OVNI belge et québécquois

Publié le par MAX HEADROOM

CONGORAMA Site officiel
Écrit et réalisé par Philippe FALARDEAU, Canada / Belgique, 2006, 1h45mn, avec Olivier Gourmet, Paul Ahmarani, Jean-Pierre Cassel, Claudia Tagbo, Arnaud Mouithys...


« CONGORAMA ! » Diable, voilà un titre impressionnant, un titre dont on a du mal à faire le tour… Ça tombe bien, c’est le cas de ce film sensible, plein d’humour et de fantaisie, transatlantique (comme son nom ne l’indique pas), véritable jeu de pays gigognes, au casting irréprochable, plein de rebondissements, de générosité et d’espoir… c’est un film plein d’humains.
Congorama fait référence à l’Exposition Universelle qui eut lieu à Bruxelles en 1958, et dont le thème était : « pour un monde plus humain ». Ancré dans l’espace mythique de l’exposition universelle, c’est un film où il est question de progrès humain, un film de quête de science et de sens, où les personnages se trouveront une conscience, de celles qui dépassent les frontières.

Interprété par Olivier Gourmet avec une « énergie de menhir » (comme le dit si bien Paul Ahmarani), Michel est un inventeur belge qui n’a pas tendance à inventer des choses aussi utiles que le fil à couper le beurre, c’est plutôt le genre à inventer une machine qui tond le gazon toute seule, et il a bien du mal à convaincre son industriel de patron de la pertinence de produire un tel engin pour des gens qui, somme toute, aiment bien tondre leur gazon. Michel a une femme, réfugiée congolaise, qui tient un petit restaurant qui permet de faire bouillir la marmite. Ils ont un fils qui se prépare à être un futur champion de tennis, et comme il est plus le portrait de sa mère que de son père, ses camarades d’école commencent à lui faire de sales réflexions qui le questionnent sur son identité. Alors que Michel essaie de se dépatouiller pédagogiquement de tout ça, son propre père, écrivain célèbre et désormais handicapé, lui apprend tout à trac qu’il a été adopté, et qu’il est né en fait dans une petite grange de la ville de Sainte Cécile, au Québec : à 41 ans, ça fait un choc. Michel va alors faire un de ces voyages qui vous changent une vie, à la recherche de ses parents biologiques à Sainte Cécile…
Comment Michel croisera sur sa route un curé canadien un peu cowboy, un inventeur « brindezingue » qui conduit une voiture hybride antédiluvienne, une sombre histoire d’espionnage industriel, un diamant dans l’œil, une vieille boîte mystérieuse… et un émeu (drôle d’animal d’origine australienne qui ressemble vaguement à une autruche) ? Tralalaa ! Vous le saurez en allant voir Congorama, un film qui émeu(t) beaucoup, et bien plus encore !
Entre québécitude et belgitude, Philippe Falardeau nous parle de racines et d’identité, mais dans une perspective « mondialiste », dans le sens que devrait revêtir ce terme : un dépassement des frontières pour une rencontre des cultures, pour un monde où il y aurait encore lieu d’espérer en un progrès humain. Dans un contexte post-industriel, à l’encontre du moralisme et du mysticisme ambiant, à l’encontre du repli sur soi généralisé, Congorama ose le positivisme : c’est un Babel qui a la frite, drôle et émouvant, une très belle image de la grande famille mondiale recomposée.

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Publié dans cinetampes

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