DIDINE
Elle a le charme des éphémères, ces fleurs qui s’échappent parfois des jardins pour pousser n’importe où, solitaires ou en bande, exhalant un parfum subtil, modestes et émouvantes d’une rayonnante fragilité… Didine (Alexandrine Langlois pour l’état civil) a 35 ans et aucune attirance pour une vie convenue, peu prête à partager son intimité au-delà de la fulgurance d’une nuit d’amour, fidèle dans ses amitiés, satisfaite d’un boulot créatif mais mal rémunéré : elle invente des fleurs et des libellules pour l’industrie textile et vit sa vie en prenant les choses comme elles viennent. Sa vie lui va quoi qu’il arrive. Sa meilleure amie Muriel lui reproche constamment ce qui lui semble un manque d’ambition, elle qui en demande toujours plus, toujours trop, elle qui ne supporte pas le vide affectif et pèse de son tempérament perpétuellement exigeant, impatient, sur ses amants, ses amies, ses proches, décourageant toutes les affections… Toutes, sauf celle de Didine, qui prend sa copine comme elle est, toujours là quand Muriel sombre dans un désespoir absolu.
On ne peut pas dire que Didine choisit vraiment sa vie, c’est plutôt la vie qui choisit Didine et Didine suit la vie là où elle la mène, se laissant porter par le courant, ouverte aux événements, sensible aux gens. C’est un ours en peluche, oublié par une vieille dame dans la chambre de l’hosto où Muriel cuve une tentative de suicide ratée, qui va se révéler l’instrument du destin et la mener vers de nouvelles aventures. Pour rendre cet ours, seule famille qui reste sur terre à la vieille dame, Didine va pousser la porte d’une association d’assistance aux vieilles dames qui ont perdu leur ours…
La suite coule, portée par le charme éclatant de Géraldine Pailhas, qu’on ne quitte pas d’une semelle et qui fait merveille dans la peau de Didine, attirant l’affection de tous ceux qu’elle croise aussi facilement qu’elle capte la nôtre, et chacun prend sa place, se met à exister… avec ses bleus à l’âme, avec sa peur de n’être pas aimé : ceux qui se préoccupent des autres, et ceux qui s’en foutent.
Il y a chez Didine une capacité à faire émerger le meilleur côté des gens et des choses, qui n’a rien de très
spectaculaire mais qui fait bigrement chaud au cœur. C’est une belle histoire subtile et simple qui parle de la vie, du temps qui passe et du rôle capital des ours en peluche dans les histoires d’amour.