LES VIOLETTE

Publié le par MAX HEADROOM

Benoît COHEN - France 2008 1h10 - avec Emmanuelle Destremeau, Gaëla Le Dévéhat et Éléonore Pourriat... Scénario de Benoît Cohen et Emmanuelle Destremeau, d'après sa pièce de théâtre.

LES VIOLETTE


Votre oeil aiguisé aura tout de suite remarqué l'absence criante du S dans le titre. Nulle faute d'orthographe, pas de moment d'inattention, il faut bien lire Les Violette. Deux conclusions s'imposent : il n'y aura pas de jolies petites fleurs dans l'histoire et ce titre étrange annoncent un film qui ne l'est pas moins. Un drôle d'exercice audacieux et ludique qui tranche vigoureusement avec le réalisme plan plan généralement respecté par le cinéma français.
Au départ était un texte de théâtre, écrit par l'également comédienne et musicienne Emmanuelle Destremeau. Un texte joyeusement décalé et suffisamment inspiré pour être remarqué par le Grand Prix de littérature dramatique 2006... mais assez original et atypique pour être boudé par les théâtres parisiens... Il existe aujourd'hui à l'écran, et il fait souffler un grand vent de liberté et d'invention.

  De quoi s'agit-il ? Du portrait éclaté, multiple, changeant, virevoltant d'une petite fille qui est en même temps une femme et qui s'appelle Violette et qui réinterprète le monde autour d'elle, qui le secoue dans tous les sens, qui le passe à la moulinette de sa sensibilité, de ses émotions, de ses angoisses, de ses enthousiasmes. Et puisqu'il y a plusieurs Violette en Violette (ce en quoi elle ressemble à n'importe lequel d'entre nous), elle sera interprétée par trois actrices différentes, qui seront Violette à tour de rôle, mais qui seront aussi les quelques personnages nécessaires au récit: la mère de Violette, qui voudrait que sa fille si douée soit toujours sage et qui ne comprend pas pourquoi une fille si douée peut faire autant de bêtise et qui ne supporte pas que sa fille si douée lui échappe et vole de ses propres ailes ; le tonton de Violette, curieusement nommé Alipio, qui est toujours prêt à lever le poing et à s'insurger et qui apprend à Violette des slogans marrants qu'elle se fait un plaisir de crier à tue-tête, au grand désespoir de sa mère qui ne comprend pas qu'une fille si douée puisse perdre son temps à hurler des inepties comme « C'est transgénique, c'est maléfique ! » ou « Candidats en Avril, ils nous prennent pour des débiles - Élus en Mai, ils feront ce qui leur plaît. » ; ou encore la serveuse du restaurant qui s'obstine à vouloir faire manger un dessert à Violette alors qu'elle n'en veut pas, de dessert, elle n'aime pas ça, les desserts...

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Publié dans cinetampes

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