Liberté de ton
INTERVIEW DE JULIE DELPY
Après avoir été coscénariste sur le film ‘Before Sunset’ de Richard Linklater, Julie Delpy endosse pour la première fois le rôle de réalisatrice à part entière avec ‘2 Days in Paris’, une comédie frénétique à l’humour très “juif new-yorkais”. Woody, es-tu là ?
Après avoir été coscénariste sur le film ‘Before Sunset’ de Richard Linklater, Julie Delpy endosse pour la première fois le rôle de réalisatrice à part entière avec ‘2 Days in Paris’, une comédie frénétique à l’humour très “juif new-yorkais”. Woody, es-tu là ?
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Le couple et son microcosme semblent être une source d’inspiration pour vous…
Oui, c’est vrai. Mais par ailleurs, c’est aussi la première fois que l’on me donne de l’argent pour faire un film. Depuis dix, quinze ans, j’ai écrit quatre ou cinq scénarios que je traîne à droite à gauche sans réussir à convaincre. La faute aux budgets jugés trop excessifs pour un premier film. En réalisant ‘2 Days in Paris’, je m’attaquais à un sujet que je connaissais plutôt bien après ma participation à ‘Before Sunset’. Et par ailleurs, en tant que femme, on s’attend davantage de ma part à ce que je fasse un film sur des histoires de couple plutôt qu’un thriller ou un film de guerre. C’était une façon pour moi de biaiser un système encore clairement imprégné de préjugés. Mais j’ai bien sûr pris beaucoup de plaisir à faire ce film. De l’écriture au montage en passant par un tournage plutôt rock’n’roll. Et j’ai surtout énormément appris sur tout le processus de fabrication d’un film. En outre, cela ne remet pas en question mes autres projets. Et je les traîne d’ailleurs déjà un peu moins (rires) puisque je fais le prochain à l’automne. Il s’intitulera ‘The Countess’. L’histoire sombre d’une comtesse hongroise. Il y sera question de meurtre, de cruauté. Rien à voir avec ‘2 Days in Paris’.
Par rapport à ‘Before Sunset’, vous avez opté pour un point de vue radicalement différent…
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J’adore écrire. Et je le fais depuis des années. J’écris assez rapidement, tout en cogitant énormément avant de me jeter sur mon ordinateur. J’entends les scènes dans ma tête. Et je tape très très vite… mais avec deux doigts. (rires) Concernant les dialogues, le premier jet est souvent le bon. J’aime la spontanéité. Ensuite, je retravaille davantage la structure de l’ensemble. Le cadre dans lequel vont prendre place ces dialogues. Parfois les retouches se font jusque sur le plateau. Mais sur une longue scène comme celle du repas, il y a pas mal d’éléments qui sont d’origine.
Il y a comme une présence qui plane dans ce film. Celle d’un Woody Allen… Etait-ce une référence que vous aviez en tête au moment d’entamer le travail d’écriture ?
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‘2 Days in Paris’ est un film entre deux cultures, américaine et française. En quoi est-il américain ? En quoi est-il français ?
J’ai essayé de mêler les deux types de culture. Je pense qu’il y a un rythme très américain. Façon sitcom. Adam Goldberg en a fait pas mal et il nous apporté cette expérience et son sens de la repartie. A l’inverse, j’ai tout fait pour l’entourer de personnes totalement extérieures à cette approche. Mes parents sont tout sauf sitcom. De même avec Daniel Brühl dans le rôle de Lukas. Et de manière générale, l’univers dans lequel évolue le couple est typiquement français. Par exemple, la scène du repas de famille chez les parents de Marion est une situation qui doit chambouler plus d’un Américain.
J’ai lu votre désir d’écrire sur des thèmes tels que la guerre ou la corruption…
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Vous dites avoir écrit le rôle de Jack pour Adam Goldberg. Pourquoi avoir pensé à lui ?
Je le connais depuis des années. Pour ‘2 Days in Paris’, j’avais besoin d’un clown triste. Et Adam Goldberg a cette qualité : plus il a l’air malheureux, énervé et misérable, plus il est drôle.
La réalisation, la production, le montage, la musique. Ce film a été un véritable investissement personnel…
Ca a été une vraie libération de pouvoir enfin faire mon film de A à Z. Cela faisait près de 18 ans que je m’y acharnais. Voilà, c’est fait ! Je ne vois pas ce film comme celui dans lequel j’ai pu dire tout ce que j’ai toujours contenu jusqu’à présent. Pas du tout. C’est juste qu’il porte en lui tous mes efforts depuis des années. Il a une très grande valeur symbolique. C’est une étape clé dans ma vie professionnelle.
Pour ce film, vous avez joué la carte du “tout spontané”…
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On ne vous voit que trop rarement dans les productions françaises…
Moi aussi je trouve. (rires) Mais ce n’est pas par choix. C’est surtout que l’on ne me propose pas. Ou quand on me propose, notamment des jeunes metteurs en scène, il y a un blocage au niveau des financiers qui préfèrent souvent s’appuyer sur une liste de personnes avec lesquelles ils ont l’habitude de travailler. Ca marche comme cela. Je ne suis pas du tout aigrie mais c’est vrai que ce serait un grand plaisir de participer à un film français. A bon entendeur… Evene.fr
"2 days in Paris" se révèle souvent hilarant. Le mérite en revient bien sûr à la réalisatrice qui réussit à signer un film frais et original
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