Cyborg

Publié le par MAX HEADROOM

Berlinale 2007 - Compétition officielle
 

I'm a cyborg, but that's ok

Un film de Park Chan-wook

Comédie romantique de science-fiction

Sai bo gu jio man gwen chan a
Corée 2006, 1h40
Avec: Soo-jung, Jung Ji-hoon, Choi Hee-jin, Lee Young-nyeo, Yoo Ho-jung, Young-soon, Lee Kyung-eun, Joo Hee, Lee Young-mi, Chun Sung-hoon




Young-goon est convaincue d'être un cyborg. Ses parents la confient à un institut, dans lequel elle cotoie d'autres étranges personnages. Il-soon, « l'associal », qui est persuadé d'avoir le pouvoir de voler le talent des autres, tombe amoureux d'elle. Aussi se sent-il investi d'une mission : celle d'inciter Young-goon à manger, car son régime « batterie » l'amaigrit et l'affaiblit de jour en jour.

Le trailer du film
Interview : Park Chan-wook
Interview : Lim Soo-jung, Jung Ji-hoon
(Windows Media)

Après sa trilogie géniale sur la vengeance (SYMPATHY FOR MR. VENGEANCE (2002), OLD BOY (2003), LADY VENGEANCE (2005), personne n'aurait pensé que Park Chan-Wook puisse tourner une comédie romantique sur fond de science-fiction. Et cependant, il l'a fait: « Je voulais tourner un film que ma fille aussi puisse regarder. Un film que je puisse aller voir avec mes copains pour rire un bon coup. Et voilà que j'ai tourné ce film étrange, dont j'ai du mal à croire que je l'ai fait moi-même. »

I AM A CYBORG, BUT THAT’S OK est plaisant à voir, même s'il souffre de quelques longueurs. Park Chan-Wook a créé un monde très personnel dans lequel ses patients se sentent chez eux : un asile d'aliénés qui semble tout droit sorti d'un conte merveilleux. Autour de Young-goon gravite toute une série de personnages décalés : une femme mythomane, un homme qui par politesse ne marche qu'à reculons, un autre qui veut tout le temps jouer au ping-pong, une femme à l'appétit féroce qui partage la chambre de Young-goon et ses repas... Quand Young-goon n'a plus envie de discuter avec les distributeurs et les ampoules, et que les infirmières l'agacent, elle joint ses doigts fragiles en forme de pistolet et canarde son entourage. Le sang gicle comme dans un film de Peckinpah, mais uniquement dans son imagination débordante, bien-sûr.

Park Chan-Wook nous raconte une histoire d'amour hésitante. Entre Young-goon et Il-soon, le rapprochement s'avère difficile. Il faut du temps, car tous deux sont très égocentriques et vivent dans leur propre monde selon leurs propres règles. Mais l'amour est plus puissant et à la fin, un arc-en-ciel très kitsch, illumine leurs corps nus et unis.



I AM A COBORGY, BUT THAT’S OK est un projet intermédiaire, un moment de détente, « un film qui fut plaisant à tourner et qui doit être plaisant à regarder ». Ni plus, ni moins. Et même si ce n'est pas un film de science-fiction à proprement parler, il faut néanmoins rappeller que Park Chan-Wook est le seul metteur en scène qui soit astronaute de formation. Il a subi deux ans d'entrainement intensif et devait être, en 1998, le premier Sud-Coréen à aller en mission dans l'espace sur la station Mir. Mais la mission fut déprogrammée et l'on peut ainsi espérer que Park Chan-Wook continuera ses bons offices en tant que metteur en scène.

Nana A.T. Rebhan
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Publié dans cinetampes

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