Après LANTANA, 2002...

Publié le par MAX HEADROOM

Jindabyne, de Ray Lawrence

 



A Jindabyne, petite ville d'Australie, une jeune femme d'origine aborigène est assassinée. Quatre hommes partis pêcher à la montagne découvrent le corps dans une rivière. Ils décident de n'avertir les autorités qu'à la fin du week-end.
Fort d'un scénario traitant brillamment des thèmes de la culpabilité et de la rédemption, Jindabyne s'interroge sur la nature humaine dans ce qu'elle a de plus ambivalent et obscur, en suivant la trajectoire de personnages ambigus à la psychologie soignée. Ces quatre hommes qui, en dépit de leur macabre découverte, décident de continuer à pêcher, sont jugés et condamnés par leur communauté, mais ni la scénariste, ni le réalisateur ne prennent position, ce qui ne fait que renforcer l'impact du film.
Remuée par les événements, la communauté manifeste son incompréhension de manière plus ou moins violente, et les quatre pêcheurs (pécheurs ?) se retrouvent accusés de racisme, victimes de vandales ou tabassés par des villageois qui ne supportent pas le miroir qui leur est tendu.
A l'image de la ville mythique engloutie sous son lac et soi-disant peuplée de zombies, Jindabyne dissimule, sous une lisse façade de petite ville tranquille, des âmes torturées aux pulsions inavouables, parmi lesquelles se cache l'assassin de la jeune femme, ironiquement au-dessus de tout soupçon et membre à part entière de la communauté.
Entre racisme latent et pulsions refoulées, Jindabyne apparaît comme la soeur siamoise du Twin Peaks de David Lynch, autre communauté à l'inconscient tourmenté. 

Nouvel opus démontre que le cinéaste australien, spécialiste des scènes tournées en une seule prise, a un univers : celui des personnages désemparés, incompris.
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Publié dans cinetampes

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