Reprise

Publié le par MAX HEADROOM

MIKEY AND NICKY
Écrit et réalisé par Elaine MAY, USA, 1976, 1h59mn, avec John Cassavetes, Peter Falk, Ned Beatty, Rose Arrick, Carol Grace, William Hickey, Stanford Meisner, Joyce Van Patten...

 



Une rareté : Mikey and Nicky a été très peu vu en France. Et une révélation pour tous les fans de Cassavetes, de Peter Falk, et du cinéma indépendant américain en général. Le film est très marqué par le « style Cassavetes », et dégage une captivante impression de liberté, d’énergie, de fièvre…

 

« La petite histoire de Mikey and Nicky est une véritable saga : tournage interminable dans les rues de Philadelphie, 300 000 mètres de pellicule pour parvenir à un drame brut de décoffrage, généré de manière spontanée (quand on indique “écrit par Elaine May”, il faut comprendre que les dialogues, les réactions, les rebondissements ont été très largement improvisés par l’équipe, acteurs en tête, pendant le tournage) ; 18 mois de montage ; May et Falk kidnappèrent même les rushes pour contourner les studios ; une sortie tronquée passée inaperçue en 1976… La version préférée d’Elaine May ne vit le jour qu’une décennie plus tard.
Le film lui-même est sans précédent, il capture avec une intensité inouïe le mouvement de la vie tout en tenant le fil d’un scénario serré. La fin, bouleversante, tient du tragique. Ici, pas de temps mort : chaque échange, chaque réaction vaut de l’or. Cassavetes, dans une performance tour à tour féroce et touchante, assez différente de ce qu’il a pu faire dans ses propres films, interprète Nicky. Falk, c’est Mikey, son copain de trente ans… Ned Beatty, dans un des ses meilleurs rôles, joue le tueur. Ne manquez pas les caméos des légendaires professeurs d’art dramatique Meisner et Hickey en parrains mafieux. »
(Les Cahiers du Cinéma, Novembre 2006)

Première séquence, tension déjà au maximum : Nicky tourne comme un fauve en cage dans sa chambre d’hôtel. Il est anxieux, son ulcère lui déchire le bide, il y a de quoi : il a arnaqué un ponte de la mafia locale, il vient d’apprendre que sa tête est mise à prix, que le caïd a lancé un contrat contre lui… Comme toujours dans les coups durs, ça fait trente ans que ça dure, il appelle à la rescousse son vieux pote Mikey, qui débarque illico. Il a du mal à repérer la chambre de Nicky, il n’a pas l’air très à l’aise, anxieux lui aussi.
Les retrouvailles entre les deux amis sont un peu coincées, manquent de chaleur, de spontanéité. Comme si chacun avait un truc à cacher à l’autre…
Nous allons les suivre tout au long de la nuit, dans leur équipée cahotique, leur fuite erratique, ponctuée de coups de gueule et de pauses attendries, émaillée de rencontres souvent pathétiques (scène hallucinante chez une petite amie occasionnelle de Nicky : terrible !). Le tueur est à leurs trousses mais il n’est pas le seul : les regrets, les occasions manquées, les petites lâchetés, la sensation de la trahison… Toutes ces sales pensées les poursuivent et leur pourrissent la nuit… Et dire que ce pourrait bien être la dernière…
 
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Publié dans cinetampes

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