Rencontre
CEUX QUI RESTENT
Écrit et Réalisé par Anne LE NY, France, 2007, 1h34mn, avec Emmanuelle Devos, Vincent Lindon, Yeelem Jappain, Anne Le Ny, Grégoire Oestermann, Christine Murillo...
Ils auraient pu se rencontrer ailleurs… Une soirée chez des amis communs peut-être, ou bien dans les allées d’un supermarché, au rayon fruits et légumes. Ailleurs, ils se seraient plu aussi, sans doute… Ils se seraient abordés d’une manière un peu maladroite comme c’est souvent le cas, quand les vingt ans sont loin derrière soi, puis ils se seraient donné rendez-vous dans un endroit banal, banal parce que pris au dépourvu par cette soudaine rencontre, leur esprit n’aurait pas eu le temps d’être créatif. L’imagination, la folie, ça vient après.
Ailleurs, les choses n’auraient sans doute pas été faciles non plus, mais ailleurs, tout aurait été différent…
Pour Bertrand et Loraine, tout se passe ici, à un carrefour de leur vie (à moins que ce ne soit une voie sans issue), dans un endroit pas sympathique où leur histoire respective les fait échouer par hasard (à moins que ce ne soit un sale coup du destin) : entre l’aile Bretagne et l’aile Provence d’un grand hôpital, et pour être plus clinique: dans les couloirs d’un service de cancérologie.
Sa femme à lui, son compagnon à elle sont soignés là. De ces absents, on ne saura rien, on n’apercevra rien, ni un sourire, ni même le son d’une voix, à peine une image ; ils demeureront à tout jamais dans un hors champs pudique et lourd de sens, lourd parce que toute l’histoire les ramènera inéluctablement vers eux ; eux, ces pas encore absents mais déjà déconnectés du monde des vivants, eux : ceux qui partent.
Entre deux rendez-vous avec les spécialistes, entre le point presse de l’hôpital et la cafétéria, Loraine et Bertrand vont se bricoler une histoire faite de petits trois fois rien qui vont faire un grand tout : des fous rires pour évacuer la souffrance, de la tendresse, des paroles qui se veulent rassurantes, quelques lieux communs pour faire passer la pilule amère de la réalité. Et puis la force d’une épaule d’homme sur laquelle on peut se laisser aller, et puis les promesses d’un sourire féminin souligné de rouge.
S’aiment-ils, se désirent-ils ? Oui, si aimer c’est l’idée de l’autre quelque part, à portée de main, jamais très loin, pour être bien. Et oui aussi, si le désir, c’est l’envie de se mélanger, de se confondre, de s’oublier, de s’envoler, de se perdre.
Mais la vraie question pour Bertrand et Loraine est ailleurs : en ont-ils le droit ? Font-ils quelque chose de mal ?… Peut-on s’autoriser les rires, la légèreté, la tendresse dans de telles circonstances ?
Pas de réponse, pas de jugement moral… Il y a juste entre eux deux cette histoire forcément impossible, mais qui existe quand même.
On y croit, à leur histoire… Parce qu’elle révèle les contradictions et les failles qui font l’humanité. On peut croire qu’un homme solide comme un roc, rigoureux et droit, d’une constance exemplaire, puisse parfois ressentir le besoin de baisser la garde. On peut croire aussi qu’une femme pétillante et lumineuse, rieuse et gourmande de tout, puisse avoir envie de prendre la poudre d’escampette et d’aller voir ailleurs pour retrouver le soleil.
Anne Le Ny (actrice remarquable et souvent remarquée dans des seconds rôles) signe ici un premier film jamais plombant, en dépit du sujet délicat… Le regard très tendre et très juste qu’elle porte sur ses deux personnages touche au plus vrai, nous émeut, nous fait rire aussi.
Il n’y a pas de héros, pas de coupable… et comme le dit Bertrand dans le film, « chacun fait ce qui peut comme il peut, personne ne gagnera de bon point dans la vie. »
Ailleurs, les choses n’auraient sans doute pas été faciles non plus, mais ailleurs, tout aurait été différent…
Pour Bertrand et Loraine, tout se passe ici, à un carrefour de leur vie (à moins que ce ne soit une voie sans issue), dans un endroit pas sympathique où leur histoire respective les fait échouer par hasard (à moins que ce ne soit un sale coup du destin) : entre l’aile Bretagne et l’aile Provence d’un grand hôpital, et pour être plus clinique: dans les couloirs d’un service de cancérologie.
Sa femme à lui, son compagnon à elle sont soignés là. De ces absents, on ne saura rien, on n’apercevra rien, ni un sourire, ni même le son d’une voix, à peine une image ; ils demeureront à tout jamais dans un hors champs pudique et lourd de sens, lourd parce que toute l’histoire les ramènera inéluctablement vers eux ; eux, ces pas encore absents mais déjà déconnectés du monde des vivants, eux : ceux qui partent.
Entre deux rendez-vous avec les spécialistes, entre le point presse de l’hôpital et la cafétéria, Loraine et Bertrand vont se bricoler une histoire faite de petits trois fois rien qui vont faire un grand tout : des fous rires pour évacuer la souffrance, de la tendresse, des paroles qui se veulent rassurantes, quelques lieux communs pour faire passer la pilule amère de la réalité. Et puis la force d’une épaule d’homme sur laquelle on peut se laisser aller, et puis les promesses d’un sourire féminin souligné de rouge.
S’aiment-ils, se désirent-ils ? Oui, si aimer c’est l’idée de l’autre quelque part, à portée de main, jamais très loin, pour être bien. Et oui aussi, si le désir, c’est l’envie de se mélanger, de se confondre, de s’oublier, de s’envoler, de se perdre.
Mais la vraie question pour Bertrand et Loraine est ailleurs : en ont-ils le droit ? Font-ils quelque chose de mal ?… Peut-on s’autoriser les rires, la légèreté, la tendresse dans de telles circonstances ?
Pas de réponse, pas de jugement moral… Il y a juste entre eux deux cette histoire forcément impossible, mais qui existe quand même.
On y croit, à leur histoire… Parce qu’elle révèle les contradictions et les failles qui font l’humanité. On peut croire qu’un homme solide comme un roc, rigoureux et droit, d’une constance exemplaire, puisse parfois ressentir le besoin de baisser la garde. On peut croire aussi qu’une femme pétillante et lumineuse, rieuse et gourmande de tout, puisse avoir envie de prendre la poudre d’escampette et d’aller voir ailleurs pour retrouver le soleil.
Anne Le Ny (actrice remarquable et souvent remarquée dans des seconds rôles) signe ici un premier film jamais plombant, en dépit du sujet délicat… Le regard très tendre et très juste qu’elle porte sur ses deux personnages touche au plus vrai, nous émeut, nous fait rire aussi.
Il n’y a pas de héros, pas de coupable… et comme le dit Bertrand dans le film, « chacun fait ce qui peut comme il peut, personne ne gagnera de bon point dans la vie. »
Publicité