LOUISE-MICHEL

Publié le par MAX HEADROOM

Écrit et réalisé par Benoit DELÉPINE et Gustave KERVERN
France 2008 1h35mn - avec Yolande Moreau, Bouli Lanners, Benoît Poelvoorde, Albert Dupontel, Philippe Katerine, Mattieu Kassovitz, Francis Kuntz, Chistophe Salengro, Siné.

LOUISE-MICHEL

La Carmagnole, cette vieille chanson révolutionnaire, pourrait s'appliquer au nouvel opus joyeusement libertaire du duo grolandais Delépine/Kervern, plus connu des téléspectateurs de Canal+ sous les sobriquets de Michael Kael et Gustave de Kervern, les deux reporters branleurs et alcooliques, mais aussi bien repérés derrière la caméra par les spectateurs grâce à leurs deux précédentes comédies ubuesques, Aaltra et Avida.

Ce film  n'est absolument pas une biographie de l'héroïne de la Commune, Louise-Michel est un bel hommage à la passionaria anarchiste, avec des airs de carmagnole si on veut bien remplacer les aristos par les grands patrons, ceux du CAC 40, ceux qui n'hésitent pas à ruiner la vie des gens au profit des actionnaires.

En l'occurrence, c'est ce que se disent une douzaine ouvrières picardes, salariées d'une entreprise de cintres qui se retrouvent du jour au lendemain salement privés d'outil de travail, le patron ayant vidé l'usine de toute machine pendant la nuit, une pratique tristement fréquente...

Et au lieu d'occuper un bâtiment vide, d'alerter des syndicats impuissants face à des formes de mépris social de plus en plus décomplexées, elles décident de prendre les choses en main et de rendre coup pour coup. Leur solution : mettre en commun leur maigre prime de licenciement pour embaucher un tueur qui les vengera en butant leur patron !

A leur tête Louise, grande gigue taciturne qui a connu prison pour meurtre de banquier récalcitrant et dont on apprend vite que la force virile n'est pas pour elle un vain mot. Et quand on sait que Louise est incarnée par Yolande Moreau, capable d'incarner les pires brutes comme les égéries au cœur tendre... on vous laisse imaginer. Quant au tueur, Michel (d'où le titre Louise-Michel), il est incarné par Bouli Lanners, le panda qui irradiait Eldorado (réalisé par ailleurs par lui même), et on se doute que le bonhomme ne va pas avoir l'efficacité d'un Steven Seagal...

Mais bon an mal an, la chasse au patron voyou va se transformer en road-movie pathétique dans les arcanes du capitalisme, traversant les paradis fiscaux du Luxembourg à l'île de Jersey. Et d'ailleurs l'immense force du film est de savoir concilier un humour féroce avec une analyse politique radicale extrêmement juste.

Tout ça trouvera sa conclusion jubilatoire dans un final dont on ne vous dévoilera évidemment pas les subtilités!
 Et surtout ne quittez pas la salle avant la toute fin du générique, il y a une petite surprise...
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Publié dans cinetampes

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