K.Rossi Stuart

Publié le par MAX HEADROOM

LIBERO
(ANCHE LIBERO VA BENE) Kim ROSSI STUART, Italie, 2006, 1h48mn, VO, avec Kim Rossi Suart, Barbara Bobulova, Alessandro Morace, Marta Nobili... Scénario de Kim Rossi Stuart, Linda Ferri et Francesco Giammusso. PRIX des CINÉMAS D’ART ET ESSAI, FESTIVAL DE CANNES 2006.


Renato est le digne héritier de ceux qui ferraillaient dans les tragi-comédies de Luigi Commencini et Dino Risi. Il est engagé lui aussi dans un combat jamais perdu d’avance, mais loin d’être gagné. En plus dur, peut-être, car nous sommes à l’âge de pierre de la mondialisation des échanges et les béquilles idéologiques ne sont plus remboursées par la sécurité sociale. Notre Renato est joli garçon, certes. Mais ce mince avantage ne lui permet pas de garder pour lui tout seul une épouse jolie comme un cœur, mais tête de linotte qui abandonne régulièrement sa petite famille pour courir les hommes qui portent Rollex et roulent en Maserati. Charmante, et inconsciente, elle revient toute cabossée de ses aventures se jeter au pied de son mari en jurant qu’on ne l’y reprendra plus. Renato, amoureux et désespéré, pardonne car il faut bien une mère pour que le foyer trouve son équilibre. Et question équilibre, ce n’est pas vraiment la joie. Renato, qui se définit lucidement comme « un adulte imparfait », collectionne les problèmes : photographe de métier, il n’a pas son pareil pour se mettre ses employeurs à dos. Écorché vif, sa tentative pour s’installer à son compte ne tournera guère mieux. Il est aussi le père de Tomi, un petit garçon pathétique d’humanité qui termine son enfance dans la douleur de voir trop peu une mère adorée et dans le désir de satisfaire, contre sa vraie nature, un père qu’il sent perturbé. Un père qui voudrait faire de lui ce qu’il aurait souhaité être : un champion de natation, alors que le petit chat déteste l’eau et rêve de faire du foot. Et puis, il y a Viola, l’aînée, sympathique greluche de 15 ans qui, comme au tennis, s’échine à renvoyer toutes les balles qu’elle peut, perdue dans un foyer dans lequel on ne sait jamais combien on va être à table ni à quelle heure.
On ne sait quoi trouver de plus saisissant, de plus formidable, dans ce Libero. Est-ce ce père en colère contre le monde, en colère contre sa vie, qui inflige maladroitement, par amour, de terribles blessures à son entourage ? Est-ce cette idylle d’une extrême sensibilité qu’engage Tomi avec une fille de sa classe de 6ème et qui tourne court pour un malentendu ? Est-ce ce final plein d’humour qui, à travers un titre italien entièrement dévoilé, « anche libero va bene », donne tout son sens et tout son sel à l’incorrigible désir paternel de se prolonger dans sa progéniture ?…

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Publié dans cinetampes

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