J'AI TOUJOURS RÊVÉ D'ÊTRE UN GANGSTER
Ecrit et réalisé par Samuel BENCHETRIT - France 2007 1h48 - avec Anna Mouglalis, Jean Rochefort, Edouard Baer, Alain Bashung, Arno, Bouli Lanners, Serge Larivière, Laurent Terzieff, Roger Dumas, Jean-Pierre Kalfon, Venantino Venantini, Selma El Mouissi...

Ne vous fiez pas à la magnifique affiche du film, pas l'ombre d'une vierge glamour à l'enfant dans cet ovni cinématographique totalement barré ; pas l'ombre non plus d'un sein pas du tout caché que l'on aimerait bien voir, afficionado(a)s des magazines de mode au papier glacé, adeptes des gravures de modes, passez votre chemin... L'affiche est certes très belle, très branchée, et le casting à se damner, mais voilà plutôt un film qui zyeute du côté du cinéma belge, voire subtilement décalé, genre Kaurismaki tendance Delepine et Kerven et comme pour tous ceux de cette trempe-là, vous le raconter serait non seulement inutile, mais carrément réducteur. Car sous ses allures de petite chose bricolée tournée en 5 semaines avec un budget réduit au minimum (ce qui est en effet le cas), se cache ce que, personnellement et sans aucune hésitation, j'appellerais une petite pépite qui force l'admiration et le respect tout autant qu'elle vous décroche la mâchoire.
Un film sans personnage principal et dont l'action se passe presque exclusivement dans une cafétéria un peu glauque coincée sur une aire d'autoroute, je vous l'assure, c'est pas vraiment vendeur pour le prime time de TF1. Mais voilà, ça prend, ça démarre au quart de tour et dès la première scène (déjà irrésistible, et ça ne fait que commencer), on sent bien que nous sommes ailleurs, dans un genre cinématographique qui grapille mille et une références (en vrac Keaton, Chaplin, Jarmuch, Scorsese, le cinéma Italien des années 60 et j'en passe) sans pour autant s'en alourdir la caboche, sans jamais y perdre son âme.
Petite pépite d'humour noir, de mélancolie, de drôlerie et de grâce, il y a là un ton unique en son genre, une liberté, une audace, un côté « j'ai fait exactement le film que je voulais, sans contraintes du marché, sans le poids des décideurs, sans le moule, sans les gros biffetons » qui semblent avoir littéralement emballé toute l'équipe, comédiens, techniciens, auteur, interprètes (superbe et bidonnante rencontre Arno/Bashung autour d'une table en formica). Nous, dans la salle, on est pris dans le mouvement, et à en croire les échos (les applaudissements lors des projections de presse, fait rarissime dans ce petit milieu blasé de professionnels peu enclins aux débordements émotifs), il y a comme qui dirait un buzzzzz autour du film.
Ah oui, l'histoire... ben heu... disons que c'est l'histoire d'un braqueur raté sans arme et sans réelle motivation voulant braquer une serveuse qui est en réalité elle-même une braqueuse armée. On y croise aussi deux kidnappeurs du dimanche qui enlèvent une adolescente suicidaire, deux chanteurs en tournée qui parlent d'un tube volé et cinq septuagénaires qui se retrouvent après de longues années pour un dernier coup forcément foireux. Rien que ça, et bien plus encore !
Pour plus amples infos voir: marsdistribution.com
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