Miss PETTIGREW

Publié le par MAX HEADROOM

Bharat NALLURI - GB 2008 1h32 avec Frances McDormand, Amy Adams, Ciaran Hinds, Lee Pace, Tom Payne, Shirley Henderson...
         
D'après le roman de Winifred Watson
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Miss PETTIGREW


Les auteurs de ce charmant Miss Pettigrew aiment à présenter leur film comme « un conte de fée pour adultes ». Et c'est vrai qu'il y a du Cendrillon ou du Mary Poppins dans ce portrait enlevé d'une gouvernante typiquement british qui va bouleverser la vie survoltée d'une petite actrice arriviste tout en voyant la sienne (de vie) changée par la même occasion. Une Cendrillon ou une Mary Poppins sans les tours de magie, mais avec un bon sens, une intelligence des situations, et une connaissance de l'âme humaine qui feront tout autant merveille...


Mais d'abord et avant tout, la principale qualité de Miss Pettigrew est d'être interprétée par l'épatante Frances McDormand, actrice fétiche des frères Coen : la shériff enceinte de Fargo, c'était elle, et plus récemment l'allumée dingue de chirurgie esthétique dans Burn after reading. Souris grise au poil triste au début du film, elle va s'épanouir au fil des événements, affirmer une personnalité hors norme pour finir par éclipser tous les jolis minois par sa classe discrète, son regard perçant et son sourire lumineux.


Ça commence donc par une Miss Pettigrew souris grise, qui se fait flanquer à la porte par une bourgeoise pimbêche. Gouvernante au chômage, elle se présente au bureau de placement où elle est connue comme le loup blanc, pour sa probité et sa conscience professionnelle certes, mais surtout pour sa capacité à ne pas se laisser marcher sur les pieds, ce qui semble être un handicap quasi-rédhibitoire pour qui fait carrière dans le service des riches... La responsable du bureau lui fait donc savoir vertement qu'il n'y a aucune place disponible pour elle, ni aujourd'hui, ni demain, et probablement jamais vu ses antécédents de rebelle à l'axiome selon lequel celui qui paie a toujours raison...
Miss Pettigrew se retrouve donc à la rue, dans son pauvre imperméable à la Columbo, sans un sou en poche, en un mot bien dépourvue : condition bien injuste pour elle qui a toujours été plus fourmi que cigale... Heureusement le hasard et la malice, saints patrons des gens dans la galère, veillent et, profitant d'un moment d'inattention de la bureaucrate intrangigeante, elle intercèpte une offre d'emploi qui ne lui était pas du tout destinée...
Et c'est ainsi qu'elle se présente un beau matin chez une certaine Delysia, actrice-chanteuse-danseuse-courtisane qui veut à tout prix devenir vedette et qui compte bien employer tous les moyens nécessaires pour arriver à ses fins, moyens qui relèvent tous plus ou moins du même registre : son physique avantageux et son talent pour le mettre en valeur.

Miss Pettigrew, d'abord un brin épouvantée par la tornade blonde qui lui ouvre la porte, va s'accrocher ferme et essayer de remettre un peu d'ordre, dans l'appartement de Delysia pour commencer, minimum syndical pour une gouvernante, mais aussi dans sa vie, et là on entre dans le domaine de la performance. Entre les amants, trois au moins en simultané, les fausses amies et les vraies rivales, les toilettes et les soirées mondaines, les auditions et les coups fourrés, Delysia se débat dans un tourbillon permanent dont elle est bien la dernière à savoir où il pourra bien la mener. Il faudra bien tout le doigté, le sang froid, l'intrépidité mais surtout l'intégrité et la droiture de Miss Pettigrew pour donner un sens à tout ce fourbi sexo-sentimentalo-professionnel... et y trouver un tout petit peu son compte de petit bonheur personnel, et là on est bien au-delà du salaire minimum syndical...



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Publié dans cinetampes

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