Christophe Honoré

Publié le par MAX HEADROOM


"LES CHANSONS D'AMOUR"


La voilà enfin, cette comédie musicale que Christophe Honoré, grand amoureux du cinéma de Jacques Demy, se devait de réaliser. On l’attendait depuis longtemps et en même temps, on est surpris de la vitesse à laquelle le film a été tourné -on aperçoit des affiches des Ambitieux, un film sorti en janvier dernier, c’est dire... Une énergie qui est sans doute pour beaucoup dans la réussite d’un film revigorant et plein de panache. Impossible donc de ne pas citer Demy (on y croise même, dans Paris, deux marins échappés des Demoiselles de Rochefort), même si on pense à d’autres cinéastes français des années 60, du Godard potache d’Une femme est une femme à Eustache, sa maman, sa putain et son Jean-Pierre Léaud (auquel fait encore une fois penser Louis Garrel, aussi burlesque et émouvant que dans le précédent Honoré).

Mais il ne faudrait pas croire que ces références encombrent le moins du monde un film qui respire, qui a du souffle, bref : qui ne manque pas d’air(s). On ne savait pas que Louis Garrel et Ludivine Sagnier chantaient aussi bien, on a le plaisir de le découvrir ici, puisque le récit est émaillé d'une dizaine de chansons, qui s'intègrent au film avec fluidité -grace notamment à la finesse des textes et des mélodies mélancoliques d'Alex Beaupain, vieux complice du réalisateur. Liens familiaux, sentimentaux, sexuels : voilà ce qu'examine une fois encore le réalisateur avec une sensibilité aiguë dans ce film porté par des acteurs qui semblent toujours à l'unisson. En amateur (et connaisseur) de chansons et de comédies musicales, Christophe Honoré sait qu'il faut oser juxtaposer la plus grande légèreté et la plus extrême gravité, et que le plus grand risque, dans un tel projet, est celui de la tiédeur. Dans Les Chansons d'amour, un film qu'on espère de tout c(h)oeur retrouver au palmarès, Christophe honoré n'a jamais peur du ridicule : c'est pour cela qu'il n'y tombe jamais.

Julien Dokhan

Publicité

Publié dans cinetampes

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article