NUIT DE CHIEN

Publié le par MAX HEADROOM

Werner SCHROETER - France 2008 2h - avec Pascal Gregory, Bruno Todeschini, Sami Frey, Amira Casar, Jean-François Stévenin, Eric Caravaca, Nathalie Delon... Scénario de Gilles Taurand et Werner Schroeter, d'après le roman de Juan-Carlos Onetti Para esta noche.


NUIT DE CHIEN

La Mort de Maria Malibran, cela vous rappelle-t-il quelque chose ? Werner Schroeter, qui fut le jeune prodige viscontien du non moins jeune cinéma allemand, sut toujours, selon une critique cinéma volontiers dithyrambique « faire pousser des roses sur du fumier ». Il renoue aujourd'hui avec ce talent horticole en nous offrant un opéra baroque et monstrueux, tragique chant du cygne politico-poétique où musique et image laissent une trace profonde dans l'imaginaire.
Un train arrive en gare de Santamaria, une ville fictive du Portugal. Un homme en descend, qui est accueilli par une petite fille porteuse d'un bouquet de marguerites. Il plane sur cette ville, écrasée par un monument étrange qui brille de mille feux, un étrange parfum de fin de règne. Ce pourrait être Sigmaringen et les derniers jours du gouvernement fantoche de collaboration replié en Allemagne... Ce pourrait être la dernière ville espagnole sous contrôle républicain, attendant dans la fièvre l'ultime offensive des troupes franquistes...

La population de Santamaria, gonflée de réfugiés, cherche d'ailleurs à s'en échapper en s'agglutinant sur le port dans la vaine attente d'un bâtiment de la marine restée fidèle. Mais la troupe - quelle troupe ? - mène une garde vigilante autant que dérisoire. Dans les derniers centres de pouvoir de la ville, règne une fébrilité malsaine, toute entière dirigée contre les alliés d'hier. N'ayant plus la capacité de combattre un ennemi écrasant en force, ces derniers s'épuisent à tenter de s'arracher les uns les autres une illusoire suprématie quand ils ne s'abiment pas dans la plus parfaite abjection.
Se mêlent alors, dans une véritable danse macabre, militaires en déroute, putes au grand coeur, séides de la police politique, gitans et enfants perdus dans une symphonie des contraires qui fait entrer en collision sexe et Christ en croix dans la nef d'une église où l'on torture les suspects. Seul à échapper au crépuscule des dieux, l'homme descendu du train ne revient pas pour participer à ces jeux dérisoires et funèbres. Il y sera mêlé malgré lui pour tenter de sauver une femme qui se révèlera être une petite fille...

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Publié dans cinetampes

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