L’APPRENTI

Publié le par MAX HEADROOM

Samuel COLLARDEY - France 2008 1h25mn - avec Mathieu Bulle, Paul Barbier... Scénario de Samuel Collardey et Catherine Paillé.

PRIX LOUIS-DELLUC 2008, meilleure première œuvre.

 L'APPRENTI

Faut-il qu'il soit bougrement convaincant, notre ami Samuel, réalisateur débutant, pour que TF1, via sa filiale cinéma TFM, décide de produire son premier film en misant 200 000 euros sur l'histoire peu glamour de Mathieu, 15 ans, que l'on suit dans son parcours d'élève en quête d'un brevet dans un lycée agricole. Une semaine sur deux, il prend le chemin de la haute montagne pour suivre son apprentissage dans une ferme familiale sous statuts associatifs.
 Une alternative, imaginé dans les années 1930, au système scolaire classique qui associait, et associe toujours, cours dispensés à l'école d'agriculture et formation pratique sur le terrain.

Une idée pas très jeune donc, mais pas si bête pour éviter de se voir opposer le trop classique « manque d'expérience professionnelle » souvent reprochée aux petits jeunes. Mais L'Apprenti n'est pas seulement, pour nous spectateurs, la découverte d'un mode d'enseignement qui associerait deux films largement honoré : Entre les murs et La Vie moderne.

C'est aussi et surtout le très beau portrait fictionné, aux accents autobiographiques, d'un adolescent qui cherche et se cherche.
C'est également un magnifique témoignage, en forme de chronique remarquable de justesse et de sensibilité, sur le quotidien d'une petite exploitation laitière du Haut Doubs. Le récit commence avec l'arrivée de notre ami Mathieu dans la ferme de Paul, son maître de stage, et se termine avec son départ pour les vacances. Le temps du film correspond donc à une année scolaire, caractérisée par l'alternance entre semaine de cours et semaine de stage, marquée par le passage des saisons, qui correspondent chacune à des travaux spécifiques, qu'accompagnent de splendides plans de nature. La brume qui lèche un coteau, la pluie qui tombe dru sur un toit, la neige qui recouvre la campagne, le vent qui recourbe les blés...
L'Apprenti suit au jour le jour les progrès et les tâtonnements de Mathieu lors de son stage. Il montre ainsi, non seulement les difficultés et les maladresses liées à tout apprentissage, mais aussi les malentendus qui peuvent se créer entre enseignement et pratique. Mathieu s'étonne ainsi à l'école avec ses copains que son cul terreux de patron ne bourre pas ses vaches d'antibiotiques, ce dernier aggrave son cas en lui confiant que la terre ne s'exploite pas, mais se cultive... Mais la vie à la ferme comme à l'école n'est pas triste, même si Mathieu est largué par sa blonde, même si son père est aux abonnés absents, même si sa mère préfèrerait le voir un peu aux champs et un peu au bureau. On se marre bien quand on fait de la luge avec Paul, quand on tue le cochon, quand on se bourre la gueule avec les copains sous le regard un peu effaré des copines, cela vire même carrément Buster Keaton quand on se heurte aux vaches qui ne veulent pas rentrer à l'étable, à l'âne qui refuse de se laisser ferrer, au veau qui ne veut pas téter ou au concert de rock donné dans l'étable...
Allez ! Je sens qu'un petit stage dans le Haut Doubs vous ferait le plus grand bien...
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Publié dans cinetampes

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