CAPITAINE ACHAB

Publié le par MAX HEADROOM

Écrit et réalisé par Philippe RAMOS - France 2007 1h45mn - avec Denis Lavant, Dominique Blanc, Carlo Brandt, Jean-François Stévenin, Bernard Blancan, Mona Heftre, Philippe Katerine, Jacques Bonnafé...


De Moby Dick, l’insubmersible, l’inépuisable chef d’œuvre d’Herman Melville, le générique précise que le film de Philippe Ramos est « librement inspiré ». On ne saurait mieux dire ! Libre, Capitaine Achab l’est passionnément, à la folie. Libre de rêver, libre de décoller, libre d’inventer toute une vie à Achab avant la baleine blanche, libre de refuser la sacro-sainte adaptation pour créer de toutes pièces une œuvre originale qui résonne cependant en permanence avec le mythe, qui nous en rapproche, qui nous l’apprivoise. Et inspiré, ce film tourné pourtant avec un budget qu’on devine modeste l’est à à chaque instant, dans sa construction en cinq chapitres qui sont autant de petits récits dans le grand, dans sa narration guidée par un texte superbe dit en voix off par les protagonistes successifs, dans la fluidité de ses séquences, dans la beauté inouïe de sa lumière et de ses plans, dans l’audace enchanteresse de sa bande son qui mêle classique et pop le plus naturellement du monde. Réussite remarquable d’un cinéma qui revendique l’exigence et l’épure mais qui sait les rendre captivantes, exaltantes, émouvantes.

Après la mort de sa mère, le petit Achab est pris en charge par son père, homme des bois rustre et coléreux, plus enclin à se livrer à ses plaisirs, la chasse et les femmes, qu’à se consacrer,à l’éducation de son fils. Ainsi, s’amourachant d’une jeunette, Louise, le père en viendra à se faire tuer par son rival, un peintre ambulant. Le jeune Achab est fasciné par la belle Louise, femme libre qui porte pantalons et cheveux lâchés, qui aime qui elle veut quand elle veut. Pourtant, à la mort de son père, il est encore déménagé, envoyé contre son gré chez une tante. Louise lui donne alors un médaillon renfermant sa photo, qu’il gardera précieusement, avec la bible paternelle. Il en arrivera même, adulte, à dire que cette photo est celle de sa mère…
Chez Rose, la tante bourgeoise d’Achab, on se lève tôt et on dit des prières, on affecte le respect d’une stricte moralité. Ce qui n’empêche pas la dame patronnesse de s’amouracher d’un dandy bellâtre et suffisant, qui l’éveille aux plaisirs de la chair avant de l’épouser pour son argent. Le couple est embarrassé par la présence d’Achab, qui multiplie les provocations et les actes répréhensibles, jusqu’à tuer sauvagement un pauvre chien, pour faire croire à sa mort et s’échapper de la maison…
Ainsi se construit, de bric et de broc, de familles d’accueil en compagnonnages d’occasion, la vie d’Achab, gamin de la campagne et des forêts qui va devenir homme de la mer et des vents, capitaine baleinier craint et respecté, harponneur sans pitié, refusant l’amour apaisant d’une femme pour la haine dévorante d’une baleine blanche qui lui a arraché une jambe…
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Publié dans cinetampes

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