CHERRY BLOSSOMS

Publié le par MAX HEADROOM


Écrit et réalisé par Doris Dörrie - Allemagne 2007 2h07 - avec Elmar Wepper, Hannelore Elsner, Aya Irizuki...



Chaque année au printemps, la floraison des cerisiers met le Japon sens dessus dessous, le pays entier est peint en rose tendre et les Japonais, normalement si réservés, font la fête sans aucune retenue. L'apparition des premières fleurs est au cœur de toutes les conversations, de tous les bulletins, et on se retrouve dans les parcs pour célébrer « hanami », littéralement « regarder les fleurs ». Comme le cerisier japonais ne donne pas de fruits, il n'existe que pour ces quelques jours de beauté éblouissante. Ses fleurs sont le symbole de la jeunesse et de la force, mais également du caractère éphémère de la vie. Après un long mûrissement et une courte floraison, elles meurent dans toute leur splendeur... Le Japon, le hanami, les cerisiers, ça fait longtemps que Trudi en rêve.
Déjà dans sa lointaine jeunesse et encore plus depuis que son fils cadet s'y est installé. Mais impossible de faire bouger son mari Rudi de leur maison au fin fond de la Bavière. Trudi, ça s'entend tout de suite, c'est Rudi avec une lettre de plus. Elle fait tout pour qu'il se sente bien, l'entoure d'affection et de soins. Pour Rudi, elle a sacrifié ses rêves et ses ambitions. Elle a élevé leurs trois enfants qui habitent tous très loin à présent et avec qui ils ne partagent plus grand chose.

Le cinéma allemand, on le dirait en état de grâce ces derniers temps. Un ton, un regard, une justesse... une véritable renaissance après des années de morosité cinématographique. Cherry blossoms est un peu de la veine du Bonheur d'Emma, qui a fait le nôtre l'an dernier. Douce, poétique et indéniablement gonflée, cette jolie fable distille tout en douceur une émotion sincère, en même temps qu'elle pose quelques petites questions fondamentales : Qui est cette personne avec qui on partage tout depuis des années et que l'on prétend connaître ? Et si on regardait l'autre avec d'autres yeux que les siens ? Comment se fait-il qu'on s'éloigne, qu'on se détache de ses proches qu'on croit aimer ? Dans une des scènes les plus touchantes du film, Doris Dörrie réussit même à faire un lien entre la danse traditionnelle japonaise et la cuisine allemande. Et ça, il fallait le faire !


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Publié dans cinetampes

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