Erotomanie

Publié le par MAX HEADROOM

Anna M
Anna M
Atteinte de l'illusion délirante d'être aimée, Anna, jeune femme douce et réservée, se persuade que le docteur Zanevsky est amoureux d'elle. Dès lors, rien, jamais, n'entamera sa conviction... Mais après l'espoir, viendra le dépit, puis la haine.

Quand on parle d'érotomanie, les plus libidineux restent langue pendante et s'imaginent des scènes de débauches monumentales. C'est confondre avec la nymphomanie qui est une autre espèce de maladie psychologique. Car l'érotomanie n'a rien de sensuel. Elle est même souvent signe de mort car le sujet atteint en vient soit à se suicider soit à tuer l'objet de ses amours impossibles. Car ici, quand Anna aime, les autres trinquent. Anna M tombe amoureuse d'un médecin qui n'a rien demandé à personne et qui surtout n'a rien fait pour que sa patiente s'énamoure de lui. C'est le début d'une spirale infernale pour lui, pour elle et pour le spectateur. Le médecin doit en effet protéger sa femme et ses enfants de la folie de sa patiente. Anna M, quant à elle, lutte pour ne pas sombrer totalement lors de ses rares moments de lucidité, sans y parvenir toutefois. Le spectateur se crispe à son fauteuil, stressé, les nerfs mis à rude épreuve avec cette mise en abîme de l'âme humaine, destructrice...

Michel Spinosa filme avec subtilité ce vertige humain, il aime cette femme qui crie, cherche un autre, un espoir, un amour. Isabelle Carré porte, habite le film de bout en bout.

Dans cet univers profondément anxiogène, Isabelle Carré tire formidablement parti de son physique de femme-enfant pour nous entraîner dans les abîmes d'un esprit malade.                                       Positif

Festival de Berlin
Anna M. a été présenté en sélection officielle au Festival de Berlin 2007 dans la section Panorama.
 
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Publié dans cinetampes

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