais le mieux, mais elles m’ont aidé à comprendre l’étendue du phénomène.
4 mois, 3 semaines, 2 jours - Vlad Ivanov, Anamaria Marinca et Laura Vasiliu
 
J’ai écrit la première version en juillet dernier. Elle était plus longue que la version finale. Elle incluait notamment la visite du père de Gabita, la seule scène qui fut tournée puis coupée au montage. J’ai décidé de sacrifier une scène importante - avec de nombreux sous-entendus sur l’influence de l’éducation parentale sur le chemin que les personnages choisissent - en faveur d’une certaine cohérence narrative. Ainsi, Otilia s’impose d’elle - même comme le personnage principal. J’ai poursuivi la réécriture pendant le tournage, en particulier les dialogues. Je réécris toujours une scène une fois que je connais le lieu de tournage et je lis les dialogues avec les acteurs. J’essaie sans cesse d’insuffler de la substance au film, comme pour les scènes avec M. Bébé puis, dans la dernière partie, je laisse libre cours au thriller.
4 mois, 3 semaines, 2 jours - Laura Vasiliu et Anamaria Marinca

le contexte historique
En 1966, une loi interdisant l’avortement est instaurée en Roumanie. L’effet fut immédiat : dès 1970, il y avait quatre nouvelles générations d’enfants, des générations plus nombreuses que celles d’avant 1966. Le nombre d’enfants dans une classe est passé de 28 à 36, et le nombre de classes dans les écoles est passé de 2 à 10. Quand je suis entré à l’école, nous étions sept Cristian dans la classe - même les prénoms n’étaient plus suffisants pour tous les enfants. Rapidement, les femmes commencèrent à avoir recours aux avortements illégaux. Avec la fin du communisme, les sources faisaient part de plus de 500 000 femmes mortes à cause de cela. Dans ce contexte, l’avortement perdit toute connotation morale, et fut plutôt perçu comme un acte de rébellion et de résistance contre le régime. Après 1989, une fois le régime communiste tombé, l’une des premières mesures prises dans le pays fut le rétablissement de la légalité de l’avortement. Pendant des années, près d’un million d’avortements par an ont été pratiqués, ce qui représentait le chiffre le plus élevé en Europe. Aujourd’hui, l’avortement est encore utilisé comme un moyen de contraception - plus de 300 000 cas sont recensés chaque année.
Publicité

Publié dans cinetampes

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article