Branagh, le retour!

Publié le par MAX HEADROOM

LA FLÛTE ENCHANTÉE Site officiel

(THE MAGIC FLUTE) Écrit et réalisé par Kenneth BRANAGH, Angleterre, 2006, 2h18mn,  avec Joseph Kaiser (Tamino), Amy Carson (Pamina), Benjamin Jay Davis (Papageno), Lyubov Petrova (la Reine de la nuit), René Pape (Sarastro), Tom Randle (Monostatos), Teuta Koço (La 1ère dame), Louise Callinan (La 2ème dame), Kim-Marie Woodhouse (La 3e dam... d’après l’opéra de Wolfgang Amadeus MOZART. Livret original : Emmanuel Schikaneder • Adaptation anglaise : Stephen Fry • Interprétation musicale : Chamber Orchestra of Europe dirigé par James Conlon


Attention les yeux et les oreilles : Kenneth Branagh est de retour et il a mangé du lion ! Il nous embarque dans une aventure musicale d’une énergie et d’une vitalité délirantes pour une adaptation fidèle et pourtant complètement novatrice du célèbre opéra. C’est un voyage baroque, coloré, pétillant et fou qui convie Mozart, bien sûr, mais aussi l’univers Shakespearien (Roméo et Juliette) et une petite touche de Terry Gilliam, tendance Les aventures du Baron de Munchausen. Alors bien sûr, les puristes voueront peut-être Branagh aux gémonies : d’abord pour avoir traduit en anglais un livret sacré, ensuite pour avoir pris une trop grande liberté dans l’adaptation. Au diable les convenances et les parfums de naphtaline ! La musique, les airs et l’histoire sont bel et bien là et l’ensemble dépoussière généreusement l’image de l’opéra, discipline qui se prend parfois un peu trop au sérieux et se répète au fil des siècles. Ultime réussite du film : ouvrir grand les sacro saintes portes d’un genre musical que l’on croit réservé à quelques privilégiés ; La Flûte enchantée, version Kenneth Branagh, c’est le cinémascope en technicolor dans toute sa flamboyance et ses excès au service d’une œuvre musicale majeure et pour le plus grand nombre ! God save the flute !
Le livret est transposé à la veille de la Première Guerre mondiale, à l’heure où le monde s’enfonce peu à peu dans les ténèbres et la folie destructrice…

Un calme inquiétant plane sur une région encore épargnée par la furie guerrière ; le jeune soldat Tamino, entouré de ses compagnons d’armes, attend, tétanisé par la peur, l’ordre de partir au combat. Dès les premiers échanges de canon, c’est le chaos et Tamino se retrouve projeté dans un univers crépusculaire, entre rêve et cauchemar, où trois infirmières militaires lui sauvent la vie… Est-il mort ou vivant, en enfer ou au paradis ? Quand il reprend connaissance, Papageno, gardien des canaris utilisés pour détecter la présence de gaz dans les tranchées, apparaît en prétendant lui avoir sauvé la vie. Les trois bonnes sœurs (aux atouts bien plus charnels que spirituels !) décident de les envoyer tout deux en mission périlleuse : il doivent retrouver la trace de Pamina, la douce et lumineuse fille de la Reine de la Nuit, enlevée par le redoutable seigneur Sarastro.
Celui-ci vit reclus dans une impressionnante forteresse et les rumeurs les plus terribles circulent sur lui. Mais la Reine de la Nuit cache elle aussi un terrifiant secret, et la bataille que ces deux là vont se livrer pourrait bien plonger l’humanité tout entière dans les ténèbres jusqu’à la fin des temps… Deux jeunes gens qui s’aiment parviendront-ils à influer sur le sort des nations ? En un mot comme en cent : l’amour, la connaissance et la paix sont-ils plus forts que le feu et l’acier des canons ? Oui ? Non ? Peut-être ?…

Quête initiatique, psychologique et émotionnelle, La Flûte enchantée filmée par Branagh a quelque chose de grandiose et de populaire, et manie avec délice le mélange des genres : tour à tour solennel et drôle, ludique et grave, sexy et spirituel. Et si les quelques abus d’effets numériques nous donnent parfois un peu le tournis, on se laisse envahir par l’ivresse musicale et sonore de cette magique flûte.

Du 13/12/06 au 09/01/07.
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Publié dans cinetampes

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