"réfugié environnemental"

Publié le par MAX HEADROOM

UNE VÉRITÉ QUI DÉRANGE

Site officiel
(An inconvenient truth) Davis GUGGENHEIM, documentaire, USA, 2006, 1h38mn,  avec Al Gore...


Imaginez. Je sais, c’est difficile… mais imaginez Lionel Jospin, respectant sa décision de se retirer du jeu politique, renonçant à nous jouer l’éternel retour et se rendant utile, sillonnant la France, expliquant à qui veut l’entendre que la planète bleue risque de changer de couleur si rien n’est fait pour maîtriser le réchauffement climatique, que les neiges du Kilimandjaro et de l’Himalaya fondent à une vitesse ultrarapide, que des espèces animales, et végétales se déplacent ou disparaissent, que des nouvelles maladies apparaissent… Mais encore, imaginez Lionel dénonçant l’action de l’homme qui, par la déforestation, l’émission de gaz à effet de serre, etc. a provoqué un dérèglement majeur du système climatique, qui entraînera, à courte échéance, des perturbations météorologiques extrêmes, des inondations, de longues périodes de sécheresse, des vagues de chaleur meurtrières, avec toutes les conséquences humaines imaginables… Mais encore que le protocole de Kyoto, c’est de la bibine, que d’ici à 2030, les émissions mondiales de dioxyde de carbone auront augmenté de 75% ! Que d’ici l’an 2010, 50 millions d’humains devront fuir les régions où ils vivent (le statut de « réfugié environnemental » est en passe d’être créé par les Nations Unies…) et vous dire in fine : la communauté scientifique est maintenant unanime pour considérer qu’il reste peu de temps pour éviter une catastrophe planétaire, agissons ! Organisons l’ère de l’après pétrole ! Tous à vos fours solaires ! Avouez que ça, ça aurait de la gueule !

Al Gore, Américain bien Américain, candidat démocrate malheureux à l’élection présidentielle de 2000 – battu par Bush dans des circonstances troubles –, a décidé de s’occuper de l’affaire. Depuis six ans, avec son diaporama high-tech sous le bras, super bien ficelé, il est parti de ville en ville, d’État en État (en avion, mais tous ces voyages, contribuant à l’effet de serre, sont sans doute l’inévitable prix à payer pour répandre la bonne nouvelle…), pour sensibiliser la population aux innombrables conséquences des changements climatiques. La thèse qu’il défend est simple : l’humanité est assise sur une bombe à retardement.
On apprendra dans le film que ça faisait déjà un bail que Gore s’intéressait au sujet, depuis la fac semble-t-il. Davis Guggenheim l’a rencontré et, emballé par sa prestation, lui a proposé de mettre tout ça sur pellicule, lui permettant ainsi d’atteindre non pas des milliers, mais des millions de personnes, en un temps record et partout dans le monde.
C’est donc sa conférence que vous allez voir, mais conçue et filmée comme un documentaire à la Michael Moore : vivant, percutant, avec des épisodes très marrants, des répliques qui font mouche, un montage sans faille. Pas barbant une seconde (on se serait juste bien passés des petits aperçus sur la vie personnelle du héros…), Une vérité qui dérange est d’une intelligence et d’une efficacité imparables.

Un politicien qui se dévoue à une cause ou à une autre, aussi noble soit-elle, est toujours plus ou moins suspect. Il aura beau faire, il aura beau dire que la question lui tient vraiment à cœur, on aura inévitablement l’impression qu’il ne cherche qu’à se faire ou se refaire une santé politique. Mais mettons de côté nos préjugés et notre méfiance pour apprécier la qualité et de la démonstration d’Al Gore.
Ce film mérite donc d’être vu par tous, adultes de tous âges, collégiens et lycéens, et tout particulièrement par les candidats à l’élection présidentielle. Il devrait même constituer une occasion de les réunir pour qu’on entende leur conviction et leurs propositions sur ce sujet. Et que la campagne pour l’élection présidentielle soit l’occasion de sensibiliser, d’informer et de mobiliser les citoyens sur ce thème !
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Publié dans cinetampes

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