LES BUREAUX DE DIEU # 2
Ecrit et réalisé par Claire SIMON - France 2008 2h02mn - avec Nicole Garcia, Nathalie Baye, Rachida Brakni, Isabelle Carré, Béatrice Dalle, Marie Laforêt, Emmanuel Mouret, Michel Boujenah, Anne Alvaro et une vingtaine de femmes qui paraissent pour la première fois à l'écran...
QUINZAINE DES RÉALISATEURS CANNES 2008.

C'est chaud, c'est accueillant, c'est réconfortant, on s'y réfugie, on s'y laisse aller à dire ce qu'on a sur le cœur, ce qu'on n'oserait dire à personne, même pas à soi-même, même pas à sa mère, même pas à sa meilleure copine et encore moins à un garçon... C'est au cinquième étage d'un immeuble au mitan de Grenoble, au-dessus des rumeurs et des lumières de la ville, juste un peu au-dessus, mais en plein cœur de tout, de la vie et l'histoire de toutes les femmes s'y joue en raccourci. Elles arrivent là, en cachette de leur famille, de leur amant, de leurs amis parce qu'elle savent y trouver l'écoute d'autres femmes.
Le silence et l'ignorance semblent gagner du terrain depuis les années 80 et il est toujours difficile pour beaucoup de parler de sexe, d'amour et de tout ce qui va avec. Au 5e étage de la rue Gambetta, il y a des femmes inconnues, prêtes à écouter, à qui l'on peut tout déballer parce qu'il n'y aura ni jugement, ni sanction, tout lâcher comme dit l'autre, au point de se surprendre soi-même à découvrir des trucs incroyables qu'on ignorait de soi aussi bien que des informations techniques qui vont aider à relativiser. Elles sont là « pour essayer de comprendre et de vivre avec ce qui ne se voit pas, ce qui ne se dit pas au grand jour, ce qui est mystérieux aux femmes elles-mêmes :
la vie avec leur corps » dit Claire Simon.
Ce qu'elle réussit de formidable dans ce film, c'est une extraordinaire fusion entre le réel et la fiction : si les dialogues sont le résultat d'entretiens captés sur plusieurs années, le choix de les faire dire, pour ce qui concerne les conseillères du planning, par des stars perçues comme des modèles de femmes libres (Nicole Garcia, Nathalie Baye, Isabelle Carré...) en accentue la portée et sonne néanmoins toujours juste, tout bêtement parce que, quelle que soit la fonction ou le métier qu'on exerce, le milieu d'où l'on vient, une femme est une femme et vice-versa : le vécu des inconnues qui se présentent au planning familial résonne inévitablement dans leur propres vies bien au-delà de leur rôle et du film lui-même.
On y danse, on y fume sur le balcon, on y vient, incognito, dire son histoire ordinaire ou hallucinante... Et on y entend ce que personne ne dit ailleurs.
QUINZAINE DES RÉALISATEURS CANNES 2008.

C'est chaud, c'est accueillant, c'est réconfortant, on s'y réfugie, on s'y laisse aller à dire ce qu'on a sur le cœur, ce qu'on n'oserait dire à personne, même pas à soi-même, même pas à sa mère, même pas à sa meilleure copine et encore moins à un garçon... C'est au cinquième étage d'un immeuble au mitan de Grenoble, au-dessus des rumeurs et des lumières de la ville, juste un peu au-dessus, mais en plein cœur de tout, de la vie et l'histoire de toutes les femmes s'y joue en raccourci. Elles arrivent là, en cachette de leur famille, de leur amant, de leurs amis parce qu'elle savent y trouver l'écoute d'autres femmes.
Le silence et l'ignorance semblent gagner du terrain depuis les années 80 et il est toujours difficile pour beaucoup de parler de sexe, d'amour et de tout ce qui va avec. Au 5e étage de la rue Gambetta, il y a des femmes inconnues, prêtes à écouter, à qui l'on peut tout déballer parce qu'il n'y aura ni jugement, ni sanction, tout lâcher comme dit l'autre, au point de se surprendre soi-même à découvrir des trucs incroyables qu'on ignorait de soi aussi bien que des informations techniques qui vont aider à relativiser. Elles sont là « pour essayer de comprendre et de vivre avec ce qui ne se voit pas, ce qui ne se dit pas au grand jour, ce qui est mystérieux aux femmes elles-mêmes :
la vie avec leur corps » dit Claire Simon.
Ce qu'elle réussit de formidable dans ce film, c'est une extraordinaire fusion entre le réel et la fiction : si les dialogues sont le résultat d'entretiens captés sur plusieurs années, le choix de les faire dire, pour ce qui concerne les conseillères du planning, par des stars perçues comme des modèles de femmes libres (Nicole Garcia, Nathalie Baye, Isabelle Carré...) en accentue la portée et sonne néanmoins toujours juste, tout bêtement parce que, quelle que soit la fonction ou le métier qu'on exerce, le milieu d'où l'on vient, une femme est une femme et vice-versa : le vécu des inconnues qui se présentent au planning familial résonne inévitablement dans leur propres vies bien au-delà de leur rôle et du film lui-même.
On y danse, on y fume sur le balcon, on y vient, incognito, dire son histoire ordinaire ou hallucinante... Et on y entend ce que personne ne dit ailleurs.
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