Fred Vargas
Régis WARGNIER, France, 2006, 1h55mn, avec José Garcia, Lucas Belvaux, Olivier Gourmet, Marie Gillain, Linh Dan Pham, Michel Serrault, Nicolas Cazalé... Scénario d’Ariane Fert, d’après le roman de Fred Vargas.

Le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg n’aime pas le printemps. Il se méfie des montées de sève, des désirs d’évasion, du déferlement des pulsions, tous ces signaux qui sonnent le retour des beaux jours...
Et il a raison Adamsberg... Sa fiancée, Camille, prend du recul, ou le large c’est selon, toujours est-il que son absence coupe les ailes du commissaire, au moment où il en aurait pourtant le plus besoin : quelque chose vient de tomber sur la capitale, une énigme porteuse de malédiction, qui pourrait bien virer au malheur, si on ne la résout pas fissa.
Peint soigneusement sur les treize portes d’un immeuble, dans le xviiie arrondissement de Paris : un grand 4 inversé, à la base élargie, façon gothique. En dessous, trois lettres : CLT. Adamsberg les photographie et hésite : simple graffiti, ou menace retorse ?
À l’autre bout de la ville, Joss, l’ancien marin breton devenu crieur de nouvelles, est perplexe. Depuis trois semaines, une main glisse, à la faveur de la nuit, d’incompréhensibles missives dans sa boîte à messages. Un amuseur ? Un cinglé ? Son ancêtre murmure à son oreille : « Fais gaffe à toi, Joss. Il n’y a pas que du beau dans la tête de l’homme. »
Et puis arrive ce qu’Adamsberg redoutait : un premier mort, le corps noirci, le visage figé dans une grimace de terreur, les symptomes de la peste. Et c’était bien ça qu’annonçait l’énigme: le retour du terrible fléau. Mais avec une sacrée variante, qui change totalement la donne : il semble bien que quelqu’un contrôle la maladie et la porte où il veut...
Nous étions sans doute nombreux à l’espérer ; et sans doute autant à le redouter : le petit monde de Fred Vargas va s’incarner sur grand écran (et bientôt aussi sur le petit : Josée Dayan termine une adaptation télé d’un autre roman, avec Jean-Hugues Anglade dans le rôle d’Adamsberg). En une dizaine de romans, Fred Vargas a marqué de son empreinte le roman policier français et créé un univers qui n’appartient qu’à elle. Noirs et feutrés, poétiques et oniriques, les romans de Vargas sont peuplés de personnages insolites : intuitifs, en proie au doute mais têtus, rêveurs, cultivés ou amoureux, ou tout cela à la fois ; imprévisibles, impossibles à cataloguer en tout cas. Tout comme est imprévisible et inclassable l’intrigue de Pars vite…, qui, outre une Camille indépendante et passionnée et un crieur breton, fait intervenir 3 évangélistes, 5 enfants et leur père, un lieutenant limite dépressif mais débordant d’amour qui parle en alexandrins, une sergente un peu costaude qui sait convertir son énergie, un chat amoureux de la sergente… le tout dans un Paris transcendé par l’imaginaire, et habité de fantômes...