LE PLAISIR DE CHANTER
Ilan DURAN COHEN - France 2008 1h38mn - avec Marina Foïs, Lorant Deutsch, Jeanne Balibar, Nathalie Richard... Scénario d'Ilan Duran Cohen et Philippe Lasry.
Un vrai film d'espionnage fauché avec de vrais morceaux d'espion dedans, du chant lyrique et des types, qui défouraillent dans tous les sens. Question spectacle, ce Plaisir de chanter, comme l'indique son titre, n'a rien à envier aux Tontons flingueurs. C'est dire s'il règne dans ce film un brouillard à couper au couteau, propre aux meilleures réalisations d'un genre aujourd'hui dévoyé.
Agents des services secrets, Muriel et Philippe forment un improbable duo amoureux, parfaitement apte à couler le Rainbow Warrior en multipliant les problèmes diplomatiques. On se regarde gentiment, on se touche un peu, on dort même ensemble, une épée au milieu du lit à la manière des Chevaliers Cathares, mais toujours au service secret de sa Majesté... euh de la République ! Dans leur nouvelle mission, tous deux sont chargés de mettre la main sur une clef USB cachée par Constance, la veuve d'un trafiquant d'uranium et présentement assassiné. Cette étrange ingénue, Jeanne Balibar, dans un rôle taillé sur mesure pour Francis Blanche viré castrat, conduira le duo dans un cours de chant lyrique devenu un véritable nid d'espions du genre Pieds Nickelés.
Alors ? Si délirant et si farfelu que ça ce Plaisir de chanter ? Disons plutôt que notre couple de barbouzes, comme tous les protagonistes de cette aventure, sont d'une incroyable désinvolture à l'image d'une époque elle-même très désinvolte face aux dangers dans lesquels nous évoluons, comme ces centrales nucléaires qui menacent à chaque minute de nous péter à la figure, cette pollution qui fait crever à petit feu des populations entières, ou cette économie qui part en brioche alors que monte un danger terroriste dont on ne cesse de nous rebattre les oreilles. « Nous vivons dans la fatalité et la fatigue. Cela donne des gens qui se forcent à tout en se traînant, s'aiment sans s'aimer, veulent sans vouloir et sont juste en mode de survie face à leur époque » : c'est ce que déclare Ilan Duran Cohen, le réalisateur, dans une interview. C'est tout à fait juste. A noter l'exceptionnelle qualité de la bande musicale du film.
Publicité