IL DIVO
Paolo SORRENTINO - Italie 2008 1h57- avec Toni Servillo, Anna Bonaiuto, Giulio Bosetti, Flavio Bucci... Scénario de Paolo Sorrentino et Giuseppe d'Avanzo.
PRIX DU JURY FESTIVAL DE CANNES 2008.

Cet opus raconte l'Italie de la dernière décennie du xxe siècle avec, au centre de la fresque : Giulio Andreotti, patron de la Démocratie Chrétienne, anche chiamato « Il Divo » (le divin), vingt et une fois ministre, sept fois président du conseil entre 73 et 92, ramené sans cesse sur le devant de la scène par chaque nouvelle crise gouvernementale... ce qui lui valut un autre de ses surnoms : l'inoxydable ! Jusqu'à ce qu'il lâche la présidence du Conseil à la demande du Président de la république élu en 1991, qui le nommera sénateur à vie, tandis que s'ouvrait une information judiciaire sur ses liens supposés avec la mafia... La presse italienne baptisait alors la Péninsule Tangentepoli (la cité des pots de vins), et l'opération Mani Pulite, engagée par des magistrats courageux, allait mettre au grand jour le système de corruption généralisée qui gangrenait l'économie... En voyant ou en lisant Gomorra, on se doute que l'Italie est loin d'avoir réglé tous ces problèmes.
À bientôt 90 ans, à la grâce de Dieu ou du Diable, il reste égal à lui-même en toutes circonstances. On compte dans son ombre les fantômes des morts qui auront ponctué son règne : Aldo Moro (assassiné par les Brigades rouges en 78), Giorgio Ambrosoli (assassiné en 79), le journaliste Mino Pecorelli (79), le général Alberto Dalla Chiesa (assassiné par la mafia en 82), Michele Sandona (empoisonné en 86) et plein d'autres... Il passe entre les gouttes avec une agilité qui éveille le soupçon, trop à l'aise dans le labyrinthe des compromissions en tous genres de milieux politiques aux relations complexes autant qu'obscures.
Cette réputation d'ambiguïté ne semble pas lui déplaire et il se plait à répéter, maintenant encore, que son film préféré est Dr Jekyll et Mr Hyde et prétend qu'il faut parfois faire du mal pour parvenir au bien...
Sorrentino prend Andreotti là où son déclin s'amorce et où la justice commence à le serrer de près, en 1991, à la fin de son ultime mandat de chef de gouvernement, et l'accompagne jusqu'en 96 à l'ouverture de son procès à Palerme. « Je raconte la chute d'un homme puissant qui garde la maîtrise de sa souffrance psychologique, et je raconte en même temps des années significatives pour l'Italie, quand la vieille politique qu'il incarne disparaît dans le scandale de Tangentopoli »... Qui est réellement l'énigmatique Andreotti ? Il Divo, Il Gobetto (gentil petit bossu), Belzebuth, le Pape noir, le Sphynx... les mille et un surnoms donnés au bonhomme montrent bien la difficulté à le cerner et la fascination qu'il exerçait et exerce encore, mais tous évoquent une part gratinée de ténèbres, et la dimension imaginaire n'est pas le moindre atout de ce film à la fois drôle et impitoyable, flamboyant et plein de trouvailles, comme cette délirante soirée mondaine sur rythme de samba ou le tête à tête avec son chat...
Il paraît qu'Andreotti a eu droit à une projection privée du film avant sa présentation à Cannes et qu'il était très en colère mais, fidèle à sa réputation, il a, dit-on, tout de même gardé son sang froid : « Peut-être que je vais demander les droits à l'image. Pour les donner à une bonne œuvre bien sûr... »
PRIX DU JURY FESTIVAL DE CANNES 2008.

Cet opus raconte l'Italie de la dernière décennie du xxe siècle avec, au centre de la fresque : Giulio Andreotti, patron de la Démocratie Chrétienne, anche chiamato « Il Divo » (le divin), vingt et une fois ministre, sept fois président du conseil entre 73 et 92, ramené sans cesse sur le devant de la scène par chaque nouvelle crise gouvernementale... ce qui lui valut un autre de ses surnoms : l'inoxydable ! Jusqu'à ce qu'il lâche la présidence du Conseil à la demande du Président de la république élu en 1991, qui le nommera sénateur à vie, tandis que s'ouvrait une information judiciaire sur ses liens supposés avec la mafia... La presse italienne baptisait alors la Péninsule Tangentepoli (la cité des pots de vins), et l'opération Mani Pulite, engagée par des magistrats courageux, allait mettre au grand jour le système de corruption généralisée qui gangrenait l'économie... En voyant ou en lisant Gomorra, on se doute que l'Italie est loin d'avoir réglé tous ces problèmes.
À bientôt 90 ans, à la grâce de Dieu ou du Diable, il reste égal à lui-même en toutes circonstances. On compte dans son ombre les fantômes des morts qui auront ponctué son règne : Aldo Moro (assassiné par les Brigades rouges en 78), Giorgio Ambrosoli (assassiné en 79), le journaliste Mino Pecorelli (79), le général Alberto Dalla Chiesa (assassiné par la mafia en 82), Michele Sandona (empoisonné en 86) et plein d'autres... Il passe entre les gouttes avec une agilité qui éveille le soupçon, trop à l'aise dans le labyrinthe des compromissions en tous genres de milieux politiques aux relations complexes autant qu'obscures.
Cette réputation d'ambiguïté ne semble pas lui déplaire et il se plait à répéter, maintenant encore, que son film préféré est Dr Jekyll et Mr Hyde et prétend qu'il faut parfois faire du mal pour parvenir au bien...
Sorrentino prend Andreotti là où son déclin s'amorce et où la justice commence à le serrer de près, en 1991, à la fin de son ultime mandat de chef de gouvernement, et l'accompagne jusqu'en 96 à l'ouverture de son procès à Palerme. « Je raconte la chute d'un homme puissant qui garde la maîtrise de sa souffrance psychologique, et je raconte en même temps des années significatives pour l'Italie, quand la vieille politique qu'il incarne disparaît dans le scandale de Tangentopoli »... Qui est réellement l'énigmatique Andreotti ? Il Divo, Il Gobetto (gentil petit bossu), Belzebuth, le Pape noir, le Sphynx... les mille et un surnoms donnés au bonhomme montrent bien la difficulté à le cerner et la fascination qu'il exerçait et exerce encore, mais tous évoquent une part gratinée de ténèbres, et la dimension imaginaire n'est pas le moindre atout de ce film à la fois drôle et impitoyable, flamboyant et plein de trouvailles, comme cette délirante soirée mondaine sur rythme de samba ou le tête à tête avec son chat...
Il paraît qu'Andreotti a eu droit à une projection privée du film avant sa présentation à Cannes et qu'il était très en colère mais, fidèle à sa réputation, il a, dit-on, tout de même gardé son sang froid : « Peut-être que je vais demander les droits à l'image. Pour les donner à une bonne œuvre bien sûr... »
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