L’ASSASSINAT DE JESSE JAMES

Jesse James fut l’une des premières superstars américaines. On a écrit d’innombrables livres et récits sur le plus célèbre hors-la-loi des États Unis. Fascinants et hauts en couleur, ils se focalisent le plus souvent sur son image publique et ses exploits… avec un souci tout relatif de la vérité.
Ceux que Jesse James pilla, ceux qu’il terrorisa et les familles de ceux qu’il tua en virent évidemment en lui qu’un dangereux criminel. La presse, qui suivit avec passion ses braquages tout au long des années 1870, jetait par contre sur lui et sa bande un regard quasi-admiratif. Des dizaines de romans à 1 cent alimentèrent parallèlement la légende d’une sorte de Robin des Bois, ennemi juré des banquiers et propriétaires de chemins de fer, et généreux défenseur des petits fermiers exploités.
Homme du Sud, ancien guerillero, Jesse James aurait agi au nom d’une cause, noble et tragique : se venger de l’Union qui avait gâché sa vie avant de le marquer dans son corps. Ses concitoyens, de plus en plus urbanisés, de plus en plus engoncés dans les habitudes conformistes et réduits à une vie d’une désolante banalité, voyaient en lui le dernier des aventuriers. Un symbole de liberté, un porte drapeau de l’esprit pionnier américain, un rebelle charismatique narguant la loi et n’obéissant qu’à ses propres règles. Un mythe vivant…
Robert Ford était l’un des plus ardents admirateurs de Jesse. Ce jeune homme idéaliste et ambitieux rêvait depuis longtemps de partager les aventures de son idole. Il était loin d’imaginer qu’il entrerait dans l’Histoire comme « le sale petit lâche » qui abbatrait Jesse James dans le dos.
Mais qui fut vraiment Jesse James, au-delà du folklore et du battage journalistique ? Et qui fut ce Robert Ford, entré à 19 ans dans la bande des intimes de Jesse, qui réussirait à tuer chez lui l’homme que poursuivaient les polices de dix états ? Comment devinrent-il amis ? Que se passa-t-il entre eux durant les jours et les heures précédant ce « gun shot » qui sellerait leurs destins ?
Nous sommes en 1881, l’ambiance est plus victorienne que « conquête de l’ouest ». On ne voit pas de chapeaux de cow-boy, les protagonistes habitent Kansas City et Saint Joseph, deux villes du Missouri en pleine expansion. L’ère des pionniers est depuis longtemps révolue, le téléphone vient de faire son apparition. Jesse James a 34 ans et prépare sa prochaine attaque de banque. Il sait que ses ennemis sont prêts à tout pour empocher la prime liée à sa capture, mort ou vif, et se couvrir de gloire. Mais le vrai danger vient de plus près, de beaucoup plus près…