LES FAUSSAIRES
Écrit et réalisé par Stefan RUZOWITZKY - Allemagne / Autriche 2007 1h38 avec Karl Markovics, August Diehl, Devid Striesow, Marie Bäumer... D’après le récit L’Atelier du diable, d’Adolf Burger.
Le cinéma Allemand n’en finit décidément pas de s’affirmer dans une forme éblouissante. Alors qu’on l’aurait, il y a une poignée d’années, juré à l’agonie, dominé, étouffé par les produits américains, il ressurgit dans toute sa spécificité culturelle comme on ne l’aurait pas cru possible. Une excellente raison de ne jamais désespérer de la capacité du cinéma à se régénérer. Avec Les Faussaires, il nous plonge dans un passé que l’on aurait pu croire déjà bien exploré, mais parvient, haut la main, à attiser notre curiosité et notre intérêt en posant quelques questions fondamentales, universelles autant qu’intemporelles : jusqu’où irions-nous pour sauver notre peau ? Irions-nous jusqu’à collaborer avec notre pire ennemi ? Pouvons-nous jouir de notre prospérité si nous savons que des milliers crèvent à notre porte ?
C’est un fait bien réel qui a donné le point de départ : un faussaire de génie, champion du billet de banque, est arrêté, parce que Juif, en 1936 et envoyé à Mauthausen en 1939. Salomon Sorowitsch est un formidable dessinateur et devient très vitet le portraitiste attitré des SS du camp. Son talent finit par être connu de tous, et quand les nazis imaginent de déstabiliser l’économie britannique en inondant le pays de faux billets de banque, Salomon apparaît avec évidence comme l’incontournable maître d’œuvre de ce projet. Transféré dans un camp aménagé tout spécialement dans le but de produire de la fausse monnaie, il se retrouve au milieu d’une équipe d’élite recrutée parmi les Juifs du camp : imprimeurs, graveurs, graphistes… Leurs conditions d’hébergement sont sans commune mesure avec celles des autres juifs, dont ils ont pu prendre la mesure à leur arrivée, mais ils savent qu’en cas d’échec, ils seront exécutés…
Parmi les « privilégiés » épargnés pour leur contribution à cette guerre économique, le conflit est latent mais feutré : entre Salomon qui se tait et produit sa fausse monnaie, en tentant de sauver sa peau et celle de son équipe, et le déporté juif communiste qui refuse toute collusion avec l’ennemi et tente de saboter le travail de ceux qui acceptent la collaboration, les relations ne sont pas simples. Pas plus que ne sont simples les relations entre l’élite des SS et les nazis de bas étage… Chez les nazis comme chez les prisonniers, il y a, entre ceux qui tirent leur épingle du jeu et ceux qui adoptent des attitudes radicales, toute une gamme de comportements possibles qu’on entrevoit ici et qui tirent le film au-delà de l’anecdote.
Le film s’appuie sur les mémoires du chef du camp Adolf Burger : pendant toute la guerre lui et 139 autres imprimeurs vont donc fabriquer 131 millions de livres sterling, des faux documents de toutes sortes, passeports anglais, américains, suisses, cartes du NKVD, etc. « Les Anglais ont interdit que l’on parle de toute cette affaire au procès de Nuremberg. L’économie britannique aurait fait faillite si cette affaire avait éclaté au grand jour après la guerre… »
Le cinéma Allemand n’en finit décidément pas de s’affirmer dans une forme éblouissante. Alors qu’on l’aurait, il y a une poignée d’années, juré à l’agonie, dominé, étouffé par les produits américains, il ressurgit dans toute sa spécificité culturelle comme on ne l’aurait pas cru possible. Une excellente raison de ne jamais désespérer de la capacité du cinéma à se régénérer. Avec Les Faussaires, il nous plonge dans un passé que l’on aurait pu croire déjà bien exploré, mais parvient, haut la main, à attiser notre curiosité et notre intérêt en posant quelques questions fondamentales, universelles autant qu’intemporelles : jusqu’où irions-nous pour sauver notre peau ? Irions-nous jusqu’à collaborer avec notre pire ennemi ? Pouvons-nous jouir de notre prospérité si nous savons que des milliers crèvent à notre porte ?
C’est un fait bien réel qui a donné le point de départ : un faussaire de génie, champion du billet de banque, est arrêté, parce que Juif, en 1936 et envoyé à Mauthausen en 1939. Salomon Sorowitsch est un formidable dessinateur et devient très vitet le portraitiste attitré des SS du camp. Son talent finit par être connu de tous, et quand les nazis imaginent de déstabiliser l’économie britannique en inondant le pays de faux billets de banque, Salomon apparaît avec évidence comme l’incontournable maître d’œuvre de ce projet. Transféré dans un camp aménagé tout spécialement dans le but de produire de la fausse monnaie, il se retrouve au milieu d’une équipe d’élite recrutée parmi les Juifs du camp : imprimeurs, graveurs, graphistes… Leurs conditions d’hébergement sont sans commune mesure avec celles des autres juifs, dont ils ont pu prendre la mesure à leur arrivée, mais ils savent qu’en cas d’échec, ils seront exécutés…
Parmi les « privilégiés » épargnés pour leur contribution à cette guerre économique, le conflit est latent mais feutré : entre Salomon qui se tait et produit sa fausse monnaie, en tentant de sauver sa peau et celle de son équipe, et le déporté juif communiste qui refuse toute collusion avec l’ennemi et tente de saboter le travail de ceux qui acceptent la collaboration, les relations ne sont pas simples. Pas plus que ne sont simples les relations entre l’élite des SS et les nazis de bas étage… Chez les nazis comme chez les prisonniers, il y a, entre ceux qui tirent leur épingle du jeu et ceux qui adoptent des attitudes radicales, toute une gamme de comportements possibles qu’on entrevoit ici et qui tirent le film au-delà de l’anecdote.
Le film s’appuie sur les mémoires du chef du camp Adolf Burger : pendant toute la guerre lui et 139 autres imprimeurs vont donc fabriquer 131 millions de livres sterling, des faux documents de toutes sortes, passeports anglais, américains, suisses, cartes du NKVD, etc. « Les Anglais ont interdit que l’on parle de toute cette affaire au procès de Nuremberg. L’économie britannique aurait fait faillite si cette affaire avait éclaté au grand jour après la guerre… »
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