IRINA PALM

Publié le par MAX HEADROOM

Sam GARBARSKI, Angleterre/Europe, 2006, 1h43mn, avec Marianne Faithfull, Miki Manojlovic, Kevin Bishop, Siobhan Hewlett, Jenny Aguter, Corey Burke... Scénario de Philippe Blasband et Martin Herron.


Égérie blonde et tourmentée des Rolling stones, elle nous enchanta, jadis, avec son interprétation de Yesterdays, une chanson d’amour joliment mélancolique, qui enterrait doucement la folle exubérance d’une génération. Marianne Faithfull, après une saison en enfer, nous revient aujourd’hui, toute vie bue jusqu’à la lie, dans la peau d’Irina Palm, un personnage auquel la chanteuse insuffle une humanité, un humour et une vitalité extraordinaires.
Sans doute fallait-il la trouver la bonne femme pour incarner l’Irina en question car, ne vous y trompez pas, une histoire comme celle-ci ne s’invente pas. Elle s’inspire de faits réels, vécus à Londres, il y a quelques années, dans le quartier de Soho.
Première étrangeté de cette histoire vraie, l’Irina Palm en question n’existe pas et n’a jamais existé. Ce serait comme un nom de guerre porté sur le champ de bataille par Maggie, la cinquantaine invisible, à l’heure où les femmes cessent d’être des femmes pour devenir des « mamies ». Ce serait alors comme un cri de guerre, un cri de révolte contre la mort.
Mais sans doute faut-il des circonstances particulières pour transformer la brebis en louve et troquer une condition de veuve confite dans ses habitudes et ses principes en celle de petit soldat prêt à monter en ligne contre les moulins à vent. Et ces circonstances particulières, c’est une fêlure dans la vie de Maggie, que n’arrivent pas à combler les thés et les parties de cartes entre copines. C’est un petit-fils mourant à l’hôpital des enfants, dont elle apprend un jour lors d’une visite qu’il pourrait être sauvé par un traitement expérimental, pratiqué uniquemen en Australie.
Débute alors une histoire qui pourrait commencer, tant elle est romanesque, par « il était une fois ».
Alors que sa belle-fille et son fils paraissent abdiquer devant l’importance des sommes à trouver pour engager les démarches, Maggie, dont la vie s’est écoulée pendant trente ans au rythme des tâches ménagères et du service à son défunt mari, va tenter de réussir l’exploit, impossible à notre époque, de trouver à cinquante ans un premier emploi pour gagner cet argent de la dernière chance. Et la voilà trottant à travers la ville, elle « qui ne sait rien faire ».
Essuyant sourires polis et rebuffades jusqu’à cette affichette indiquant sur la porte du Sexy World : cherchons hôtesse. Sans doute se voit elle alors servant le thé, les scones et la marmelade d’oranges, comme chez ses copines. Mais la nature plutôt surprenante du travail proposé la met sur le cul et lui fait prendre ses jambes à son cou... Avant que le désir de sauver son petit-fils la ramène très vite à officier dans la boutique, sur un concept exclusif importé du Japon… Au Sexy World, Maggie va faire l’apprentissage de la sombre étrangeté de la pulsion sexuelle masculine, en même temps qu’elle va se découvrir une prodigieuse capacité d’adaptation. Sur les conseils de sa collègue Louisa, qui lui apprend les ficelles du métier, la consciencieuse et courageuse Maggie deviendra Irina Palm, la plus lucrative et la plus recherchée des « hôtesses » de Soho.
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Publié dans cinetampes

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