CIA
The Good Shepherd
Un film de Robert De Niro
Au travers l’histoire de la génèse de la CIA, De Niro dévoile les ressorts tordus de la politique de la guerre froide.
USA 2006, 2h45,
Avec: Matt Damon, Angelina Jolie, Alec Baldwin, Tammy Blanchard, Cummings Billy Crurup, Robert De Niro
/http%3A%2F%2Fwww.arte.tv%2Fi18n%2Fcontent%2Ftv%2F02__Communities%2FC3-cinema_20and_20fiction%2F03-Dossier%2F2007.02.05_20BERLINALE_202007%2F01_20FILMS_20BERLINALE%2FImages%2FThe__good__shepard%2Fimg__moy__cache__right__shepars.jpg%2F1477558,property=imageData.jpg)
Edward Wilson, étudiant brillant à Yale et membre de la société secrète Skull and Bones est recruté pour sa moralité et son honnêteté par un nouveau service de l’armée américaine « Office of Strategic Services » qui préfigure la future CIA. Il se marie à une jeune fille de la bonne société, Clover, qu’il croit enceinte de lui au détriment de son amour pour une jeune étudiante sourde, Laura. En travaillant à Londres pendant la guerre puis à Berlin, il perd toutes ses illusions et entre en plein dans la nouvelle guerre froide entre le bloc de l’Est et de l’Ouest. La paranoïa s’installe dans sa vie professionnelle au fur et à mesure que sa vie personnelle disparaît. Son dévouement à son travail a en effet un prix, l’entraînant à sacrifier ses idéaux et finalement sa famille.
Le trailer du film
Un œil déformé derrière une loupe : le film commence par un symbole plus que par un simple image. De Niro met en avant l’idée de l’humanité examinée en très gros plan, sous toutes ses coutures, qui ne révèle que parcimonieusement certains mystères après une longue étude minutieuse. The Good Sheperd ne relève pas d’un simple cinéma d’affect, basé sur les sentiments mais d’un art plus cérébral tout en analyse. Il reste en tête longtemps après la projection car il montre des aspects complexes de notre société. Exit le manichéisme. Examinant la genèse de la CIA comme un symptôme ou comme une fatalité politique, De Niro tend vers un cinéma naturaliste comme FF Coppola ou Michael Mann. La création de ce service de renseignement d’une des plus grandes puissances au monde a placé de fait des hommes dans des situations extraordinaires, dans une guerre permanente et souterraine et les a mené à des choix extrêmes ou à d’interrogations philosophiques sur la loyauté, la morale, le secret ou la confiance. Au début de The Good Sheperd se trouve une scène fondatrice qui va permettre les flash-backs sur la vie de Wilson : une scène d’amour en forme de rébus, disséquée à l’écran dans un labo de la CIA, sous haute et basse fréquences encore une fois sous microscope. Ironiquement, ce couple filmé dans un noir et blanc flou se dit des mots d’amour répétés sans fin dans un environnement entièrement dénué de sentiments !
Wilson du début à la fin est un fonctionnaire à la Kafka, solitaire, trop zélé et bien carré. Il est un mur de silence, fascinant (et utile) en cela. C’est presque impossible d’éprouver de la sympathie pour lui. Il se dissimule derrière une façade puis tolère l’intolérable. Qui ne dit mot consent… Comme les autres agents, simples, doubles ou triples, il joue en fait sa vie comme un rôle. Tous les espions sont des acteurs par nature et en cela peut-être De Niro les filme comme un maître, en « insider ». Comme le dit un agent en parlant de ce service « Vous êtes les yeux et les oreilles de l’Amérique ». il y a là la dimension d’un mythe, une désincarnation vouée au désastre. La CIA est un monstre au service d’un autre monstre, une idée au service d’une théorie c’est-à-dire du pouvoir pur, à l’état brut.
Un film de Robert De Niro
Au travers l’histoire de la génèse de la CIA, De Niro dévoile les ressorts tordus de la politique de la guerre froide.
USA 2006, 2h45,
Avec: Matt Damon, Angelina Jolie, Alec Baldwin, Tammy Blanchard, Cummings Billy Crurup, Robert De Niro
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Edward Wilson, étudiant brillant à Yale et membre de la société secrète Skull and Bones est recruté pour sa moralité et son honnêteté par un nouveau service de l’armée américaine « Office of Strategic Services » qui préfigure la future CIA. Il se marie à une jeune fille de la bonne société, Clover, qu’il croit enceinte de lui au détriment de son amour pour une jeune étudiante sourde, Laura. En travaillant à Londres pendant la guerre puis à Berlin, il perd toutes ses illusions et entre en plein dans la nouvelle guerre froide entre le bloc de l’Est et de l’Ouest. La paranoïa s’installe dans sa vie professionnelle au fur et à mesure que sa vie personnelle disparaît. Son dévouement à son travail a en effet un prix, l’entraînant à sacrifier ses idéaux et finalement sa famille.
Un œil déformé derrière une loupe : le film commence par un symbole plus que par un simple image. De Niro met en avant l’idée de l’humanité examinée en très gros plan, sous toutes ses coutures, qui ne révèle que parcimonieusement certains mystères après une longue étude minutieuse. The Good Sheperd ne relève pas d’un simple cinéma d’affect, basé sur les sentiments mais d’un art plus cérébral tout en analyse. Il reste en tête longtemps après la projection car il montre des aspects complexes de notre société. Exit le manichéisme. Examinant la genèse de la CIA comme un symptôme ou comme une fatalité politique, De Niro tend vers un cinéma naturaliste comme FF Coppola ou Michael Mann. La création de ce service de renseignement d’une des plus grandes puissances au monde a placé de fait des hommes dans des situations extraordinaires, dans une guerre permanente et souterraine et les a mené à des choix extrêmes ou à d’interrogations philosophiques sur la loyauté, la morale, le secret ou la confiance. Au début de The Good Sheperd se trouve une scène fondatrice qui va permettre les flash-backs sur la vie de Wilson : une scène d’amour en forme de rébus, disséquée à l’écran dans un labo de la CIA, sous haute et basse fréquences encore une fois sous microscope. Ironiquement, ce couple filmé dans un noir et blanc flou se dit des mots d’amour répétés sans fin dans un environnement entièrement dénué de sentiments !
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