Van Warmerdam... le retour
WAITER !
Écrit et réalisé par Alex VAN WARMERDAM, Hollande, 2006, 1h37mn, avec Alex Van Warmerdam, Ariane Schluter, Mark Rietman, Thekla Reuten...
On avait presque fini par oublier Alex Van Warmerdam... Et pourtant ce hollandais étonnant nous avait offert trois films réjouissants dans les années 90 : Les Habitants, La Robe et Abel (qui était son premier mais sorti après les deux autres). Trois comédies décalées, presque inquiétantes, révélant en tout cas un univers unique et un ton inimitable... Et puis deux films ensuite, moins bons, et puis plus rien... Mais le voilà qui renaît avec Waiter !, qu’il écrit, réalise et interprète, et dans lequel il retrouve toute son inspiration, d’un humour absurde et très noir, voire cruel. Mais assez irrésistible quand même! Le film, très sérieux, très pince-sans-rire en apparence (à l’image de l’interprétation de Van Warmerdam, impassible, très Buster Keaton), nous entraîne en fait dans une ingrigue à tiroirs à la fois loufoque et tragique, allant jusqu’au bout d’une logique vertigineuse.
Au départ l’histoire est assez banale, même si on sent tout de suite quelque chose de pas ordinaire, ce côté décalé signalé plus haut... Edgar, la cinquantaine fatiguée, ne nage pas dans le bonheur: il a un job plutôt minable de serveur dans un restaurant miteux, son épouse est malade, ses voisins sont désagréables, et la liaison extra-conjugale qu’il s’obstine à poursuivre ne lui offre guère plus qu’une maigre satisfaction sexuelle. Ce qui n’est peut-être déjà pas si mal après tout...
Quoiqu’il en soit Edgar en a marre, de végéter, de ramer, de galérer. Et il décide d’aller se plaindre à qui de droit... Et là je sens votre perplexité: à qui peut-il se plaindre de droit de ce que sa vie part en brioche? À dieu ou à diable peut-être, par prière interposée, s’il croit en l’un ou en l’autre... Mais efficacité douteuse... Non, en fait Edgar sait parfaitement à qui s’adresser: au type qui décide de tout, qui fait les choix, qui lui écrit sa vie dans ses moindres détails, à l’écrivain qui l’a créé, lui, personnage de fiction!
Et voilà notre Edgar mécontent qui débarque chez Herman, l’écrivain, et sa femme Suzie, pour exprimer ses doléances et ses revendications: il veut en finir avec son mariage, il réclame une nouvelle petite amie, de nouveaux voisins, et il refuse de continuer à être traité comme un paillasson par les clients de ce foutu restaurant où il est exploité...
Mais il va apprendre à ses dépens que sa vie est au-delà de la fiction...
Au départ l’histoire est assez banale, même si on sent tout de suite quelque chose de pas ordinaire, ce côté décalé signalé plus haut... Edgar, la cinquantaine fatiguée, ne nage pas dans le bonheur: il a un job plutôt minable de serveur dans un restaurant miteux, son épouse est malade, ses voisins sont désagréables, et la liaison extra-conjugale qu’il s’obstine à poursuivre ne lui offre guère plus qu’une maigre satisfaction sexuelle. Ce qui n’est peut-être déjà pas si mal après tout...
Quoiqu’il en soit Edgar en a marre, de végéter, de ramer, de galérer. Et il décide d’aller se plaindre à qui de droit... Et là je sens votre perplexité: à qui peut-il se plaindre de droit de ce que sa vie part en brioche? À dieu ou à diable peut-être, par prière interposée, s’il croit en l’un ou en l’autre... Mais efficacité douteuse... Non, en fait Edgar sait parfaitement à qui s’adresser: au type qui décide de tout, qui fait les choix, qui lui écrit sa vie dans ses moindres détails, à l’écrivain qui l’a créé, lui, personnage de fiction!
Et voilà notre Edgar mécontent qui débarque chez Herman, l’écrivain, et sa femme Suzie, pour exprimer ses doléances et ses revendications: il veut en finir avec son mariage, il réclame une nouvelle petite amie, de nouveaux voisins, et il refuse de continuer à être traité comme un paillasson par les clients de ce foutu restaurant où il est exploité...
Mais il va apprendre à ses dépens que sa vie est au-delà de la fiction...
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