Intrigue complexe
The Walker
Un film de Paul Schrader
USA/Grande Bretagne 2007, 1h40
Avec :Woody Harrelson, Kristin Scott Thomas, Lauren Bacall, Ned Beatty, Moritz Bleibtreu, Mary Beth Hurt, Lily Tomlin, Larry Lockner Willem Dafoe
/http%3A%2F%2Fwww.arte.tv%2Fi18n%2Fcontent%2Ftv%2F02__Communities%2FC3-cinema_20and_20fiction%2F03-Dossier%2F2007.02.05_20BERLINALE_202007%2F01_20FILMS_20BERLINALE%2FImages%2FThe__walker%2Fimg__moy__cache__right__walker.jpg%2F1477576,property=imageData.jpg)
Carter Page, troisième du nom, est un cinquantenaire élégant qui fréquente de femmes de politiciens, joue au canasta avec elles de canasta , et les accompagne à l'opéra. L'amant de Lynn Lockner, l'épouse d'un sénateur libéral, est assassiné. Carter veut l'aider et explique à la police que c'est lui qui a découvert le cadavre. Il se retrouve alors mélé à une terrible intrigue.
Carter Page , le personnage central du film, est un homme étrange; il tente aussi longtemps que possible de préserver son statut et les apparances, même quand les élégantes „ladies“ de la société se détournent de lui et que le filet se resserre autour de lui. Il n'a, en réalité, rien à voir avec l'assassinat, il ne se rappelle même plus exactement pourquoi il a voulu aider son amie Lynn et pourquoi il a lui-même signalé le cadavre à la police.
Régulièrement la caméra nous offre en gros plan le visage lisse et incrédule de Cater Page, que Woody Harrelson incarne à la perferction. Sans jamais s'attarder, la caméra glisse sur lui, ses tenues luxueuses, ses cravattes raffinées, et les murs en brocat richement ornés. Carter Page, surnommé Car par ses amis, parle d'une voix trainante, en avalant les consonnes. Il faut tendre l'oreille pour comprendre ce qu'il dit. Mais, ça vaut le détour, car Paul Schrader le présente comme une sorte d'Oscar Wilde moderne, dont les bons mots adressés à son entourage féminin sont un régal. „Je ne suis pas naïf, je suis superficiel“ lance-t-il avec morgue à ses détracteurs. Quand il rappelle Emek à l'ordre en affirmant „Ne cite jamais Oscar Wilde“, sans doute pense-t-il à lui-même. Emek, l'ami et l'amant de Car, est le seul personnage qui n'est pas issu de la haute société: un artiste d'origine turque qui apporte une touche de normalité raffraîchissante au film. Il est incarné par Moritz Bleibtreu qui remplit bien sa mission et dont l'accent américain est tout à fait convaincant.
Pour le scénariste Paul Schrader, Carter Page est le développement logique du personnage central de Taxidriver, qui fut en 1976 le premier succès cinématographique de Scorcese: „J'ai ce personnage en tête, une sorte de vagabond, un solitaire, un voyeur, un marginal qui observe la vie des autres et ne parvient pas à trouver la sienne. Quand il avait vingt ans, il était en colère, il était chauffeur de taxi. A trente ans, c'était un gigolo narcissique. A quarante ans, il était tenaillé par la peur, un dealer souffrant d'insomnies. Maintenant, il a cinquante ans, c'est un „society walker“ superficiel.“ Schrader ne prétend pas que ces personnages soient un seul et même homme, mais „il y a quelque chose qui les relie“. Attendons donc de voir ce qu'il adviendra de ce personnage à soixante ans, l'âge que Paul Schrader vient de fêter le 22 juillet dernier.
Un film de Paul Schrader
USA/Grande Bretagne 2007, 1h40
Avec :Woody Harrelson, Kristin Scott Thomas, Lauren Bacall, Ned Beatty, Moritz Bleibtreu, Mary Beth Hurt, Lily Tomlin, Larry Lockner Willem Dafoe
/http%3A%2F%2Fwww.arte.tv%2Fi18n%2Fcontent%2Ftv%2F02__Communities%2FC3-cinema_20and_20fiction%2F03-Dossier%2F2007.02.05_20BERLINALE_202007%2F01_20FILMS_20BERLINALE%2FImages%2FThe__walker%2Fimg__moy__cache__right__walker.jpg%2F1477576,property=imageData.jpg)
Carter Page, troisième du nom, est un cinquantenaire élégant qui fréquente de femmes de politiciens, joue au canasta avec elles de canasta , et les accompagne à l'opéra. L'amant de Lynn Lockner, l'épouse d'un sénateur libéral, est assassiné. Carter veut l'aider et explique à la police que c'est lui qui a découvert le cadavre. Il se retrouve alors mélé à une terrible intrigue.
Carter Page , le personnage central du film, est un homme étrange; il tente aussi longtemps que possible de préserver son statut et les apparances, même quand les élégantes „ladies“ de la société se détournent de lui et que le filet se resserre autour de lui. Il n'a, en réalité, rien à voir avec l'assassinat, il ne se rappelle même plus exactement pourquoi il a voulu aider son amie Lynn et pourquoi il a lui-même signalé le cadavre à la police.
Régulièrement la caméra nous offre en gros plan le visage lisse et incrédule de Cater Page, que Woody Harrelson incarne à la perferction. Sans jamais s'attarder, la caméra glisse sur lui, ses tenues luxueuses, ses cravattes raffinées, et les murs en brocat richement ornés. Carter Page, surnommé Car par ses amis, parle d'une voix trainante, en avalant les consonnes. Il faut tendre l'oreille pour comprendre ce qu'il dit. Mais, ça vaut le détour, car Paul Schrader le présente comme une sorte d'Oscar Wilde moderne, dont les bons mots adressés à son entourage féminin sont un régal. „Je ne suis pas naïf, je suis superficiel“ lance-t-il avec morgue à ses détracteurs. Quand il rappelle Emek à l'ordre en affirmant „Ne cite jamais Oscar Wilde“, sans doute pense-t-il à lui-même. Emek, l'ami et l'amant de Car, est le seul personnage qui n'est pas issu de la haute société: un artiste d'origine turque qui apporte une touche de normalité raffraîchissante au film. Il est incarné par Moritz Bleibtreu qui remplit bien sa mission et dont l'accent américain est tout à fait convaincant.
Pour le scénariste Paul Schrader, Carter Page est le développement logique du personnage central de Taxidriver, qui fut en 1976 le premier succès cinématographique de Scorcese: „J'ai ce personnage en tête, une sorte de vagabond, un solitaire, un voyeur, un marginal qui observe la vie des autres et ne parvient pas à trouver la sienne. Quand il avait vingt ans, il était en colère, il était chauffeur de taxi. A trente ans, c'était un gigolo narcissique. A quarante ans, il était tenaillé par la peur, un dealer souffrant d'insomnies. Maintenant, il a cinquante ans, c'est un „society walker“ superficiel.“ Schrader ne prétend pas que ces personnages soient un seul et même homme, mais „il y a quelque chose qui les relie“. Attendons donc de voir ce qu'il adviendra de ce personnage à soixante ans, l'âge que Paul Schrader vient de fêter le 22 juillet dernier.
Publicité