Le rêve de Cassandre
Nouvelle balle de match pour Woody Allen
Sur un coup de coeur, deux frères s'offrent un voilier qu'ils baptisent "Cassandra's Dream". Une vraie folie car ni l'un ni l'autre n'ont réellement les moyens d'assumer ce signe extérieur de richesse. Terry travaille dans un garage tandis que Ian dirige le restaurant de leurs parents. Lorsque le premier est confronté à une importante dette de jeu et que le second s'éprend d'Angela, ambitieuse comédienne de théâtre, ils sont obligés de solliciter l'aide de leur oncle Howard qui a fait fortune en Californie. En contrepartie de son solide coup de pouce financier, il leur demande de lui rendre un petit service...
Dernier volet de sa "trilogie londonienne" entamée il y a deux ans avec l'impérial Match Point suivi l'an passé du mineur Scoop, Le Rêve de Cassandre se focalise sur un amour fraternel et la classe ouvrière anglaise sur fond de thriller. Esquivant les surprises et l'intensité profonde qui régnait dans Match Point, Woody Allen opte cette fois-ci pour une trame similaire mais au combien plus singulière. Au fur et à mesure que l'intrigue avance, le spectateur ne se fait jamais mener par le bout du nez et devance plus ou moins les événements narrés par Woody. Le scénario sur le fond ne joue pas la carte de l'ironie comme précédemment mais plus du thriller balisé.Un tort pour un bien. Ceux qui seront venus pour admirer une manipulation scotchante seront déçus. Ici, l'affaire "criminelle" n'est qu'un prétexte à dépeindre une formidable histoire d'amour fraternelle doublée d'une analyse de la classe moyenne et ouvrière anglaise. Les quartiers modestes et pauvres de la banlieue londonienne ont la part belle durant 1h50 laissant le "naturel" faire son chemin. Le Rêve de Cassandre joue sur deux destins. Deux hommes, deux vies, deux caractères opposés pour une même famille. Ces intrigues en parallèle et paraissant comme secondaires s'avèrent finalement être le but initial du film. L'aspect du thriller ne servant que de prétexte à analyser deux vies tumultueuses et deux destins brisés par l'amour.
La musique, la mise en scène et les dialogues sont inhérents au style d'Allen : à la fois brillants, caustiques et lourds de sens.
SORTIE LE 31OCTOBRE